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blog m kiwaïda

05/04/2020

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Photographies © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 13:28

04/04/2020

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Visuel : Sonia Marques

Six heures tranquilles sans respirer : le ver Arénicole


Article sur Ouest-France de juillet 2018 (de Thierry-Creux), le ver arénicole :

Le ver arénicole, c’est tout un poème !

Tudieu qu’il est moche ! Et qu’il est mou ! Beurk ! Pas franchement croquignol, le ver arénicole. Rougeaud à l’avant, jaunasse à l’arrière, et si flasque qu’en comparaison, son cousin terrestre le lombric passerait pour un ver culturiste.C’est entendu, ce n’est pas un sex-symbol, l’arénicole. Mais il est fort réputé chez les bars et les soles qui pour son malheur en raffolent, et chez les pêcheurs de bars et de soles qu’il affriole… Il est aussi très populaire de Biarritz à la mer du Nord : les tortillons qu’il sème sur les plages amusent les gosses à marée basse. Le petit cratère sur la photo signale l’endroit où le bestiau aspire le sable dont il se restaure. Et les tortillons sont ses étrons - oui, oh ! Pas de chichis, hein ! Le ver digère les bactéries et les déchets organiques qui crottent le sable. Ce qu’il défèque, c’est du minéral pur ! Mais là où il est en passe de devenir un top pipole, l’arénicole, là où il ne rigole pas, mais vraiment pas, c’est en matière d’apnée. Le lascar peut rester six heures sans respirer, tranquille mimile, à attendre le retour de la marée. Son truc ? Une hémoglobine qui stocke quarante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Et là, on va cesser d’ironiser sur le look de loser du gars : car son globule rouge de compétition, adaptable au sang humain, est en train de révolutionner sévère la médecine. L’arénicole, ce n’est pas un ver : c’est tout un poème !




L'arénicole (de aréno = sable et cole = qui habite), Arenicola marina, souvent appelée « ver de vase » ou « ver noir », est un animal bien connu des pêcheurs qui le désignent de plusieurs autres noms locaux comme « chique », « buzuc », « buzin », etc.

C'est bizarre car notre ancienne ministre de la santé se nomme Buzyn...


Ces jours-ci, ce ver miraculeux peut apporter un peu de son savoir... Alors on va tuer des vers ? Pour sauver des humains ? Et ces humains, vont-ils faire des cacas de sable ? Non.

Parties de Morlaix, dans le Finistère, lundi 30 mars, les premières doses d’HEMO2life viennent d’arriver dans les pharmacies des hôpitaux Georges-Pompidou et de La Pitié-Salpêtrière, à Paris. Cette molécule tirée de l’hémoglobine de l’arénicole – un ver marin commun –, pourrait apporter de l’oxygène aux malades atteints du Covid-19 en difficulté respiratoire sévère. Des essais cliniques auprès de dix patients dans ces deux établissements doivent désormais être menés.


J'ai toujours aimé les vers de terre... Amis d'enfance et de longs apprentissages de la terre et des trous... Mais méfions nous des vers solitaires...


Enseignement Par kiwaïda at 16:41

02/04/2020

é℘їḓéмiℯs

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Extrait des dessins Incognitos (© Sonia Marques) 2003

Les dessins que j'avais réalisés dans les années 2000, prennent beaucoup d'importance aujourd'hui. Un catalogue avait été publié. Réalisés à l'encre de Chine, beaucoup se référaient aux masques, je pense aussi à ces dessins avec des infirmières avec un cœur qui soignent les êtres vivants, je pense à ceux qui figuraient la cage thoracique, je pense à beaucoup d'autres. Je lisais les épidémies amérindiennes et une encyclopédie canadienne décrivait bien par exemple, certaines maladies, venues des colons (et non des côlons, quoique). Elles ont décimé des civilisations, les indiens. Certaines maladies ne sont pas éradiquées, loin de là. Je livre ici les extraits de l'encyclopédie canadienne :

Historique

L’application des principes d’hygiène au cours des décennies récentes a pratiquement éliminé les éclosions d’épidémies des maladies contagieuses les plus mortelles. Historiquement, cependant, les maladies épidémiques en Amérique du Nord se transmettent d’abord des explorateurs européens aux peuples autochtones. Plus tard, les conditions malsaines dans les navires qui lient les Amériques à l’Europe favorisent le développement des maladies contagieuses comme la variole, le typhus, le choléra et la grippe chez leurs passagers. Une ignorance de la cause de ces maladies et de leur mode de transmission contribue à les propager dans les villes portuaires. L’explosion d’une épidémie coïncide presque toujours avec l’arrivée d’un navire rempli de passagers malades.

Contact entre Européens et peuples autochtones

Lorsque les Européens commencent à débarquer sur les côtes des Amériques, les maladies épidémiques qu’ils apportent occasionnent une des plus grandes dépopulations dans l’histoire de l’humanité. Avant leur arrivée, les maladies comme la variole, la rougeole et la fièvre jaune n’existent pas dans cette région du monde. N’ayant jamais été exposés à ces maladies, les peuples autochtones n’ont pas les anticorps nécessaires pour combattre l’infection. Pendant les 400 ans qui suivent l'arrivée de Christophe Colomb aux Amériques en 1492, les populations autochtones sont réduites de façon radicale par les maladies épidémiques, au fur et à mesure que les Européens continuent à explorer le nouveau territoire et entrent en contact avec les différentes communautés.

De toutes les maladies qui affligent les peuples autochtones, la variole est souvent la pire. Bien qu’il soit impossible de cataloguer chaque cas de maladie européenne chez chaque tribu, deux occurrences offrent des exemples frappants. Le premier concerne Jacques Cartier, alors qu’il navigue sur le fleuve Saint-Laurent. Il rencontre des communautés très peuplées à Stadacona, un village iroquoien situé à l’emplacement actuel de Québec. Peu après son arrivée, au cours de l’hiver 1535, il remarque que les Iroquoiens meurent d’une maladie contre laquelle lui et ses hommes semblent être immunisés. Plus tard, les historiens confirment qu’il s’agit de la variole. Environ 70 ans plus tard, en 1603, Samuel de Champlain explore le même territoire. Stadacona n’est alors qu’une ville fantôme.

Un autre incident est révélateur sur la propagation délibérée de maladies. En 1763, alors que le chef odawa Obwandiyaq (Pontiac) commence sa campagne d’opposition contre l'autorité britannique, sir Jeffery Amherst, dirigeant de l’armée britannique, conseille au colonel Henry Bouquet d’exposer les Autochtones qui leur livrent la guerre à la variole par le biais de couvertures infectées. Il écrit : « Vous ferez bien d’essayer d’inoculer les Indiens par le biais de couvertures, en plus de tenter toute autre méthode qui pourrait servir à supprimer cette race facilement manipulable. » Plusieurs historiens font remarquer qu’il n’existe aucune preuve que Bouquet ou ses hommes ont commis cet acte. Par contre, la même année, William Trent, un commerçant au Fort Pitt (situé à l’emplacement actuel de Pittsburgh, en Pennsylvanie), écrit au sujet d’une rencontre avec deux membres de la nation Delaware : « nous leur avons donné deux couvertures et un mouchoir provenant de l’Hôpital de la variole. J’espère bien qu’ils apporteront l’effet désiré. »

Les estimations du nombre d'Autochtones dans l’hémisphère occidental à l’époque de l’arrivée de Christophe Colomb varient grandement. Pour cette raison, il est difficile de dire exactement quel pourcentage est mort des maladies introduites par les Européens. Cependant, certains érudits estiment que, vers 1900, les populations autochtones ont diminué de plus que 93 %. Bien que d’autres facteurs contribuent à leur dépopulation (p. ex., la guerre, la dépossession), les maladies épidémiques sont certainement l’agent le plus dévastateur.

Variole

Vers la fin du XVIIIe siècle, l’inoculation contre la variole devient une méthode préventive populaire en Europe. L’inoculation contre la variole comprend l'introduction de pus variolique sous la peau du patient. Peu après, le vaccin, plus efficace et moins dangereux, fait son apparition en Amérique du Nord. Pourtant, les épidémies de variole continuent à affliger la population. Montréal est très durement touchée; l’épidémie de 1885 est singulièrement dramatique. Son étendue persuade les autorités municipales de rendre le vaccin obligatoire, mais l’opinion médicale se divise en deux camps opposés, pour ou contre le vaccin. Ceux qui sont contre accusent ceux qui sont pour de propager la maladie. La population, terrifiée, refuse de se faire vacciner. Le 18 septembre 1885, une émeute éclate dans la ville. Les gens arrachent les affiches qui incitent à se faire vacciner et saccagent l’hôtel de ville, les pharmacies, le domicile du responsable officiel des vaccins et ceux des magistrats municipaux. L’étendue de l’épidémie (qui prend 3 164 vies, dont 2 117 enfants) convainc finalement les Montréalais d’obéir aux autorités sanitaires et au clergé.

Typhus

Le typhus arrive au Canada pour la première fois en 1659, mais l’éclosion de 1746 est à noter en cause de sa sévérité. Cette année-là, la France envoie une grande flottille de navires de guerre au Canada pour reprendre Port-Royal en Acadie. Des 3 150 soldats à bord, 1 270 périssent en mer et 1 130 meurent au bassin Bedford, où ils avaient rendez-vous avec une armée provenant de Québec. La maladie frappe les Mi'kmaqs de la région, provoquant la mort de plus du tiers de ceux-ci.

En 1847, des immigrants arrivant des îles Britanniques (surtout ceux de descendance irlandaise), 9 293 meurent pendant la traversée atlantique. Cette année est désormais connue comme « l’année du typhus ». Dix mille trente-sept individus encore meurent à Grosse-île  (la station de quarantaine sur le fleuve-Saint-Laurent en aval de Québec) ou dans les hôpitaux de Québec, de Montréal, de Kingston et de Toronto. Des monuments sont érigés au cap des Rosiers sur la côte gaspésienne pour commémorer ceux qui ont péri en mer.

Choléra

Le gouvernement canadien craint l’introduction du choléra par les immigrants européens, surtout en 1831, quand le choléra asiatique dévaste l’Europe. Une nouvelle réglementation interdit à la population locale de se rendre à bord des vaisseaux dans le port. Un comité sanitaire est établi au début de 1832, la législation quarantenaire est renforcée, et Grosse-île est placée sous commandement militaire. Cependant, un navire est autorisé à quitter la station de quarantaine, ce qui résulte en une épidémie cholérique en 1832. Quelque 6 000 personnes en meurent. À peine deux ans plus tard, la maladie frappe de nouveau et des éclosions sporadiques surviennent au cours du siècle.

Grippe (Influenza)

Bien que le taux de mortalité liée à la grippe soit généralement bas au Canada, certaines épidémies surviennent pendant des éclosions de typhus et d’autres maladies. Depuis l’éclosion de grippe espagnole d’après la Première Guerre Mondiale, les découvertes scientifiques ont rendu les maladies infectieuses moins mortelles. De récentes épidémies de grippe, par exemple, ont causé beaucoup de maladies, mais peu de décès. Selon Santé Canada, la mesure la plus efficace pour réduire les complications dues à la grippe est de vacciner, avant chaque saison de grippe, les personnes présentant un risque élevé, comme les personnes âgées et les tout-petits.

Fièvre jaune

En 1710, le germe d’une maladie encore inconnue au Canada appelée « la maladie siamoise », connue aujourd’hui comme la fièvre jaune, arrive au port de Québec depuis les Antilles. L’insecte vecteur est le Stegomya fasciata. Ce moustique trouve la chaleur et l’humidité à bord des vaisseaux idéales pour se reproduire. Il infecte les passagers vulnérables avec le virus dangereux. Les matelots malades sont emmenés à l’Hôtel-Dieu  de Québec, où ils meurent, tout comme six infirmières et douze prêtres. L’épidémie fait certainement de nombreuses victimes, mais le nombre précis n’est pas connu. Une fois que l’hiver arrive, l’insecte et la maladie qu’il porte disparaissent tous les deux. Il ne semble pas y avoir d’autres épidémies de fièvre jaune au Canada, même si quelques cas sporadiques surviennent dans les villes portuaires du pays. À l’occasion, le gouvernement canadien déclare une quarantaine sur des ports étatsuniens où la maladie fait des ravages.

Maladie de la Baie-Saint-Paul

En 1773, une contagion mystérieuse apparaît dans la région de Baie-Saint-Paul, se répand dans les paroisses avoisinantes et atteint enfin la région de Montréal. Les symptômes incluent des ulcères buccaux, de la douleur dans les extrémités et, enfin, la destruction du palais, des gencives et des os du nez, et l’apparence d’enflures sur la tête, sur les clavicules et sur les os des extrémités. Hommes, femmes et enfants sont tous affligés. Après quelque hésitation et un peu de discussion, l’opinion médicale déclare que la maladie, connue sous le nom de « maladie de la Baie-Saint-Paul », est une forme de syphilis.

La tuberculose, connue et redoutée depuis l'époque d'Hippocrate (460-377 avant notre ère), est une maladie infectieuse qui atteint principalement les poumons, mais qui peut aussi se répandre dans tout l'organisme.

Tuberculose

La tuberculose, connue et redoutée depuis l'époque d'Hippocrate (460-377 avant notre ère), est une maladie infectieuse qui atteint principalement les poumons, mais qui peut aussi se répandre dans tout l'organisme. Autrefois appelée « consomption », elle a fait de nombreuses victimes chez des personnes célèbres, notamment les sœurs Brontë, Robert Louis Stevenson et Vivian Leigh. Au XIXe siècle, une fois la variole contrôlée grâce à la vaccination, l'infection provoquée par le bacille de la tuberculose est devenue le fléau le plus redoutable des pays asiatiques et européens.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, des facteurs socio-économiques expliquent la prévalence de la maladie dans les milieux insalubres. Il est permis de croire que la tuberculose est apparue en Amérique du Sud plusieurs siècles avant l'arrivée des Européens. Toutefois, sa présence en Amérique du Nord semble plutôt attribuable aux explorateurs et aux colons européens. À la suite des vagues successives d'immigrants, la maladie apparaît dans le Haut et le Bas-Canada au XVIIe siècle et, dans l'Ouest, vers le milieu du XIXe siècle. La population autochtone du Canada est inévitablement vulnérable en raison de ses contacts avec des trappeurs et des colons européens souvent démunis. Les Européens ont probablement développé une certaine immunité à la maladie, plusieurs générations successives y ayant été exposées. Les Premières Nations et les Inuits, par contre, y sont exposés pour la première fois, de sorte que, une fois infectés, ils y présentent une faible résistance.

Une fois la nature infectieuse de la maladie reconnue en Europe, il est devenu possible d'entreprendre des initiatives pour améliorer les mesures d'hygiène dans les milieux urbains surpeuplés où les pauvres ne disposent pas des ressources nécessaires à une alimentation substantielle et s'entassent dans des taudis. Le taux de mortalité commence donc à diminuer rapidement au début du XXe siècle. Bien avant les interventions chirurgicales pratiquées dans les années 1930 (la collapsothérapie, qui vise à mettre au repos le poumon touché) et l'avènement de médicaments antituberculeux véritablement efficaces dans les années 1950, une amélioration générale des conditions de vie a déjà entraîné un déclin remarquable de l'incidence de la maladie et du taux de mortalité.

Taux de mortalité au Canada

Au Canada, le taux de mortalité causée par la tuberculose a chuté de façon impressionnante, passant de 180 pour 100 000, au début du XXe siècle, à 1 pour 100 000, au milieu des années 1980. Le taux d'incidence a aussi chuté substantiellement pendant la même période. Avant la Seconde Guerre mondiale, on rapportait plus de 14 000 nouveaux cas de tuberculose chaque année. Au-delà de 17 000 patients se sont retrouvés dans des sanatoriums, dont le dernier a fermé ses portes dans les années 1970. Une médication et un traitement améliorés ont entraîné un déclin important du nombre de cas signalés au Canada et ailleurs après la Seconde Guerre mondiale. Bien que le Canada présente un des taux d'incidence de tuberculose les moins élevés du monde, le nombre de cas signalés a brusquement cessé de diminuer en 1987 et demeure constant depuis.

En 2006, l'année la plus récente pour laquelle des statistiques sont disponibles, on rapporte 1621 cas (5 pour 100 000) - nouveaux et de récidive. Les provinces les plus peuplées - Colombie-Britannique, Ontario et Québec - représentant 76 p. cent de la population comptent alors pour 73 p. cent du total de cas signalés. Le Nunavut connaît le taux de cas le plus élevé, soit 155,9 pour 100 000 et la tuberculose est la cause du décès de 23 p. cent des personnes de ce groupe. Dans environ 40 p. cent des cas, la tuberculose contribue au décès, mais n'en est pas la cause.

Groupes à risque

À l'échelle mondiale, l'incidence de la tuberculose a augmenté de façon considérable depuis le milieu des années 1980. La propagation de la tuberculose, au cours des dernières années, a incité l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclarer la maladie « urgence mondiale » en 1993. En raison d'un changement des tendances, le Canada a entrepris une réévaluation intensive de la situation en matière de tuberculose. En 2007, l'OMS rapporte que l'épidémie s'est stabilisée après avoir atteint un sommet en 2004 et être demeurée stationnaire en 2005.

Les groupes à haut risque comprennent les personnes qui ont habité dans des régions du monde où la prévalence de la maladie est élevée, les peuples autochtones, les personnes âgées, les sans-abri des quartiers défavorisés et toute personne vivant dans des logements surpeuplés et dans de piètres conditions de vie. Les personnes infectées par le VIH sont aussi considérées comme personnes à risque élevé. Les professionnels de la santé et les travailleurs sociaux en contact avec les personnes à haut risque ont accès à des programmes de sécurité pour éviter de contracter la tuberculose.

Au début du XXe siècle, des épidémies de tuberculose dans les réserves des Premières Nations font des ravages et sont fatales dans bien des cas. La malnutrition, l'absence de soins médicaux et les logements surpeuplés sont des facteurs qui contribuent à ces épidémies. Les infections actuelles de tuberculose dans plusieurs communautés autochtones sont causées par de piètres conditions socio-économiques, telles que le logement inadéquat, l'insécurité alimentaire et la pauvreté. Les taux de tuberculose infectieuse sont plus élevés en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba ainsi que dans le nord de l'Ontario. Chez les Premières Nations, les taux de tuberculose demeurent huit à dix fois plus élevés que la norme canadienne.

L'effet de l'immigration sur l'épidémiologie de la tuberculose au Canada reflète la situation de la tuberculose dans les pays d'origine des immigrants. En 1996, pendant l'épidémie mondiale de tuberculose signalée par l'OMS, les personnes nées à l'étranger représentaient 92 p. cent des cas de tuberculose à Toronto, une ville où le taux d'immigration est élevé. En 2003, les résidants et visiteurs nés dans des pays à hauts taux de tuberculose comptaient pour plus des deux tiers des cas de tuberculose signalés au Canada. En raison du risque pour la sécurité du public, les autorités canadiennes de l'immigration mènent des tests de dépistage de la tuberculose chez les requérants se trouvant au Canada et les demandeurs du statut de réfugié.

Symptômes

La tuberculose est causée par la bactérie du groupe Mycobacterium, lequel se divise en 54 sous-espèces. Au Canada, le Mycobacterium tuberculosis est habituellement à l'origine de la maladie. Elle se contracte à la suite d'un contact avec une personne atteinte de tuberculose contagieuse (active) qui, lorsqu'elle tousse, libère des organismes de la tuberculose dans l'air. Tous ceux qui respirent ces organismes pourraient contracter la maladie. Toutefois, elle ne se développe généralement que s'il y a une exposition fréquente à une personne infectée, que l'on estime, dans le cas d'un adulte en santé, à plusieurs heures par jour pendant de nombreux mois. Il arrive parfois que la tuberculose se transmette en moins de temps.

Une exposition à la bactérie de la tuberculose n'entraîne pas nécessairement la maladie. En fait, la plupart des personnes qui respirent la bactérie ne contractent pas une tuberculose infectieuse. Elles ne deviennent pas malades et ne transmettent pas la bactérie à d'autres. Seulement 10 p. 100 des personnes exposées contractent une tuberculose active.

Entre autres symptômes, on remarque une sensation générale de malaise et de fatigue, une perte de poids, une toux de plus de quatre semaines et, dans les cas plus avancés, des crachats de sang. Le test de Mantoux révèle si une personne a été exposée à la maladie. Des radiographies et des tests en laboratoire sont cependant nécessaires pour confirmer un diagnostic de tuberculose active. Une personne est susceptible de transmettre la maladie tant qu'elle n'a pas reçu de traitement. La plupart des gens atteints de tuberculose active contracteront des infections pulmonaires (tuberculose pulmonaire). Dans de rares cas, la maladie touche le cerveau (méningite), les reins, la peau, les os, les articulations ou les ganglions lymphatiques. Cela se produit souvent dans des régions à risque élevé.

Traitement

Les personnes exposées à la tuberculose active et dont l'état est confirmé par un test de Mantoux positive devraient suivre un traitement préventif de six mois à un an pour réduire le risque de contracter la maladie. Un traitement complet de deux et, souvent, trois ou quatre médicaments doit être administré à tous les tuberculeux. La tuberculose se traite par l'isoniazide (INH), la rifampine, l'éthambutol, l'éthionamide, la capréomycine et les combinaisons suivantes : rifampine-éthambutol, INH-rifampine et INH-rifampine-streptomycine. Il est primordial de suivre le traitement au complet et à la lettre. Cinquante pour cent des personnes infectées qui ne sont pas traitées mourront dans les cinq ans après le diagnostic. De plus, le fait de ne pas suivre de traitement est la cause la plus courante de la manifestation d'une tuberculose pharmacorésistante.

Tuberculose pharmacorésistante

Au Canada, on a signalé des cas de tuberculose pharmacorésistante pendant des décennies. Habituellement, la maladie résiste à un médicament, mais il arrive parfois qu'elle devienne résistante à plusieurs médicaments (MDR). Depuis 1987, les États-Unis connaissent de nombreuses épidémies de tuberculose résistante à plusieurs médicaments chez les personnes atteintes du VIH et du sida. Quelques cas de résistance à plusieurs médicaments ont été signalés au Canada. Pour remédier à cette situation, il faut cibler rapidement le cas, bien traiter la tuberculose active et administrer un traitement préventif aux personnes exposées. Des types de tuberculose résistante aux médicaments surgissent dans tous les pays du monde, y compris le Canada.

Tuberculose Pharmacorésistante Multiple

La fréquence signalée de la tuberculose pharmacorésistante est devenue encore plus sérieuse depuis l'apparition de la tuberculose pharmacorésistante multiple (XDR). Des études récentes menées par l'OMS et les US Centers for Disease Control indiquent que la tuberculose XDR a été identifiée partout dans le monde, y compris au Canada, mais qu'elle est plus courante en Asie et dans les pays de l'ancienne Union soviétique. La différence entre la tuberculose MDR et la tuberculose XDR est la capacité différentielle de résistance des bactéries. Tandis que la tuberculose MDR est résistante aux médicaments de première ligne, la tuberculose XDR est résistante à ces médicaments ainsi qu'à trois classes et plus de médicaments mineurs utilisés pour traiter la maladie. Le traitement de la tuberculose XDR peut nécessiter plusieurs essais pour trouver les médicaments efficaces et, par conséquent, il est plus coûteux.

La Tuberculose et le VIH

L'épidémie de VIH a accéléré la réapparition globale de la tuberculose. Les deux maladies touchent plus souvent les habitants défavorisés qui vivent dans des conditions insalubres ou qui s'adonnent au travail du sexe ou à la drogue. Dans le monde entier, on estime que 13 millions des 33 millions de personnes atteintes du VIH sont à risque de contracter la tuberculose. La plupart d'entre elles vivent en Afrique subsaharienne, où jusqu'à 80 p. cent des adultes souffrant de tuberculose sont aussi atteints du VIH. L'OMS estime qu'environ 12 p. cent des morts du VIH à l'échelle mondiale sont causées par la tuberculose; ce pourcentage monte jusqu'à 50 p. cent dans certains endroits. La combinaison de la tuberculose et du VIH est mortelle parce que la tuberculose est plus susceptible de devenir active chez les gens dont le système immunitaire est affaibli. Environ 58 000 Canadiens sont atteints du VIH et environ 23 p. cent d'entre eux ont aussi la tuberculose.

Plus il y a de cas de tuberculose active, plus il y a de risques que la maladie se propage aux populations saines. Au Canada, il est essentiel d'implanter soigneusement des programmes efficaces de dépistage, de prévention et de traitement dans les groupes de population à haut risque afin de vaincre la maladie. Des programmes d'éducation et de surveillance sont essentiels pour réduire la fréquence de l'infection et mettre au point un traitement efficace de la tuberculose pharmacorésistante multiple.

Des recherches sur la tuberculose sont en cours dans les universités canadiennes. Ces recherches comprennent l'étude du contrôle de la tuberculose, de l'épidémiologie moléculaire de la tuberculose et les problèmes culturels et socio-économiques qui touchent le traitement et la prévention de la maladie.

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"Hold Your Breath" peinture réalisée par l'artiste russe Paulina Siniatkina, contre la tuberculose.
«Retenez votre souffle» présente l'histoire de la lutte de l'artiste russe Paulina Siniatkina contre la tuberculose (TB).  En 2015, Paulina Siniatkina, a passé 6 mois et 17 jours dans une clinique TB à Moscou. Elle a traversé la peur, les malentendus, la colère, le désespoir, la solitude, le silence, l'amour, l'amitié et l'espoir, et a quitté l'hôpital avec une série d'œuvres d'art qui racontent les histoires de personnes qui ont partagé son destin. Elle a créé ces œuvres d'art pour lutter contre la stigmatisation liée à la tuberculose. L'exposition «Retenez votre souffle» parcourt le monde depuis lors, luttant contre la stigmatisation et exhortant les gens à ne pas avoir peur de parler de la tuberculose. Le 24 mars 2017, à l'occasion de la Journée mondiale de la tuberculose, une série de tirages de "Retenez votre souffle" a été exposée au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève. Les peintures ont été exposées lors de la première Conférence ministérielle mondiale de l'OMS sur l'élimination de la tuberculose à Moscou les 16 et 17 novembre 2017.

"Quand j'ai entendu mon diagnostic pour la première fois, je n'avais pas peur car je n'avais jamais vraiment entendu parler de la tuberculose (TB) auparavant. Pendant mon séjour à l'hôpital, j'ai appris beaucoup de choses. J'ai appris que la tuberculose est une maladie très dangereuse; J'ai appris que des millions de personnes meurent à cause de cela et j'ai appris que cette maladie est stigmatisée. Les personnes non infectées réagissent de manière agressive; ils blâment ou évitent les communications avec les personnes atteintes de tuberculose. En conséquence, les patients tuberculeux ont peur de s'exprimer et ils se cachent ou mentent sur ce qui leur arrive réellement. D'après mon expérience, mon médecin m'a conseillé de ne parler à personne de ma tuberculose, sinon je serais marqué à vie. Je crois que c'est la principale raison pour laquelle l'humanité ne peut toujours pas vaincre la tuberculose. Tant que les gens ont peur d'en parler, cette maladie continuera de se propager. J'ai réalisé que je voulais lutter contre la tuberculose et la seule arme que je puisse utiliser est l'art."


❥ Caillou

Je n'ai pas de particulières raisons pour ovationner des équipes médicales que je ne connais pas et dans le vide. En revanche, tous, celles et ceux qui j'ai bien connu, et m'ont tant appris, ont reçu tout mon respect. Comme tout être humain, j'ai aussi connu des personnes qui œuvrent de façon discriminante et s'imaginent médecins, même à des postes de directions, qui jugent ou dirigent des équipes, qui espionnent et punissent selon leur propre psychologie et pathologies défaillantes. Sous le masque de la propreté, les pires sévices les plus sales, sont encore, en 2020 valorisés. Et pour se laver du mal que ces gens font, ils attaquent les plus pauvres et les désintègrent de la société. De toutes les guerres, les épidémies, ces gens parviennent à tirer leur épingle du jeu, s'ils sont encore en vie, ils n'hésiteront pas à arborer le masque des héros et héroïnes, sans s'être mouillés jamais, dans un quelconque sauvetage. Souvent, on les retrouve décorés, après une bataille. Sur le dos des plus modestes, ils se hissent toujours au-dessus des invisibles. Mais que croient-ils-elles ? Nous n'avons plus le même regard sur ce qui est trop visible, trop manifestant, trop invincibles. Nous sommes tous des fragilités, isolées, avec la capacité d'évoluer, de réfléchir à bien. Et c'est déjà incroyable. La question du collectif ne peut venir que de la possible élévation solitaire, vers un tout, toujours meilleur. Et quand tout va à vau-l'eau, tel un caillou, nous suivons le cours de l'eau...



Art Par kiwaïda at 19:05

01/04/2020

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Images © Sonia Marques (Blue Moon)


Art Par kiwaïda at 15:30

ÐÉ☾ѺИℱЇ✝Ṳℝ∃

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Photographie © Sonia Marques

Déconfit, il daignait se retourner : n'en faites pas tout un foin !
Elle n'était pas seule, il ne voulait jamais la quitter. Il se trouvait maintenant sur son lit de muguets à ses côtés. Elle avait fini par l'accepter, bien qu'il fût un peu petit et qu'elle n'aimât pas beaucoup son mordant et son humour pince-sans-rire, ni ses griffes trop saillantes. Mais elle aimait son courage à vivre, qu'il partageait avec les humains de ce monde. Elle aimait aussi son air déconfit quand son râtelier restait vide, quand ce genre d'évènement, ou sa maîtresse, trompaient son attente. Il hésitait entre l'exil et le royaume, en méditant sur la pensée camusienne. Toujours pas de carottes ? C'est la déconfiture ! S'il est ainsi que tous les Lapins sont égaux : Parle à mon pompon, mes oreilles sont malades !

Sans rancune, espèce de confiné à la noix !
Les terriers sont à la mode, dans le monde entier.
Il y a des années-lumière !

Ils se doraient la pilule, voici qu'ils sont blancs comme des cachets d'aspirine !

Comme moi <3

En telle compagnie intellectuelle, elle n'en finissait pas de tomber sur le cul...








Animal Par kiwaïda at 00:25

30/03/2020

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Photographies © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 22:47

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Photographie © Sonia Marques

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Amuser le tapis


C'est un bruit qui court, la bijoutière dépose le bilan et liquide son entreprise.
Une affiche se trouve collée sur sa vitrine :

LIQUIDATION TOTALE, TOUT DOIT DISPARAÎTRE

Nous sommes en novembre et bientôt ce sera les fêtes de fin d'année. Plusieurs évènements individuels se sont accumulés en cette fin d'année, mais personne n'en connait l'envergure, ni l'intensité ressentie en chacun de nous. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Les habitants se promènent et lèchent les vitrines, c'est ainsi que l'on dit. Puis, ils entrent dans chaque boutique qui dépose le bilan. Il y en a beaucoup dans la ville. Ce n'est pas une petite ville de province, c'est même une capitale de région, les commerces ferment un à un. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Sousoume défie les Dieux, sous son voile blanc, elle est un oasis. Sa science de l'amour a embrasé les Tsars. Ils ont, naguère, délaissés leur foyer, pour ses voiles sublimes et transparents en lin, bordé de pièces brillantes. Ils n'étaient pas éduqués et demeuraient captifs des caprices des femmes. Sousoume n'accueillait pas facilement leurs hommages, il s'entretuaient, motivés par une farouche volonté de prendre le pouvoir. Elle refusait les marques intéressées, peu vénale, elle prétendait trouver, dans le commerce, les agréments nécessaire à ses besoins personnels, grâce à ses recherches assidues. Dans les rues de la ville, nombre de vieux caciques faisaient leurs affaires avec irrespect des femmes. Ils étaient attirés par des courtisanes, toutes présentes dans les assemblées municipales. La vie publique semblait plonger le quotidien dans un désarroi profond, de sorte que plus personne n'allait voter. Les courtisanes autours des vieux caciques alpaguaient d'autres jeunes femmes pour leur montrer la voix, faire commerce de leurs charmes. Dans les foyers, les mères commençaient très tôt leur ménage et les devoirs des enfants. Les pères, toujours en sortie, jouaient aux cartes et faisaient des paris sur les futures élections. Chaque jour de nouveaux conflits, parmi la population masculine, étaient relayés par les courtisanes. Les mères jalousaient les courtisanes et ordonnaient à leurs filles, de ne jamais suivre le chemin des jeux et des affaires. Leurs fils rêvaient d'approcher le pouvoir et faire autorité, ils souhaitaient, plus que tout, se battre et entrer en guerre pour prendre parti pour telle ou telle communauté, en commençant par piller quelques billes, puis des filles, puis des boutiques, puis des mairies, puis, des régions. Sousoume, femme d'esprit savait un peu de ces ignares et de l'illusion du pouvoir. Les Dieux, à sa naissance, prirent la décision de la doter de certaines facultés, peu visibles, afin de conserver son oasis. Tout d'abord : L'astuce. Peut-être cela lui permettrait, d'une manière habile et singulière, de parvenir à ses fins et se tirer de difficultés, mais c'était plutôt pour l'accoutumer à l'ingéniosité, qu'elle apprenne au fur et à mesure, à affiner son esprit, à l'affûter. Les qualités d'invention sont très peu visibles. Les caciques pensent que l'agilité est liée à l'agitation, peu l'associe à l'agilité d'esprit, à la souplesse et la légèreté, une facilité à se mouvoir. Cela peut être aussi rapide, si rapide qu'on ne peut rien voir. Ainsi la virtuosité et l'aisance sont pratiquement invisible. Cela demande beaucoup de vivacité et de dextérité. Chaque réflexion peut être rusée, les actions en deviennent habiles jusque dans la plaisanterie, un certain trait d'esprit, peu accessible. Les Dieux avaient d'autres idées pour Sousoume, mais l'astuce serait première, celle qui, d'années en années, lui donnerait d'autres facultés, dans ces terres où rien ne pouvait se réaliser sans détours ni trouvailles, combines et subtilité, pour évoluer. Sa vie avait déjà parcouru plusieurs villes à dos d'âne, mais sans caravane. Lorsqu'elle passa devant la bijoutière voutée et sa boutique en liquidation, celle-ci lui fit un signe d'entrer. Sousoume passa la porte, comme si ce moment serait celui d'un nouveau siècle. Une chienne qui puait, très vielle, était lovée sur le tapis, grise, on ne voyait plus ses yeux. Elle se leva brusquement et se dressa comme un petit ourson sur les jambes de Sousoume. Il y avait dans cette boutique, beaucoup de curieux et curieuses. Ils passaient tous la même porte, ils marchaient tous sur le tapis. C'est un grand tapis, il a l'odeur imprégné de la vieille chienne tendre, elle bave un peu. Quelle a été sa vie ? Sa vie de chienne ? Des poils volent dans l'espace, éclairés par un rayon de soleil, des milliers de poussières. Elles viennent s'agripper aux vêtements des curieux et curieuses. Ici s'échangent les nouvelles de la vie, du temps, des maladies des uns, des unes, des familles, des retrouvailles, qui s'annoncent pour les fêtes, des anniversaires mêlés, des épuisements, et les bijoux se touchent et se passent de mains en mains. Les unes les essayent et les montrent à toutes, un mari ne comprend pas trop ce cheminement entre les paroles et les essayages d'oreilles en oreilles, de poignets en poignets, jusqu'aux doigts, jusqu'aux chapeaux et aux cous plissés. Et cette oursonne toute excitée, qui passe de genoux en genoux, tentant d'attraper ici, un sac de provision et d'en grignoter un bout de pain. Il y a une atmosphère enchanteresse, dans un fatras d'objets inutiles, futiles de mots idiots, de bêtises et de mièvreries qui se répètent à l'infini, comme pour confirmer les rumeurs et tisser un tapis, et confectionner des paraboles dignes des orfèvreries les plus artisanales et organiques, bref, des œuvres éphémères qui s'impriment dans des mémoires aproximatives. Les curieuses copient Sousoume, elle essaye un bracelet en argent, qui illumine son gracile poignet. Un petit anneau glisse le long de ce jonc. Une curieuse veut le même. La bijoutière est heureuse, elle sent que Sousoume va être celle qui portera ses bijoux un à un et pourra, rien que par sa présence d'esprit, vendre ses bijoux. Car, toutes veulent aussi avoir les mêmes choses que porte Sousoume. Elle n'a rien, mais tout ce qu'elle met, enfile, d'un coup, toutes le veulent, l'objet du désir, celui par lequel, peut-être, la vivacité d'esprit frôlera le leur. Puis, Sousoume pose un regard bienveillant sur la chienne dont personne ne voit l'entier dévouement, serait-ce la fidèle maman de la bijoutière ? On ne sait si les poils du tapis sont ceux de la chienne ou si la chienne est formée uniquement des poils du tapis. La bijoutière s'entretient avec chacun et chacune sur le tapis, en détail, en bien ou en mal, elle arrose généreusement son auditoire improvisé et dépareillé, avec des touches impressionnistes de son expérience chamanique. Les caravanes sont arrêtées, elles ne passent plus. Ce sont des caciques qui décidèrent de cet arrêt brutal pour que les habitants payent un peu plus cher ces seuls moyens de déplacement, dont ils sont propriétaires. La colère gronde, car les habitants ne peuvent plus retourner voir leur famille, et craignent pour les fêtes. C'est un des bruits qui court et met le monde sur le tapis. Puis la bijoutière parle de l'anniversaire de sa sœur dont elle ne doit pas oublier la date, sinon c'est une tempête d'une année qui s'abat sur ses épaules, trop petites, si finement dessinées comme des poignées de portes en porcelaine, elles tiennent dans la paume des mains. Ses os, que l'on devine sous sa peau opaline, ne pourraient soutenir une tempête sertie de frustrations, même celle d'une âme dont la rancune ne dure qu'un printemps. La bijoutière mettait un point d'honneur à être présente lorsque les bourgeons des premières fleurs apparaîtront. Elle sait que ce moment est trop court pour le rater et être divertie par les sautes d'humeurs de sa fratrie lunatique. La sororité en dent de scie peut résoudre des problèmes, et, parfois les envenimer, pour un rien. Elle décrit sa sœur comme capricieuse, une courtisane qui affectionne les miroirs et donc celles et ceux qui s'y reflètent. Pas un seul anniversaire ne doit ressembler à sa solitude. Sa famille est dans l'obligation de se réunir autours d'elle, coûte que coûte, les paralysés, les aveugles, les sourds, aucun, fanfaron, farfouilleur, fainéant, fauché, fébrile, fétichiste, féroce, filou, foireux, fou furieux, franc tireur, frimeur, flippant, frondeur, froussard, furibard ; ni aucune, petite, grande, grosse, fourbe, fière, fantaisiste, fayotte, favorisée, figurante, flétrie, flouée, futée, fortunée, fragile, fracassante, frivole, froide, fausse, frustre, fumeuse, furieuse, ne doit être amnésique : Aux oubliettes ! De sa sœur, dont elle parle en son absence, aux curieuses qui portent ses bracelets, Dieu sait comme en secret elle est sur le tapis. Si une cliente interrompt son histoire familiale, la bijoutière n'hésite pas à la faire revenir sur le tapis. Puis lorsqu'une cliente arrive pour discuter prix, au tapis vert elles comptabilisent les offres. Mais, si le sujet des caravanes ou des élections sommées d'empêcher les réjouissances, reviennent sur le tapis, ou si, une simulatrice se met à aternoyer, en s'apitoyant sur son sort, et, une autre, fagoté comme l'as de pique, montre ses parures, et la prétentieuse, qui se vante de parvenir à rejoindre sa famille sans difficulté, tout cela pour donner des jalousies, et parsemer d'incertitude les projets mirifiques, la bijoutière veut amuser le tapis. Sousoume sait que les petites affaires ne sont pas à négliger, les velues, les lisses, les veloutées les nouées, les éméchées, chacune est à prendre et à examiner, il fallait distinguer cet ameublement de paroles et tous les motifs exposés, comme autant de personnages d'un théâtre humain paradoxalement philistin. La bijoutière de plus en plus tassée, arrivait quasiment au niveau de sa petite chienne qui se levait sur ses deux pattes, comme pour tendre l'oreille à sa vieille mère : Et celle-ci, elle dit vrai ? Et celle-là qu'en pense-tu ? En s'abaissant à hauteur d'une bête, elle observait la sveltesse d'une cliente, le galbe élégant de ses jambes et le feu de ses yeux qui tirait tout l'édifice vers des hauteurs matérielles, tous ses bijoux, devenus par cette liquidation, si accessibles. Elle disait à sa chienne : Regarde l'avidité de cette femme, elle termine une opération stratégique, capturer le bijou qu'aucune autre ne pourra se payer et l'attacher à sa main comme son avarice à son corps défendant. Avec cette liquidation, j'attire des prisonnières, des esclaves, et elles seront miennes une fois la boutique fermée. Sousoume avait entendu ce langage. Elle dit à la bijoutière : Il est magnifique votre tapis ! Elle lui répondit très vite : Il est à vendre si vous le désirez. Tous les curieux et les curieuses ouvrirent grand leurs yeux, car leurs oreilles étaient prises. Quelle horreur ! Le tapis qui pue ! Mais tous les yeux vitreux commencèrent à mieux regarder le tapis, où siégeait fièrement le cul de la petite chienne. Sous sa coupe, une scène de chasse figurait sur l'étendue de zibeline. Un véritable tableau, les laines nuancées produisaient, par la juxtaposition des couleurs, tout les effets et la complexité d'une grande peinture. Le bon goût des dessins animait les chevaux et les lapins, les oiseaux et les instruments de musique, comme une vérité perçante. Le nuage de rumeur se dissipait sous l'apparition crue de ce sol poilu où étaient collées toutes les chaussures des clients. Fallait-il vraiment considérer ce vieux morceaux comme le joyaux du siècle ou remettre sur le tapis les sorcelleries ? La bijoutière souhaitant s'en débarrasser au plus vite lui dit : Je vous le fais à 10 pièces. Les clients radins commencèrent à regretter de ne l'avoir pas vu, il était moins coûteux qu'un bijou et semblait au seul coup d’œil de Sousoume, flamber comme un trésor inaccessible. Affaire conclue, dit Sousoume. La bijoutière lui dit : Mais revenez le chercher bien plus tard, après ma liquidation, je me souviendrais de vous, entre les 2 fêtes, si les caravanes passent. Sousoume, parée d'un bracelet avec un anneau en argent, quitta la grotte confinée, où toutes les affaires sont sur le tapis. La chienne se roula sur le vieux morceau comme si elle disparaissait dans ses poils et rejoignait la chasse, les lapins, les oiseaux et les canons à poudre, dans une poussière aérosol. La porte se ferma. Les fêtes de fin d'année se déroulèrent comme à l'accoutumé. Malgré l'arrêt des caravanes, les retrouvailles, plus modestes, anticipaient une nouvelle année frugale, mais riche de transformations. Sousoume était revenue, avant la toute fin de l'année, chercher son tapis. La boutique était fermée. La bijoutière lui avait laissé un mot : Venez plutôt après demain, afin que je prépare votre tapis, il mérite d'être un peu nettoyé. Sousoume arriva au jour choisi par la bijoutière. Celle-ci lui montra le tapis enroulé. Vous savez, un nombre considérable de personnes ont foulé ce tapis, lui dit la bijoutière, aussi n'est-il pas de la première fraîcheur, j'ai fait ce que j'ai pu. Sousoume chercha des yeux la vieille chienne, mais elle ne la trouva pas. Très lourd, le rouleau ne pouvait être transporté par une seule personne. Son ami, Doudour était venu lui porter main forte. Ils déambulèrent dans la ville en plein hiver, sous des flocons invisibles, puisque ce pays n'avait jamais vu la neige. Pieds nus, Sousoume sous son voile blanc, Doudour sous son voile bleu, le corps d'un vieux tapis sur leurs épaules, chargés de toutes les vies des passants, ils étaient glorieux comme revenant d'une longue guerre, celle de la reconnaissance. Les louanges sur leurs épaules, flattés par leur patience, ils commencèrent à unir leurs forces pour affronter la nouvelle année. Car, de l'année passée, et des épreuves, ils en avaient plein le dos. Le commerce tombait, dans un noir marasme. Mauvaises récoltes, caravanes arrêtées, voyages impossibles, déplacement réduits, les vulgarités en modèles, des pachas partout élus avec très peu de voix, entourées de courtisanes qui se copiaient les unes les autres, répétant tout ce qu'elles entendaient, sans distinction, des mauvais traitements dans les foyers, des mères soumises aux autorités des pachas, des enfants indisciplinés, voleurs, agressifs, devenus les commandants de ces mères épuisées, esclaves de leurs enfants. L'eau naguère claire saturée de mauvaises gestions charriait des bactéries très toxiques. L'air, étouffant, manquait de souffle. La terre, asséchée, manquait d'eau claire. Les plantes n'osaient plus sortir et les abeilles avaient disparu, très certainement confinées autours du corps défunt de leur reine. Sousoume étalait une pâte d'herbes aromatiques et délicates dont elle avait le secret, sur le tapis déroulé, dont l'odeur était âpre et acide, une vraie infection. Les émanations pestilentielles tapissées dans l'ombre des beaux discours, et incrustées dans les entrelacs des fibres ancestrales, provoquaient le dégoût. Elle retournait le tapis, comme un corps, elle le soignait comme un mort. Il faisait un bruit d'outre-tombe, comme la gueule d'un mérou géant, à chaque retournement, et il sortait du jus brunâtre méphitique. Elle pressait ce corps, et l'enroulait de nouveau le laissant reposer toute une nuit. Au petit matin, elle alla le voir, il était si fatigué, lourd de conséquences, sa vie entière avait été un supplice. Il lui demandait tout doucement de le laisser mourir en paix. Sousoume s'activait et étalait de nouveau un onguent, dont seule elle avait le secret. Exquise fragrance, douce et calmante, son exhalaison allégeait tous les mauvais maux et distillait un air d'allégresse orné d'un nimbe. Ce silencieux monde flottant, insaisissable, éclatait dans chaque myriade microscopique de bulles de baisers. De minuscules souvenirs, les plus infimes, tous ces précieux élixirs mémoriels, ravivés. Elle roulait, déroulait, le fil de sa vie, il se polissait, et vomissait les horreurs de tous ces passants sans foi ni loi. Elle commençait à prier en même temps qu'elle déroulait tous les malheurs de ce vieux corps poilu. Puis elle brossa son pelage, il ronchonnait, mais restait tendre comme la vielle chienne. Ses couleurs pétillaient, son corps se tordait de bonheur. Elle le laissa se reposer une nuit de plus. Le vieux corps se leva et ondula comme enivré par le baume du cœur absorbé par ses poils, l'odeur du miracle. Toute la nuit, il dansa. Des semaines passèrent et la vie dehors n'existait plus. La vie dedans prenait un tout autre sens. Le tapis était sec, Sousoume allait pouvoir enfin s'allonger dessus, sur le lit de sa vie. Et l'oasis aussi.


Art Par kiwaïda at 12:42

23/03/2020

ℬṲḎ∀Ï

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Budai 布袋 en chinois
Hotei 布袋 en japonais
Bố Đại en vietnamien :

« Bouddha rieur »


Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:31

21/03/2020

α♭αᾔḓøη

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C'était fin mai 2019, ma PP était née, hier je la tenais dans ma main, lumineuse, la plus petite peinture, j'étudiais les pangolins, les fourmiliers écailleux, et j'avais aussi des tendresses qui ne se laissent pas faire, m'exposant leurs manières, les plus belles expositions, des voyages immobiles, sans visiteurs, ni touristes.

Photographie de PP © Sonia Marques

Le vrai pouvoir c'est d'être tranquille.
Accepter la vie dans l'instant ne nécessite aucune théorie.
Le soir, le passage dans le sommeil.
Tout ce que j'ai voulu, désiré, contemplé, espéré, se meurt.
La jouissance la plus profonde.
Sombrer dans le sommeil et tout abandonner.
Aucune fortune ne vaut cette possibilité de sombrer.
*

Photographie © Sonia Marques

Quel cadeau les amis ! Sombrons, sombrons, abandonnons.

Dimanche 22 mars 2020 : Dernier croissant
Lundi 23 mars 2020 : Nouvelle lune

Laissons la lune libre


Animal Par kiwaïda at 19:08

19/03/2020

℘øяḉ℮ℓαiᾔℯ

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Dessin © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 18:23

17/03/2020

∀ṲẌ ☾ϴℵ℉Їℕ$

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Aux confins (© Sonia Marques) 16/03/2020

3 petites parties d'un grand tout : un dessin d'1 mètre

C'est l'histoire d'une image qui date de quelques années, que j'avais intitulée "Tout va bien", c'est ce qui est inscrit en grand. Mais en fait, tout ne va pas bien dans cet attroupement. Ce sont des personnages fantomatiques confinés, pieds et mains liés, au sens figuré, ils trahissent une gène, et les sourires sont obligatoires. Une table très molle parcoure l'image et divise la scène. On distingue en dessous, les jambes croisées et retenues, comme si ce groupe ne formait qu'un seul monstre à 20 pattes, limité dans une boîte, sans pouvoir bouger. Ils pourraient être tous à la selle, ce serait du même effet, mais seuls les regardants peuvent apercevoir leur constipation. Ce sont des non-sachants ou des demis experts, comme l'expression nouvelle d'un président venait de nous l'annoncer : il ne faut pas les écouter, de trop. C'est l'invention parfaite d'une confinerie imaginaire, constellée de croix, de lignes plus ou moins abrégées dans leur tracé, laissant évaporer toute possibilité figurative, comme si la suggestion et le subjectif devenaient des rêves auxquels aucune autorité n'avait de prise.

Aux confins est un dessin initiatique qui ouvre la voix aux bras de Morphée. C'est une sensation délicieuse, car le trait est délicat, d'une finesse d'acuité, mais la poudre, ou la poussière déposée, parsème le doute sur ce que l'on a vu, ce que l'on a perçu. Ne reste que la trace d'un mouvement dont on pressent qu'il peut s'évanouir si on souhaite trop fort le capturer. La phénoménologie est si abstraite et si commune au numérique, qu'elle nous distrait de nos artifices convenus, car elle s'anime soudain, alors qu'elle est figée, comme s'il avait fallu saisir le moment même, la dixième de seconde où l'on est sur le point de s'endormir, tel un relâchement d'une pression incommensurable, chaotique, paradoxale et dramatique. Cette relâche apporte tout le réconfort et la sécurité qu'une page blanche est toujours envisagée, même si des visages fantômes, de croix christiques ou mortuaires, décorations sommaires et graphiques, pétillent comme les dernières étoiles d'un grésillement d'électricité.

Retenir Aux confins du monde, avant qu'il ne tombe...

Et si l'humour était délicat, il serait cryptique, afin de ne pas froisser les âmes aux diamants bruts, ainsi, et pour tout dire, seuls les non-percevants, seraient exclus de cette kinesthésie radieuse, au bord du précipice de l'art. En plus clair : on y verrait que du feu !

Aucun subterfuge, que des connaissances libérées, non transmises, gravées dans les cortex insulaires.


Art Par kiwaïda at 00:58

16/03/2020

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Enseignement Par kiwaïda at 23:05

€ⅾωαяḓ ℋ☺℘℘ℯґ

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Edward Hopper, né le 22 juillet 1882 à Nyack dans l’État de New York et mort le 15 mai 1967 à New York, est un peintre et graveur américain. Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du réalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l'affiche, la gravure (eau-forte) et l'aquarelle. Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime par contraste la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Dans une « ambiance métaphysique », en un monde devenu autre où la relation humaine est comme effacée, ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.


Edward Hopper déclarait en 1964, en préambule pour une interview sur NBC : "Je sais bien que des peintres contemporains vont manifester le plus grand mépris pour cette citation. Mais je la lirai quand même. Goethe a dit : "La fin première et dernière de toute activité littéraire, c'est la reproduction du monde qui m'entoure via le monde qui est en moi ; toute chose devant être saisie, reprise et recrée, assimilée et reconstruite sous une forme personnelle et originale". Pour moi, c'est le principe fondateur de la peinture. Et, je sais qu'il existe mille opinions différentes sur la peinture et que beaucoup objecteront que c'est dépassé et désuet. Mais, pour moi, c'est une vérité première." Ainsi, même si par facilité, et pour le distinguer des courants abstraits et expressionnistes, on rattache Hopper au réalisme comme Andrew Wyeth, puis les peintres du Pop'Art et de l'hyperréalisme, il convient de ne pas oublier la dimension abstraite et symbolique de son oeuvre. Celle-ci propose un constant va et vient entre l'extérieur et l'intérieur, entre un espace sans limites qui a toujours fasciné les artistes américains et sa rétractation sur l'individu isolé dans un monde clos. La maison près de la voie ferrée (1925) propose une version diurne de ce dialogue, Fenêtres, la nuit (1928) ou Un bureau, la nuit (1940) en sont les versions nocturnes.

(Citation sur un site dédié, avec un bon dossier complet... ici)


Art Par kiwaïda at 16:42

15/03/2020

Ḻℯṧ ṧ¢н⊥ґ◎м℘ḟṧ

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C'est pas les droits de la femme, c'est pas les gilets jaunes, c'est pas les stylos rouges, c'est pas le "black friday", c'est pas la fin d'un match de foot, c'est pas les gagnants du Loto, c'est pas la grève nationale ni les syndicats, c'est pas le vote aux urnes, c'est pas la soupe populaire, c'est pas la distribution des masques afin de ne pas contaminer... importuner...

C'est :

3500 Schtrompfs en France...

Un record du monde reconnu au niveau international, une prouesse humaine...
Ce n'est ni le stade 1, ni le stade 2, ni le stade 3, ni 4, c'est le stade 3500 !
Non ce n'est pas les inventeurs, ni inventrices d'un anti-virus, désolé...
Chut ! La France ne sait pas, qu'elle ne sait pas.


Corps et visages peints en bleu, bonnets blancs sur la tête, environ 3.500 personnes s'étaient grimées en "Schtroumpfs", célèbres personnages de l'auteur belge Peyo, pour battre le record du plus grand rassemblement de "Schtroumpfs" du monde, le 7 mars 2020 à Landerneau, dans le Finistère.


Paysage Par kiwaïda at 12:43

14/03/2020

ґεṧρḯя

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Du barouf en moins © Photographie Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:57

08/03/2020

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Photographies © Sonia Marques

Le droit des mers, des mères, des marines, des droites, des courbes, des souvenirs, des avenirs, des vies, des visages, des rivages, des bleus, des jaunes, des sables, des inclassables, des pas à pas, des délicatesses, des politesses, des finesses, des tacts, exactes, des beautés, jetées, mutées, pétées, ratées, citées, butées, notées, futées, gâtées, ouatées, fiertés, entêtées, enterrées, inhumées, incinérées, calcinées, fumées, volatilisées, cendrées, roses, beiges, blanches, terracotta, corail, moutarde, citron, écume, vanille, envolées, exaltées, sublimes, inoubliables...

Paysage Par kiwaïda at 19:00

♏ÅϟḰ

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ZEN © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 00:11

03/03/2020

℉ℒϴ

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Directed & Animated by Jamie Wolfe jamiewolfe.com Stream "Sedative" by Hollis levelmusic.lnk.to/sedative Written and produced by Hollis and Chucky Kim Live Drums by Stefan Litrownik Recorded by Chucky Kim and Elan Wright, Ruby Room, Seattle Mixed by Mikaelin 'Blue' BlueSpruce, Lounge Studios, NYC Mastered by Joe LaPorta, Sterling Sound, NYC

Art Par kiwaïda at 21:32

02/03/2020

Ḡґâ¢ε

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Ulay ! Formidable !

De tout ce qu'a réalisé Marina, j'admire la présence d'Ulay, jusqu'à son geste de casser le protocole extrémiste... En ces temps de manque de courage et de modèles caduques, il est sain de remarquer la grâce de cet homme qui parcoure les salles où se rejouent ses performances, dont de jeunes gens ignorent complètement qui est cet homme, qui traverse même, délicatement l'une de ces performance, entre 2 performeurs, son chemin, jusqu'à trouver cette vampire, celle qui l'a dénudé, sans réussir à le dénuer d'empathie, in fine. RIP. Un article résume les ennuis successifs à cette performance, qui datent d'une histoire d'amour qui finit mal, où le système de l'art a récupéré le fruit d'une relation, et Marina, vénale et amnésique, oublie comment avait-elle pu faire carrière et s'enrichir, sur l'idée d'un amour éternel dont elle a décidé de voler l'âme la plus pacifique. Ulay n'est pas Piotr, c'est là toute la poésie.




ULAY, masque blanc, auto-polaroid original, type 107, 1973-74


Polaroid (1973)
*



ULAY was incomparable. As a human being and as an artist. The gentlest soul, a giver. A pioneer, a provocateur, an activist, a mentor, a colleague, a friend, a father, a husband, family. A seeker of light. A lover of life. A traveler. A fighter. A brilliant thinker, who has been pushing limits and enduring pain. Selfless and fearless, ethical, elegant, witty. He, who has influenced so many.

Art Par kiwaïda at 23:09

Les ♏Ѧiℵ$ d'or

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Je lisais l'article que j'avais publié sur le design italien  Ettorre Sottsass, en 2013, il a beaucoup été lu, peut-être est-ce une source d'information importante. J'avais été étonnée, à l'époque, que l'école d'art où j'enseignais, à Limoges, n'avait fait aucune communication de cette exposition. Au vernissage, aucun collègue, ni direction. Récemment avec toute cette psychose française sur les virus et le focus fait aux mains, je me suis souvenu de mon "Cahier mains" dessins réalisé en 1994. J'avais d'ailleurs, lors de mes études à L’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, où j'ai étudié le design et réalisé nombre de créations et réussi avec brio mon diplôme (le DSAA), orienté mon mémoire sur "L'énergie du geste", avec la valorisation des mains, de tout ce qu'elles font et de leurs, signes, ce qu'elles disent à travers leurs communications, leur force, la faculté de création, l'habilité, les soins, la protection, la manipulation, l'érotisme, l'amitié, le lien, bref, 2 années à penser sur ce vaste sujet que je m'étais donné, seule, par mon attachement au travail de la main et sa révélation, son entité, son authenticité, ses prothèses, son énergie, je dirai aussi : la virtuosité. Ce cahier de dessins de collages, feutres et crayons, et sanguines, avant que l'ordinateur ne soit devenu un de mes outils privilégié et économique, était joyeux, mais aussi grave, dans le sens où derrière une fantaisie, se tramaient des sujets plus profond, que l'on peut retrouver facilement aujourd'hui abordés, mais qui ne l'étaient pas, il y a 30 ans : la place de l'enfant, la prédation, le foyer, la famille, l'école, la prison etc. L'enfermement et la liberté, la capacité à inventer. J'enseignais déjà, même en étudiant et je donnais des cours d'arts plastiques à des enfants en banlieue auxquels j'accordais un intérêt d'études et de création très fort. Mon observation de la création des plus jeunes et leur vulnérabilité, m'inclinaient à prendre des mesures et donner un cadre de protection, fiable, dans lequel, ils et elles pouvaient exprimer, dans les arts visuels un tas de formes dessinées et coloriées. Et quelque part Ettore Sotttsass, lorsque je vois ses dessins, il y avait quelque chose là, auquel j'étais sensible, dans cette faculté de mettre en dessein, en esquisse, des sujets et programmes plus ambitieux et vastes, sur lesquels on peut revenir, des années plus tard, c'est très enthousiasmant.

Quelques pages du Cahier mains  © Sonia Marques
(21x29,7 cm - 1994)

Un petit clin d’œil à l'une de ses maisons : La casa Olabuenaga, sur l’île de Maui, dans l’archipel d’Hawaï (États-Unis).

Cette magnifique demeure fut construite par les soins d'Ettorre Sottssas pour Adrian Olabuenaga et Lesley Bailey, fondateurs d’ACME Studios. De riches commanditaires, en cas de critique négative, il trouva une parade : “On peut m’accuser d’avoir fait des maisons pour des milliardaires, c’est vrai, mais je peux aussi dire que ces milliardaires étaient des galeristes, de grands collectionneurs, c’est-à- dire des intellectuels avec lesquels je pouvais parler, je pouvais discuter...

J'aime beaucoup ses maisons, il était inspiré par celles déjà existantes, aussi celles qu'il a vues, lors de ses voyages à Tiruvannamalai, dans l’état indien du sud du Tamil Nadu. Car à Tiruvannamalai, la ville est construite autour du Temple Annamalaiyar, le point de repère le plus important de la ville et un centre de pèlerinage dans le Tamil Nadu. La ville a une longue histoire qui remonte au IXe siècle, et les maisons qui se dressent ici aujourd’hui ont été construites tout récemment, avec les maisons les plus anciennes datant des années 1940. Ces maisons sont principalement le travail des familles qui y vivent. Elles sont responsables de la conception, de la forme et des couleurs. En 1988, Ettore Sottsass écrit dans le premier numéro de Terrazzo, le magazine qu’il a fondé : « Il est clair que dans tous les lieux que je visite, il y a des gens qui ont vu les maisons, avec beaucoup de soin […]. Nous pouvons parfois éprouver cette détermination sans logique lorsque nous avons conçu et construit une maison ». Dans le même numéro, Ettore Sottsass publie quatre photos de ces architectures, datant de 1977.


Il est évident que le Cahier mains menait un désir d'inventer sa maison, depuis sa maison natale, de créer du foyer, partout où je me déplaçais, d'être en réception de l'existant et de créer son espace d'invention. Il est certain que c'est la condition première, en tout cas, pour moi. Les écoles de création sont en contradiction totale, ce qu'elles sont devenues, avec le contexte propice à la création, au travail. Elles reçoivent trop de formations en tous genre, parfois inutiles, elles se fondent à présent, principalement sur l'interruption, c'est-à-dire, sur l'arrêt du dessein, du fait de penser et d'envisager la création. Elles ne sont programmées que pour être interrompues, aucune étude ne peut se réaliser dans le calme, elles servent, malheureusement à la communication et à l'image d'une agitation et d'un excès qui ne portent aucun modèle de création, bien au contraire : ce sont de véritables modèles d'éparpillement, et de morcellement, elles visent à distraire mais jamais à se concentrer. Mes derniers enseignements, étaient interrompus et ma persévérance fut celle de résister et de continuer à garder un cadre d'étude correct et joyeux, fécond. J'avais déjà remarqué la difficulté de mes collègues à enseigner et à maintenir le cap. Ils ne pouvaient plus. J'ai toujours appris autrement, et je pense que l'on continue d'étudier, hors de ces lieux devenus de confinement, où tout surgit brutalement, sans que l'on sache quel lobby est derrière, quelle industrie, de la chaussure, à la crème pour le visage, aux sacs en cuir, ou à la porcelaine, jusqu'aux marques d'imprimantes 3D qui doivent compter sur les milliers de petits étudiants qui planchent dessus, afin de prouver leur pérennité (sic) et l'automobile était une manne, dans ces années 90, on recrutait des étudiants pour qu'ils réalisent les dessins des sièges de voiture, gratuitement, sous réserve qu'ils seraient acclamés designer, le temps d'une année d'étude, et des milliers de voitures produites avec les dessins de ces étudiants non rémunérés, d'ailleurs, sans permis, et des années après, sans voiture. Parfois, je pense que l'économie, ce mot, est un peu plus cher qu'économe et n'envisage pas assez les dégâts engendrés sur l'avenir des génération de créateurs et créatrices sollicités, pour leur talent, mais pas pour leur économie de création, pour pérenniser cette invisible partie de la pensée.

Dans ces lieux de confinement, la pression est grande, les formes de harcèlement intensément ressenties, car les étudiants sont dans l'obligation d'être à l'école chaque jour et aussi, ils ne peuvent dire ni décrire ce qu'ils et elles subissent, au risque de ne pas avoir leurs crédits, leurs diplômes. Les professeurs sont aussi sous pression, en concurrence, très peu éduqués sur les formes de harcèlement, et avec un management immature, sans aucune disposition sur ces formes actuelles. Le morcellement des études et la diversité des disciplines sont telles, que le lien disparaît, et les séparations favorisées, les divisions également. L’individualisme des professeurs sur leur carrière personnelles et leur recherche à l'exposition perpétuelle, produit un fabuleux miroir aux alouettes, entretenu par l'État, et même crédité. Ce n'est que sur ces miroirs que se fonde une volonté de financement, sur l'effet de mousse. Mais l'écume s'en va très vite, et il faut recommencer aussitôt à financer le grand fourre-tout, histoire de créer de l'emploi, de nouveaux miroirs aux alouettes. C'est donc devenu des espaces de danger, peut-être plus importants qu'être à l'air libre. Ainsi, avais-je fini par réaliser des cours en extérieur, le plus souvent, à l'air libre, et cela avait vraiment motivé les étudiants à retrouver l'inspiration nécessaire, qui, finalement se trouvait présente dans la nature. Je m'étonnais de voir que ces jeunes gens, majeures, ne savaient pas où ils étudiaient, ne pouvaient même pas se situer dans l'espace, ne connaissaient aucune rue et voisinage, par habitude d'être véhiculés. Aucun sentier ne leur était connu, aucune végétation, ni même les habitants. Seuls les commerces en grands supermarchés devenaient leurs repères, ils y allaient rassurés, et savaient pertinemment quoi choisir, s'affalant, dès la sortie à même le sol, pour grignoter et boire des sodas. Pas facile. Ils revenaient donc, dans l'enceinte de l'école, imaginant même y dormir, tellement le monde extérieur leur faisait peur. Poussés par leurs professeurs syndiqués, ils imaginaient "occuper" l'école, les mini-moi reproduits, ils espéraient faire "la révolution". C'est qu'ils étaient complètement drogués aux miroirs des alouettes, sachant très bien, que dehors : ces miroirs ne prenaient pas formes. Pour prendre forme, il faut avoir quelque chose à dire et faire et penser, et l'inscrire auprès ses autres, mais seulement après une étude poussée et une volonté de proposer ses capacités d'invention, au service des autres, tout en cultivant son jardin secret, alors, seulement, le positif colore. L'envahissement de la peur a généré cette coupure avec ce jardin magique. Les peurs sont des sentiments humains parfois nécessaires, mais parfois, ils paralysent l'action et tout geste et regard respectueux, positif et ouvert. Courage, ne fuyons pas.


Art Par kiwaïda at 15:48

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