30/05/2026

ÐℰṲẌ ℙℒ€iИ∃$ ℒÜИ∃s

.............................................................................................................................................




















Photographies © Sonia Marques






Tempera sur panneau (et extrait) : Agnolo Gaddi (entre 1369 et 1396)
Vierge à l'Enfant avec sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Marie-Madeleine, saint Jean-Baptiste et saint Antoine, seconde moitié du 14 ème siècle


Art Par kiwaïda at 06:06
Icône


 

28/05/2026

ℜ@℘iḓℯ

.............................................................................................................................................




Photographies © Sonia Marques




Rapides © F. Stemmer

 

Rapide

.............................................................................................................................................

Bruno Benne, chorégraphe spécialiste de danse baroque et créateur de la compagnie Beaux-Champs, nous a présenté sa pièce Rapides, water music à l'Opéra de Limoges, entre danse ancienne et contemporaine, sur la musique de Haendel revisitée par Youri Bessières.

Le chorégraphe Bruno Benne, fut l’interprète de deux figures majeures de la danse baroque – Béatrice Massin et Marie-Geneviève Massé. Son spectacle si joyeux se base sur les suites de la Water Music de Haendel, inspirée des mouvements d’eau jaillissant des jeux de fontaines baroques.

Sur un grand tapis de sol, à la fois eau, reflet du ciel, terrain de jeu sportif, lagon, nuage flottant, bassin lumineux, les 10 danseurs habillés de teintes bleutés, mauves, indigo, vertes, en chaussettes colorées, sautillent et suivent les lignes au sol, ils dessinent des géométries et s'envolent comme des pinsons de printemps.
Bruno Benne est un expert de la danse baroque, et le style contemporain réinventé il y a 50 ans s’appuie sur les travaux réalisés à l’époque par les maîtres à danser durant le règne de Louis XIV. En créant l’Académie royale de danse en 1661, il leur a demandé de codifier la danse et donc d’inventer un système de notation, comme pour la musique. Sa pratique a disparu puis est réapparue avec le renouveau de la danse et de la musique baroque dans les années 1970. Elle était dansée par la noblesse, la cour, s’inspirait de danses du peuple et de pas folkloriques, on l’appelait “belle danse”, un art majeur. La France deviendra la référence de ce style et, grâce à la notation, les partitions de danse furent envoyées partout en Europe.
La belle danse innova dans le fait de travailler sur l’en dehors, avec les pieds non plus parallèles mais en canard, la coordination des bras avec les jambes, les poignets et ronds du coude qui soulignent certains moments de la danse. Le torse est souvent droit avec un travail sur la verticalité qui rejoint celui sur l’élévation et le poids. C’est une danse avec laquelle Louis XIV s’impose en monarque absolu, en tant que roi de droit divin qui établit une connexion entre la terre et le ciel.

À l'époque, les corps étaient engoncés dans des costumes. Le chorégraphe Bruno Benne enlève tout l’imaginaire que l’on a du baroque, les décors, les costumes, pour s’attacher à la chorégraphique dansée qui devient le squelette d’une partition. Cette pièce partage le plaisir des danseurs et donne envie de virevolter, de déambuler dans une pièce librement, en chaussette, de sutiller sur place et ouvrir les bras. Le compositeur Youri Bessières, a travaillé des boucles sur la suite de Haendel, sur le principe de la répétition modulaire. Le chorégraphe a élaborer un groupe comme une architecture chorégraphique avec des éléments très symétriques et très fluides, s’appuyant sur les mouvements de l’eau, comme le ruisseau qui s’écoule, mais aussi avec ses tourbillons. Les corps sont très toniques et les danseurs parcourent l’espace en diagonal ou en rectangle, se suivent, se sécrochent, se répondent, chacun a sa propre voix, et chacun est garant de ce qui se construit ensemble.

Pour clôturer la soirée, Bruno Benne a invité le public à danser, un bal baroque participatif avec ses "rigodons" (Danse traditionnelle en couple à deux temps, au rythme vif et enjoué, composée d'une promenade et de figures comprenant des sauts de pieds) et les grands cercles, mains liées et joies communicatives.

Libres.




Danse Par kiwaïda at 06:06
Joie




 

28/05/2026

ℬ☺нêღ℮

.............................................................................................................................................




Photographies © Sonia Marques / gravure de l'artiste Pavel Macek






© Pavel Macek et poésie de Marcelle Delpastre


Pavel Macek

.............................................................................................................................................

L'Atelier du Pont des Arts à Limoges, accueille une exposition consacrée à l'artiste Pavel Macek. Arrivé en France en 1976 avec son épouse, il passe près de 40 ans en Limousin avec sa famille. Il approfondit sa pratique de la gravure sur bois et lino, commencée en autodidacte à Prague. Il utilise la technique dite à bois perdu, et imprime en plusieurs couleurs, en général en sept à neuf exemplaires.


Pavel Macek est un graveur d’origine tchèque, né à Pargu en 1947, qui vit en France, dans le Limousin, depuis les années 1970. Sa région d’adoption, mais aussi Prague et les paysages de Bohême comptent parmi ses sources d’inspiration. Ébéniste de formation et autodidacte, il a inventé une technique qui s’appelle ‘à bois perdu’. Il a appris plus tard que c’était une technique qui existait, il l'a réinventée.

Il utilise la même planche pour toutes les couleurs. Les gravures ont en général entre trois et sept couleurs. Il imprime d’abord la plus claire, et ensuite il retravaille la même planche. "À bois perdu" parce qu'il ne peut pas réimprimer, au fur et à mesure le bois disparaît, à la fin il ne reste de support que pour la dernière couleur, en général la plus foncée.

Pendant dix ans,il a travaillé à l’hôpital à Prague. Puis, il a connu son épouse Jacqueline Roblès-Macek, institutrice (fille du romancier Emmanuel Roblès) née en 1947, ils se sont mariés et au bout de trois ans ils sont partis en France. Installés à Grenoble, Pavel Macek était plus ou moins sans travail, puis il a trouvé du travail à l’hôpital de Limoges. Il pensait que c’était pour six mois, et s'est finalement durablement installé.

Il a rarement fait ou jamais, des gravures de Limoges mais le Limousin, oui, notamment le plateau des Millevaches. Les landes, les tourbières... Et des gravures de Prague, mais aussi des gravures de la Roumanie, de la région du Banat, où se trouve une minorité tchèque jusqu’à ce jour, au Sud, au bord du Danube, où cinq ou six villages sont habités par la population tchèque depuis 180 ans.

« J’ai un ami, Petr Pazdera Payne avec qui je voyage souvent dans le Banat ; il a écrit un très joli conte plutôt pour enfants, avec pour intention de l’illustrer avec mes gravures. Il m’a proposé le texte, j’ai fait neuf gravures et on l’a édité chez un ami qui a une maison d’édition à Zbraslav, qui s’appelle Cherm. »

Lorsqu'on lui demande quelles sont les qualités d'un bon graveur il répond :

« D’avoir une épouse patiente... Sans ça ce n’est pas possible. D’être soi-même patient parce que c’est très minutieux. C’est pour cela que de temps en temps je laisse la gravure et je fais de la peinture. Ceci dit, ce n’est pas plus facile mais ça peut être plus rapide parce qu’ici, avant d’imprimer la dernière couleur, je ne sais pas à 100% si je vais garder la gravure ou si je vais la jeter. Ca m’arrive rarement mais ça m’arrive que je ne sois pas content au milieu ou à la fin de l’impression. »

« A part la peinture et la gravure, je fais également des boîtes mécaniques que j’espère exposer un jour à Prague. Ce sont des boîtes magiques. On regarde par une petite fenêtre, il y a une manivelle, on la tourne, on regarde à l’intérieur et il y a à peu près la même chose que je fais sur mes gravures c’est-à-dire un monde un peu fantastique. J’ai une vingtaine de boîtes, il y en a des petites qui marchent avec une manivelle, il y en a d’autres que j’ai montées sur le pied d’une machine à coudre. On fait tourner la roue avec les pieds et on regarde à l’intérieur... Ca peut être un cirque, un théâtre ou autre chose. C’est assez volumineux donc pour les exposer à Prague il faut avoir un espace. J’en ai six avec le pied d’une machine à coudre, il faut un mini-bus pour les transporter. J’ai d’autres boîtes qui font 50 sur 50. Ce sont des choses que j’ai exposées en France. »

 

Fond à la Bibliothèque de Limoges :
Passionné d'ornithologie, ce citadin d'origine se prend de passion pour la campagne limousine qu'il parcourt de long en large. Au cours de ses périples, il photographie de nombreux paysages qui serviront de modèles à ses estampes. Ainsi, sur une œuvre globale d'environ 650 gravures, plus d'un dixième sont consacrées à sa région d'adoption et de cœur (aux côtés d'autres thèmes comme sa ville natale ou encore les musiciens tsiganes)

En décembre 2016, alors qu'il s'apprête à quitter le Limousin pour s'installer définitivement en République tchèque, Pavel Macek choisit de donner à la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges la quasi-totalité de son œuvre limousine. Ce don de 70 gravures et 21 matrices (bois gravés), auxquelles s'ajoutent une gravure préalablement achetée par la Bfm ainsi que plusieurs de ses livres d'artiste figurant dans les collections depuis plusieurs années, constituent un fonds d'une belle cohérence et d'une grande beauté : le témoignage du passage, dans notre région, d'un artiste qui a su comme peu d'autres comprendre en profondeur et dépeindre fidèlement l'âme et la beauté des paysages limousins.
Aussi l'histoire d'amour qui lia Pavel Macek au Limousin est-elle parfaitement représentée par ce fonds, qui s'ouvre avec une gravure de Limoges, ville où il s'installa « par hasard » il y a 40 ans, et qui se clôt par la vue d’un petit bourg du plateau de Millevaches, le coin de Limousin qui le séduisit et le marqua le plus.

Marcelle Delpastre

Marcelle Delpastre née le 2 septembre 1925 à Germont sur la commune de Chamberet en Corrèze et morte le 6 février 1998 à Germont, est une poète limousine de langue occitane et française.
Elle est née à Germont sur la commune de Chamberet (Corrèze). Fille, petite-fille, arrière-petite-fille de paysans limousins, elle grandit au cœur de la civilisation paysanne. Chez elle, Marcelle Delpastre entend et apprend deux langues, l'occitan (qu'elle parle avec sa mère) et le français (qu'elle parle avec son père) . Elle est écolière à Surdoux puis à Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne avant d'entrer au collège de Brive-la-Gaillarde où elle obtient le baccalauréat philosophie-littérature. Elle fait ensuite un passage à l'école des arts décoratifs de Limoges durant une année scolaire. Elle se passionne alors pour les formes humaines (les visages, les courbes féminines…) et pour l'esthétique des choses en général.

En 1945, elle retourne vivre dans la ferme familiale de Germont où elle sera paysanne tout le restant de sa vie. Tout en travaillant, qu'elle soit occupée à traire les vaches ou à conduire le tracteur, elle ne cesse de réfléchir à des sujets de poésie, à des vers, à des rimes. La poésie l'accompagne toute la journée et elle garde dans sa poche un carnet sur lequel elle note les vers et les idées qui lui viennent à l'esprit, idées qu'elle retravaille ensuite pendant la nuit. Marcelle Delpastre avait cependant une très forte foi en Dieu tout en acceptant, comme la plupart des Limousins, différentes traditions païennes propres à ce pays.
Malgré de nombreux hommages, spectacles et expositions depuis sa mort en 1998, son œuvre poétique, occitane et française, reste assez méconnue en Limousin.



Art Par kiwaïda at 00:33
Cheval

 


 

23/05/2026

ℕʊi⊥ ∂ℯṧ ℳü﹩é℮ṧ

.............................................................................................................................................






Élie Lascaux (1888-1968) Jardin Petitjean, 1940 (huile sur toile)








Élie Lascaux (1888-1968) Le vieux Limoges, 1945 (huile sur toile)






Élie Lascaux (1888-1968) Les ponts de Noblat, 1939 (huile sur toile)










Élie Lascaux (1888-1968) La Maison de l'homme-plume, 1925 (huile sur toile)




Maurice Denis (1870-1943) Les Béatitudes, 1915
Huile sur carton marouflé sur panneau de bois (série : 1. Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre / 2. Heureux ceux qui pleurent / 3. Heureux les doux / 4. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice)






Eugène Alluaud (1866-1947) La Creuse à Crozant, 1925
Huile sur toile




Peinture Par kiwaïda at 01:20
Beauté


 



02/05/2026

℃їᾔéღ@

.............................................................................................................................................






Photographies © Sonia Marques


 

« Oda al Gato », par Pablo Neruda (1959)

.............................................................................................................................................

Au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent
se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat
quand il apparut
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau
le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité
comme lui ni lune ni fleur dans sa texture:
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur
sans univers conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.

Oh fauve altier de la maison,
arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment
il n’y a aucune énigme
en toi:
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse peut-être qu’on se croit
maîtres, propriétaires,
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.
Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
Je sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence
ses yeux sont en chiffres d’or.


Considéré comme l’un des plus grands poètes en langue espagnole, l’Argentin Pablo Neruda (1904-1973) « Ode au chat » (« Oda al gato », en version originale), figure dans son recueil de poésie Navegaciones y regresos publié en 1959.

 

Photographie Par kiwaïda at 21:45
Felin