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blog m kiwaïda

17/08/2019

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 19:08

11/08/2019

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Musique Par kiwaïda at 20:21

07/08/2019

ÐiḠИℰ

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Photographies © Sonia Marques

Sékou était assez surprise de lire un commentaire sur le blog de Yvonne à son sujet, puis finalement pas surprise du tout. Yvonne avait écrit un article, de façon indépendante, et sans l'interroger, sur la discrimination qu'elle subissait à l’hôpital Mary. Cela n'a fait qu'empirer sa situation ensuite, comme quoi, le féminisme dans ce pays est très rétrograde. Sékou avait écrit une circulaire dédiée à l'institution, c'était un S.O.S., et celle-ci expliquait clairement ce qu'il lui arrivait. Yvonne avait librement choisit un paragraphe où JALIL était cité, mais avait occulté l'essentiel, le contenu de Sékou, ses idées. Son article intitulait "Sékou contre l’hôpital Mary". Par cet article, Sékou découvrait une communauté qui ne la connaissait pas et qui protégeait celle qui lui avait envoyé des courriers insultants, la directrice de l’hôpital Mary : Georgette. Peut-être parce que "fille de" . Sa mère cardiologue Raymonde, avait la carte au parti politique Binto, reconnu comme le plus dictateur et démagogue du pays. En tous cas, Sékou était constamment insultée par Georgette, elle la méprisait comme si elle était un déchet social, impropre, mal née. Le harcèlement subit a été exponentiel, Sékou, chirurgienne a été remplacée par un de ses stagiaires qui ne savait pas encore opérer. Celui-ci se mit à prendre des airs supérieurs et a fomenté des complots contre elle, afin de prendre sa place. Georgette a commandé un procès, afin que Sékou soit humiliée dans son village, à Oumou, sans que cette directrice n'ait à se déplacer au tribunal. Il y avait des violeurs jugés, dans ce tribunal, et des femmes qui excisent les petites filles. Sékou, parce qu'elle aurait souillé un outil de travail pendant une opération s'est retrouvée parmi les violents de son village. Puis Georgette la remplacée dans sa fonction, par Roger, son ami qui rêvait depuis longtemps opérer, mais il n'avait jamais passé de concours, comme Sékou.

Sékou se retrouva sans emploi durant des années. Aucun de ses collègues n'avaient répondu à son S.O.S. Ni Fernand qu'elle avait aidé à s'intégrer, ni Gaston qui lui avait demandé tant de fois de le remplacer, ni Antoine qui l'avait mise à disposition dans un autre Hôpital, ni Anne qui ne savait pas parler la langue du village et dont Sékou l'avait épaulée plus d'une fois, ni Hélène qui ne savait pas opérer, ni Marcel, qui se faisait passer pour un dentiste en arrachant simplement toutes les dents.




Voici son S.O.S. :


Oumou, le 30 juin 2045,

 

Chers collègues,

   

Suite à un courrier reçu ce jour en recommandé avec accusé réception de Geogette m'indiquant que je suis en situation de faute professionnelle sans aucun motif, je vous informe que je n'envisage pas sereinement les opérations dans ces conditions de travail.

En février, j'écrivais une lettre à la direction de l'hôpital Mary, pour mettre un terme aux courriers administratifs, une vingtaine à ce jour, avec des mesures vexatoires et des remarques discriminantes, sans rapport avec  les modes opératoires, la pratique de la chirurgie, qui ont pour effet, une dégradation de mes conditions de travail. Je n'ai pu répondre de suite à ces courriers répétitifs en pensant qu'ils seraient relus, conjugués et corrigés. Ce retrait fut nécessaire à la réflexion. Dans ma lettre, j'attirais l'attention sur une notion à reconsidérer en cette période de confusion, celle de « prendre soin du langage ».

Extrait :

« Il y a des imprudences qui sont terriblement nuisibles de la part d'institution et conduisent à l'isolement des individus. Ces imprudences, si elles ne sont pas relues attentivement, et dans leur portée sémantique et dans leurs actes policiés, deviennent des incitations à la haine, au mépris de l'autre, surtout, si elles se trouvent relayées par des directions. Le manque de communication que nous subissons, médecins, urgentistes, dans cet Hôpital, ne peut se résoudre par des courriers administratifs, individualisés qui empêchent le dialogue et renient tout récit, toute histoire.

Les courriers que je reçois, de la direction, ne sont pas dédiés à une chirurgienne. Ils sont dans le déni de la fonction, de la transmission d'un savoir, de mon métier. Les mots écrits ne sont pas recevables et s'inscrivent dans une succession de travers administratifs indéfectibles qui provoquent de violentes nuisances au bon déroulement pédagogique en interrompant toute fonction de transmission du savoir de la médecine et en éradiquant le lien essentiel, par lequel, tout enseignant et enseigné, fonde sa confiance : la relation humaine. »

J'ai reçu aussitôt, une réponse signée de la direction, en recommandé avec accusé de réception, m'indiquant que ce courrier était écrit en « très petits caractères ». Toutes les questions de fond évoquées restent en suspend.

Je suis chirurgienne, diplômée de l'École de Djenaba, ayant travaillé durant neuf années à l'hôpital de Boubacar, intervenante dans différents hôpitaux de notre pays et à l’étranger. Je vis à Oumou depuis plus de dix années. Mon métier est basé sur la valorisation du travail des stagiaires, la bienveillance, le respect d’autrui et la non exclusion.

Ce courrier arrive une semaine après les réunions de juin auxquelles j'ai participé, et dans un moment où les hôpitaux questionnent les modalités des nominations des directions.

Mes échanges et les plus récents, avec différents collègues, directrices, inspecteurs, inspectrices, entreprises, et personnels des hôpitaux, m'invitent à leurs envoyer ce message d'alerte et de solidarité. Je suis très inquiète pour mon avenir et la paupérisation de mes fonctions au sein de l'hôpital Mary. J'assiste à la disparition de statuts, la non communication des résultats, malgré nos réalisations. Les tabula rasa successives chaque année, ne favorisent pas la pérennisation de nos savoir faire.

Alors que les hôpitaux sont en en mutation, Mary s'installe dangereusement dans un silence assourdissant, où aucun sujet sociétal ne la traverse et ne circule dans ses arcanes internes. Ce mauvais signal reçu illustre nombre d'exclusions et la volonté d'amoindrir les forces vives de cet hôpital, tout acte de penser, d'échanger, de porter sa voix.

Si dans les Hôpitaux, comme dans le champ de l’enseignement  supérieur  en  général en médecine,  les conditions  peuvent être propices au harcèlement et à toutes sortes de domination,elles créent aussi  des contextes favorables pour les questionner et les combattre. Comme nous le documente la charte de JALIL, contre les discriminations, je suis engagée :

«… à la  mise  en  œuvre d'une  politique  structurelle  d’égalité  entre  les  femmes  et  les  hommes  et  de  lutte  contre toutes les discriminations, qui concerne aussi bien la gouvernance des établissements et l’ensemble des personnels  et intervenants, participe au travail  nécessaire de reconstruction  du  champ des représentations.Comme le monde de la médecine,nos écoles ont depuis longtemps ouvert leurs portes aux sciences politiques et sociales. »

J'ai informé la direction afin d'ouvrir les échanges, aborder ces questions urgentes, vis-à-vis des facteurs positifs de la diversité des médecins, accompagner et soutenir leurs réalisations et tissages entre les outils et histoires, investissant les laboratoires et trouver les moyens d’apprécier leurs évolutions, réunir ces différences et les conduire aux opérations en favorisant le développement de leurs recherches et projets plutôt que confirmer les inégalités de traitement, tout comme celles des scientifiques . Suite à ces apports écrits, à l’écoute des collègues, ce dernier courrier cautionne une nouvelle fois des méthodes d'exclusions, alors même que j’ai organisé ces années un cadre de recherche évolutif transversal à tous les niveaux, et que nous cherchons à faire résonner leurs opérations dans des contextes culturels contemporains et référencés.

Chers collègues, vous connaissez mes apports et mon engagement dans votre établissement, je reste sincèrement projetée dans cet avenir commun, et résolument, dans la situation présente, dans l'espoir que l'Hôpital Mary puisse se remettre en question et aller de l’avant.

Je vous invite à me répondre à mon adresse.

J'invite également tous les collègues des autres hôpitaux amis et partenaires, auxquels, j'envoie ce message, afin de me faire part de leur soutien et j'informe celles et ceux qui organisent les séminaires de JALIL à Taha de ma participation et de ma disponibilité aux débats.

Mes plus cordiales salutations,

Sékou

Copie à la Georgette, l'hôpital Mary, JALIL, les associations de Oumou, Boubakar...
(Ce texte est écrit en très petits caractères, veuillez porter vos lunettes)



L'article d'Yvonne sur son blog, a provoqué l'ire de Georgette, la furie, la directrice de l'hôpital Mary, qui évitait déjà tout dialogue, mais s'empressait de harceler Sékou par courrier et par son pouvoir de direction d'y émettre des menaces, non fondées, mais déjà de licenciement. Sous cet article un commentaire encore plus significatif d'une communauté aux pratiques étranges : "N'importe quelle incompétente comme ça va se servir de JALIL pour crier à la discrimination. Vous êtes déjà gâteuse ?" Un commentaire qui exprimait bien toute la bêtise que Sékou avait déjà reçu de cette directrice, en anonyme mais à peine anonyme. Déjà, tout comme la saleté reprochée par cette directrice, alors que Sékou est propre, c'est l'incompétence qui fut ici qualifiée comme critère, alors que Sékou est très compétente. Mais ce qui est plus intéressant c'est le jugement de "n'importe quelle". Comme s'il fallait, être quelqu'un de reconnu dans cette communauté obscure, mais démasquée, pour écrire, ou parler, ou s'y connaître sur les discriminations. C'est-à-dire que le n'importe qui n'avait pas le droit ni de vivre ni de décrire, ni d'avoir une expérience, puisque "l'incompétence" se trouvait là, en plus d'être "n'importe qui". Sékou trouvait cette façon pathologique de tordre les mots, assez accusatrice et du même ordre que tous les courriers qu'elle avait reçus, sidérants, mal conjugués. Et puis l'adjectif "gâteuse", au passage, histoire d'éliminer toute connaissance, décrite par Yvonne, toute re-connaissance, pensait Sékou.

Une femme déviante ou avec une pathologie grave, quérulente, qui fait des procès, et multiplie les actions en justice, va sans arrêt attaquer l'intelligence et déposer son mal être sur l'autre, qu'elle méprise et juge être n'importe qui. Elle a souvent surchargé les tribunaux, pour rien, in fine, et employé nombre de juges et greffières et comptable autours de ses procès, et d'un ou d'une accusée. Là l'accusée c'était Sékou, se demandant bien ce qu'elle fichait dans le tribunal d'Oumou. Un avocat lui avait dit, cette Georgette est complètement cinglée. Elle a une tendance pathologique à se croire victime d'injustice alors elle plaide en justice, elle est délirante.

Après l'idée de "se servir" dans le commentaire sur le blog d'Yvonne, est très intéressant aussi, car cette directrice se sert de l'argent public pour ses propres intérêts, privés donc et sa communauté Binto. Elle choisit les médecins, des hommes et fait partir les femmes. Il ne reste plus beaucoup de femmes qui peuvent opérer, à moins d'une soumission sans borne et contre chantage, afin d'espérer obtenir des crédits, puisque la despote est devenue un guichet. Le sexisme est arrivé à son apogée. Elle se trouve protégée, non pas par ce qu'elle croit (sa famille, son parti politique) mais par ces féministes qui, au nom de l'anti-sexisme, revendiquent, sans arrêt et avec une politique d'attaque, de disposer des femmes aux têtes des institutions. Mais pour faire "image" seulement. C'est donc ça le truc, pensait Sékou, quelle idée débile. Car, dans les arcanes du management, c'est un sexisme, qui ne peut alors se dénoncer. Ces féministes ont refermé le cadenas de la porte de la mixité sociale, à jamais, dans un écrin de stupidité. Ce sont des familles entières qui sont à la tête de ces directions, on pourra trouver le conjoint de Georgette, Sultan, à la tête de l'Hôpital Maurice, tous deux qui prônent l'horizontalité, la mort de la hiérarchie, s'amusant à se mêler aux secrétaires et aux assistants et stagiaires, comme si tous étaient au même niveau, ou eux intégrés aux inférieurs sociaux. Évidemment la directrice n'est pas du tout à l'horizontale, puisqu'elle exclue, grâce à sa seule signature, son pouvoir, l'employée qu'elle n'aime pas, qu'elle jalouse pour la remplacer par l'un des siens (pyramide hiérarchique donc, en contradiction avec l'horizontalité demandée) Il faut afficher que la liberté d'expression est là, Sékou voit bien, en fait, que c'est une vraie dictature, ils importunent l'autre, c'est leur liberté d'expression et l'autre doit se taire, et même se cacher pour mourir, comme les oiseaux.

Sékou se remémorait ce commentaire, sexiste et raciste. L'anonyme ne semble d'ailleurs rien connaître. Sékou fut déjà étonnée que Yvonne l'associe, dans son article à deux nom d'hommes, Tchoupi et Patchouli, lesquels ne l'ont pas aidé dans sa profession bien au contraire. Sékou se demandait si Yvonne craignait d'écrire sur son nom seul, comme si elle était tellement "n'importe qui" qu'il fallait y apposer deux noms d'hommes, pour faire plus sérieux, et "pas n'importe qui", des hommes qui ne sont pas du tout dans la reconnaissance des femmes médecins. Elle pensait aussi qu'elle l'avait infantilisée ainsi, comme il faut mettre le nom des tuteurs pour un enfant qui n'a pas encore grandi. Bref, le fait est que Sékou a été convoquée, deux mois plus tard, par la directrice de l'hôpital Mary, le lendemain du jour, où une femme secrétaire décédait, dans son équipe administrative, et soudainement, et jeune (elle lui avait donné une charge importante de travail pour son idée d'aller "tous", mais pas vraiment tous, à Coumba, afin d'afficher un club touristique monstrueux pour facebook) Cet entretien, Sékou pensait pouvoir pacifier la bête, mais Georgette l'accusait d'avoir fait passer une circulaire "à tire larigot", son expression, sans qu'elle le sache qui vient de "boire", connotait le problème de Georgette : elle buvait trop, et n'avait aucun savoir, elle répète. Personne n'aurait jamais dû être informé que Georgette maltraitait ainsi une chirurgienne. Cela devait rester secret. À discrétion donc et pour continuer à faire joujou comme elle l'entend, dans sa communauté.

Oui tout le monde et n'importe qui peut se cultiver et être cultivé. N'importe qui a connu des discriminations. N'importe qui peut vous démasquer, Madame la directrice, pensait Sékou.

Tout d'abord, Sékou ne connaissait pas bien la directrice et s’interrogeait sur le pourquoi avait-elle été choisie. Elle se demandait que se passait-il pour qu'une telle haine arrive, sans que la personne violente ne la connaisse. C'est que les pratiques de harcèlement sont systémiques. Il y avait bien plusieurs personnes cachées derrière Georgette, et certainement des collègues, qu'elle n'entendait plus. Elle en croisait parfois dans son village, en allant faire des courses, et même de ses stagiaires qui avaient réussi à séduire Georgette pour devenir assistants de l'hôpital sans avoir à passer des concours, et toutes ces personnes baissaient la tête, comme coupables devant Sékou, sans emploi. Ils avaient honte, et plus ils avaient honte, plus Sékou voyait qu'ils avaient mal, à une jambe, à un bras, les cheveux devenaient gris, ils ne savaient plus marcher, ni parler, il marchonnaient, ils merdouillaient, ils se trainaient comme de petits bébés hippopotames. Sékou aurait eu pitié, mais tout cela est passé, digne, elle est passée à d'autres sphères plus clémentes.

Elle commença à chercher qui était cette interlocutrice qui l'accusait d'avoir souillé l'équipement de l'hôpital. En l’occurrence, les recherches sont une mauvaise piste, car pour qu'une personne aussi faible comme Georgette, mauvaise médecin, mauvaise pédagogue, en vienne à tester son autorité auprès d'une chirurgienne, plutôt bonne, et humble, c'est qu'elle était sous influence, manipulée, puisque manipulatrice à son tour. Sékou s'aperçoit qu'un climat général de harcèlement structurait cet hôpital, et ce depuis, bien avant qu'elle y travaille. Ces pratiques du harcèlement sont transmissibles, et sont érigées comme seuls modèles qui statut sur les relations interpersonnelles. Le responsable d'une telle situation est le gouvernement, qui a totalement abandonné ces hôpitaux, et pour bien des raisons politiques. L'interlocutrice a commencé à invité sa mère Raymonde à l'hôpital, afin d'espérer faire autorité. Puis, elle a invité Catherine, la sexologue, au cas où, personne ne savait que la directrice faisait partie d'un réseau influent et caritatif, auquel elle n'est pas du tout intégrée, et ça, il faut le remarquer depuis longtemps, car son conjoint, qui a présidé le Grand Hôpital Zizito avec ses amis, pas très porté sur la cause des femmes, ou alors des très jeunes et soumises... ne l'a jamais intégré à son réseau. Sauf que lorsqu'il fut nommé directeur à la clinique Boghosse du pays Habib, elle s'est empressée de faire un partenariat avec l'hôpital Mary, et une des médecins fut sélectionnée, passée devant les autres candidats donc, pour un séjour à la clinique Boghosse du pays Habib. Premier problème, quand le privé et le public s'emmêlent les pinceaux. Donc Sékou se demandait pourquoi cet acharnement ? Lors du premier entretien qui a duré quelques minutes, parce qu'elle avait "mal au ventre", Georgette lui raconta, sans la regarder, qu'il y avait un "tas de rumeurs sur elle" à l'hôpital. C'était la première fois que Sékou apprenait cela. Elle lui dit "des mauvaises et des très bonnes" et "beaucoup de mauvaise foi". Mais Sékou n'a jamais su qu'elles étaient ces rumeurs ni de qui. Dans un doute consternant, au sujet de tous les employés de l'hôpital, Sékou ne pouvait plus saluer ses collègues comme avant. Georgette ne savait pas du tout qui était Sékou. Mais Sékou comprit qu'elle allait être harcelée, par des rumeurs dont elle ne saurait jamais qui les propage, ni comment et de quoi s'agissait-il, afin qu'elle soit remplacée par un homme chirurgien. Le problème c'est qu'elle ne connaissait pas la durée de ce harcèlement, qui allait la démettre de ses fonctions et la pousser à la démission. Dès lors, il n'y avait plus aucune confiance entre collègues. La suspicion prenait toute la place, et l'isolement.

Sékou découvrit les personnes qui avaient colporté toutes ces rumeurs, à partir de rumeurs qu'elle avait reçu sur d'autres collègues quand elle travaillait à l'hôpital Mary. La propagation était à son comble et chaque collègue avait un dossier. Incroyable découverte. Il y avait bien une personne complètement folle derrière tout cela. Cela avait pourri cet hôpital et bien d'autres encore, tant cette personne siégeait à tous niveaux. Quelle hideuse personne, malade, aucun psychiatre, même en l'épousant n'a pu la soigner. Comment pouvait-elle continuer à travailler ? En travaillant une image respectable, et cela prend tout le temps. Il faut être aux commandes partout et dès qu'une critique l'atteint, il faut la dévier sur quelqu'un d'autre. Ainsi, chaque employé avait un dossier bricolé, par rumeur, uniquement. L’effondrement du savoir, des trous de gruyère, devenait le lieu même des petites souris, à l'abri des chats. Des galeries souterraines avaient été creusées, si profondément, que le gouvernement devait envoyer des gros rats les pister, mais ils revenaient transformés en souris encore plus petites et si mauvaises, que le gouvernement ne pouvait voir de différence entre des rats et des souris. En même temps, Sékou aimait bien les souris, elle n'avait jamais pu en tuer aucune. Sékou n'était pas féline.

Lors d'une autre réunion de l'équipe avec la directrice, à laquelle Sékou participait, très houleuse, chacun des présents, s'évertuant, à se dire le meilleur médecin venant d'écoles prestigieuses, mais pendant laquelle, comme toutes, Sékou ne disait rien ; ceux-ci étaient tous embarrassés comme s'il y avait un malentendu sur un sujet, non-dit. Ils décrivaient que la médecine avait bien changé dans les écoles et que Georgette devait en prendre compte, que depuis ses études, il y a eu d'autres enseignements et l'école de Djenaba était devenue la meilleure. Et là elle arrêta toute discussion en s'exclamant : "il n'y a pas d'enseignement à l'école de Djenaba, ils ne sélectionnent que les meilleurs, et déjà étudiants ce sont de bons médecins, les profs n'ont plus rien à faire ensuite". Les collègues regardaient Sékou en coin effarés, s'apercevant que Georgette ne savait même pas que Sékou venait de cette école. Ils étaient face à une ignare complète qui tournait sur son siège en leurs disant "Moi je suis pénarde, il ne peut rien m'arriver".

Antoine, Gaston et Marcel se frottaient les mains et pensaient, qu'ils allaient bien se marrer cette année. Ils étaient en face de la plus bête des directrices, ils n'en feront qu'une bouchée de pain, il fallait la mettre au trot et leur avenir serait ainsi facile, ils se voyaient déjà en haut de l'affiche en léchant les sabots de Georgette, autant qu'elle le souhaitait, ce n'était rien en comparaison à ce qu'ils obtiendraient d'elle. Personne d'autre ne laisserait de tels bandits s'emparer ainsi du pouvoir, de cette direction. Mais Georgette, c'était Georgette, une petite bière, une petite attention, un petit diner bien arrosé, une douceur, tout ce qu'elle n'avait pas eu, et cela suffisait. Georgette ne manquait de rien, sauf d'une affection. Et celle-ci serait toujours trompeuse, car Georgette officiait comme un guichet et proposait l'argent public, comme échange d'un peu d'attention. Elle s'entourait de tout ceux qui faisaient mine de l'aimer. Cette insincérité parfois retournait ses sabots à l'envers, et elle ne pouvait plus avancer. Elle s’affaissait comme une bête après une course pour être décorée, mais elle courait après une carotte. Cette ânesse devait confesser s'y être mal prise, ou bien que ses disciples étaient indisciplinés, ou infernaux. Ils lui menaient la vie si dure, qu'elle piquait des crises de rage. Les villages avoisinant, l'entendaient crier.

Cette phrase devait les éclairer pour la suite : je fais ce que je veux, je suis protégée, vous allez tous mourir. De ces présents à cette réunion première, ils ne reste que deux hommes médecins, tous les autres ont été amenés à partir, à discrétion, dans le conflit, mais à discrétion. Ces deux hommes, venant de la même famille, allaient pouvoir demander ce qu'ils voulaient, et ne pas faire d'opérations.

Les arguments mis en avant pour l'hôpital Mary par Georgette avec une injonction : un hôpital ça se regarde ! Tout est dit. La despote aime être regardée, mais elle ne voit rien.



Que fait le gouvernement : rien, Il ne sait rien et ne voit rien.

Ses inspecteurs ? Des hommes élus entre eux, qui ne visitent jamais les hôpitaux et écrivent des rapports médiocres à distance en recopiant ce qu'il y a écrit sur les sites Internet. Qui sont-ils ? Ce sont des retraités, anciens médecins ou directeurs, tous de l'école d'Imani, chacun avec un poulain, qui fut leur étudiant. Dans plus d'une centaine de pages sans aucune analyse, ces inspecteurs des hôpitaux du pays, vont mettre en avant le mérite de leur chouchou, les pauvres, nommés. Une affaire entre hommes, pommade logorrhée assez lisible, ou risible ? Mais qui les nomme ? Personne, ce système est bien clôturé, ils se nomment entre eux, les administratif, toutes des femmes (au gouvernement elles sont majoritaires) ne sont ni médecins, ni n'ont fait d'études de médecine mais, vont suivre à la lettre leurs recommandations : pas une seule femme ne doit être valorisée, pas une seule médecin. Depuis un siècle, il ne s'est rien passé, pour eux, ils n'ont d'ailleurs pas vu le temps passé et sont restés aux bancs de leurs écoles, avec un parterre de gourdes qui attendent leurs crédits. Et il faut pour cela sceller : ajouter des préconisations et une charte bien épaisse et inefficace à souhait contre les discriminations. Bref, un système, où aucune évolution n'est possible, tout est bien verrouillé. Il est tout à fait normal que ces écoles de médecine soient les plus conservatrices, sexistes et racistes qu'il existe dans ce pays, car ce sont les moins ouvertes, et les critères sont opaques, non pas parce qu'ils seraient définis, non, ils se basent sur le mépris du savoir (de l'analyse, du discernement, de la différence, des histoires)... Mépris des évolutions des techniques et des usages, des rapports sociaux. Bref il n'existe pas de rapport d'inspection aussi médiocres que ceux-ci. À quel date s'est arrêtée l'analyse ? Qu'est ce que l'on doit lire, qu'untel est devenu, reconnu par cette petite communauté et qu'elle doit, de cette petite lorgnette se passer une pommade bien chargée pour nous en convaincre : ils le méritent. Parfois des médailles d'honneur rajoute à cette charge, au cas où les doutes subsisteraient. Et ils subsistent, à force de ne voir que ces caduques rapports se lit un triste constat : personne ne peut plus rien faire pour les aider, il se sont enfermés.

Oumou ne sait même pas qui sont-ils et heureusement, car dans leur carrière chargée comme un mulet qui ramène les mauvaises herbes et que l'on pousse avec une branche afin qu'il avance un peu plus vite qu'un éclopé, ils n'ont pas su faire le tri. Sans distance critique, en oubliant bien la moitié de la population, les roues de leur charrette ne sont pas sorti de l'ornière des préjugés. Il fallait parfois bander les yeux de ces mulets pour parvenir à les bâter. Et là seulement, on pouvait lire, dans les rapports de ces inspecteurs d'hôpitaux, uniquement publiés pendant les vacances, lorsque tous les médecins et stagiaires sont partis, en évitant soigneusement qu'ils soient lus, de petites décorations qu'ils se donnaient, quelques pages dédiées sur leur fameuse carrière, sans aucun tri. Ils ne pouvaient pas être des modèles, tant leurs mauvais usages du service public, pour leurs seuls intérêts privés, ne pouvaient servir la médecine, mais bien accroître sa désertification auprès des plus jeunes. On ne pouvait plus s'engager dans ces ornières, ce n'était plus possible, ni attractif, ni économique, ni facteur de développement pour le pays.

Mais pour Oumou, si c'était redéfini, si la mixité sociale et l'ensemble du village se sentait concerné, si ses enfants pouvaient grandir par la médecine, le village se développerait et les enfants guériraient, assurément. Les rapports d'inspection ne mentionne jamais Oumou, ni ce qu'il s'y passe, ni les bons médecins.

Et Yvonne envie la place de Georgette, elle rêve depuis longtemps être l'une de ces femmes à la tête d'une institution structurée par les hommes, pour les hommes. Elle voulait être un homme, un médecin reconnu, comme son père. Mais elle est une femme qui s'ennuie et pour passer le temps, écrit des articles, sur ce qu'il n'y a plus à écrire, et se reçoit des commentaires qui l'assassinent, et la pousse à se sentir trop vieille pour sa communauté. Et pour se sentir différente de cette famille, elle suppose n'aimer que les femmes, mortes de préférences, tout en copiant chaque geste des hommes, leur musique, leur maladie, leur façon de gouverner, leur façon de patrimoiniser. Alors elle matrinoine. Mais à la différence de Georgette, qui ne sait rien, Yvonne a cheminé en terrain hostile et a pu observer son pays de loin, depuis Touchatou, ce pays où tout est possible et où tout est interdit aussi. Dans ses articles, il y a ce côté exotique, qui permet, à tous ces mulets chargés, d'imaginer un ailleurs, où ils auraient été mieux compris, et dans lequel, les interdictions leurs auraient donné un cadre, une reconnaissance, des étapes vers l'humilité.

Sékou voit la bougie.

Sékou regarde son village la nuit, tous les habitants, les commerçants qui la connaissent. Le soir une bougie s'allume seule, puis toute la nuit se consume. Sékou pense que tout ce qu'elle a fait était sans connaître les règles. Elle aurait bien voulu former d'autres femmes médecins, mais elle ne pouvait pas le faire seule, comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Les bintos l'avait ciblé comme la sorcière, la chasse a été lancée, dans tous les hôpitaux du gouvernement et Sékou ne pouvait plus opérer. Personne ne pourra jamais plus être guéri.

Que va devenir Oumou ?

Sékou trouva Moussa qui lui dit : Tu sais, ces Georgette, Yvonne, Sultan et leurs inspecteurs, Chiasse, Euthanasia, Lampe et Clitorine, sont de la même génération et de la même famille. Ils ne représentent personne, qu'eux-mêmes, ils ne savent pas dans quel pays ils habitent, ni quelle culture les a formée. Ils ne guériront pas. Ne t'inquiète pas de leur destin, ils ne savent rien de toi, de nous tous.

Oumou les ignore et c'est pour cela qu'il sont si méchants. Ils dépensent toute leur énergie pour attirer les regards sur eux, mais ils s'adressent à des aveugles de cœur. Ils ne récoltent que leur reflet, et ce n'est pas beau. Ils sont furieux, elles sont furies.

Puis il regarde Sékou dans les yeux : Mais toi, ton chemin a croisé leur route, pourquoi ?

Sékou regarde la bougie qui vibre. Moussa ferma les yeux.


Enseignement Par kiwaïda at 12:41

05/08/2019

Lα ℳḯ﹩☺ℊ¥η◎ḯяℯ

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Nadgélika et Coumbis échangent sur un mot nouveau : la misogynoire

Du côté de l'art... du retard toujours, on réalise des vidéos où rien ne se dit, des ouin ouin sur canapé récupérés. Et des questions tordues. Je comprends pourquoi ce milieu n'est pas prêt de changer, question de vocabulaire, de vécu, d'oppression même de qui filme et pour qui. La destination engage toujours la parole. Si tu es filmé et que tu sais que seul le petit milieu bourgeois de l'art va te regarder te confesser, c'est accepter d'être dans une position maso face à sado sur canapé rose. Si tu te sens plus libre de parler, comme à ton amie, mais une amie qui pense, et très vite, et qu'il y a un vrai dialogue d'expérience en terrain égal (et non pas je te filme, tu ne bouges plus et tu réponds à des phrases que je te demande, de façon autoritaire) et que tu sais que la diffusion et la destination ne sera pas exclusive et réservée qu'à une caste privilégiée, et bien cela peut même être une petite fête.

Lexique :

Misogynoir-e (formé [par Moya Bailey] à partir des mots grecs (μῖσος) misos : haine, (γυνή) gyné  : femme et du français : noir-e) :
Misogynie spécifiquement anti-noires, où la race et le genre combinés. Parfois, cette misogynie créée une opposition binaire avec les femmes blanches (femmes blanches qui représentent la « bonne » féminité quand les femmes noires ne le sont pas) ou a des niveaux qui incluent d'autres femmes racisées, mais seulement dans la mesure où les femmes noires sont les plus avilies et placées au bas de l'échelle. Cette opposition binaire rend invisible la douleur des femmes noires et hypervisible ce qui est considéré comme des défauts inhérents se basant sur la féminité noire comme conception ultime de la "non-féminité", telle qu'elle est possédée par une femme. C'est pourquoi même avec le privilège cis, la masculinisation ET l'hypersexualisation des femmes cis noires sont utilisées comme des outils de violence. Elles (les femmes cis noires) sont considérées simultanément comme des objets non-désirables à contrôler et disposer, et des objets hyper-désirables à usage sexuel et à disposition.

Colorisme :
Le colorisme est une forme de discrimination particulière qui place une hiérarchie parmi les personnes racisées entre les personnes ayant la peau claire et celles qui ont la peau la plus foncée, les personnes claires de peau étant considérées comme étant plus belles, plus désirables voire plus intelligentes entre autres choses, elles bénéficient d'avantages par rapport aux personnes à la peau plus foncée qui subissent moqueries, dédain, rejet. Le colorisme est d'ailleurs un facteur aggravant la misogynoire.

Colorblind
Description : Le « colorblindness » est une façon très confortable de ne pas se remettre en question en matière de racisme. Souvent utilisé comme une sorte de compliment, le fait de dire « Je ne vois pas les couleurs » ou « Je ne te vois pas comme noir-e, asiatique, arabe/maghrébin-e » est pourtant profondément raciste à plus d'un titre.

Suprématie blanche :
Loin d'être uniquement liées aux exactions du KuKluxKlan et autre néonazis, la suprématie blanche désigne la domination économique, politique, culturelle et sociale par les blanc-he-s. La suprématie blanche est ce qui est à la base et qui permet le racisme. Elle inclut (entre énormément d'autres choses) les critères de beauté qui poussent les individus à se rapprocher des canons de beauté blancs (clarté de la peau, cheveux lisses), l'universalisme prétendant que le mode de vie Occidental est le seul valable, l'hégémonie des blanc-he-s dans les représentations médiatiques, quitte à les déguiser pour prendre la place de racisé-e-s, l'utilisation des racisé-e-s qui valident ou justifient leur propres opinions, etc. Cette suprématie va souvent de pair avec la suprématie masculine (patriarcat) et est dans ce cas nommée : blantriarcat.

Passing / Passe (ex : whitepassing/Passe Blanc)
Le terme -passing est utilisé pour décrire toute personne qui "à l'air" d'un-e individu-e appartenant une catégorie dominante. Ici, concernant le white-passing, souvent traduit "passe blanc", ça signifie être pris-e pour un-e blanc-he. Cette personne bénéficie donc - potentiellement - de certains avantages refusés à d'autre personnes subissant une oppression, souvent raciale. Et ce, tant que l'identité de la personne en question n'est pas donnée.

Capacitisme :
Le capacitisme est une forme d'oppression qui résulte du fait qu'il est perçu comme normal et acceptable le fait que la société et les infrastructures sont pensés par des personnes valides pour des personnes valides, en ne prenant pas en compte les besoins et droits des personnes en situation de handicap, car c'est la société qui est handicapée / inadaptée pour les personnes ne correspondant pas à la norme valide. La norme est donc le modèle standard d'une personne n'ayant (et non pas « souffrant de ») aucun « handicap » physique ou mental. Les personnes ne correspondant pas à ce modèle se voient donc mis face à une infinité de difficultés. Enfin, le capacitisme est l'idéologie selon laquelle les personnes en situation de handicap sont « anormales », que le handicap est l'une des pires choses qui puissent nous arriver mais aussi et surtout qu'il n'est ni utile ni rentable de prendre en compte leurs particularités dans la construction de la société.

Validisme :
Le validisme est la forme du capacitisme qui discrimine les personnes en situation de handicap physique.

Psychophobie :
La psychophobie est la forme de capacitisme discriminant les personnes en situation de handicap mental, souffrant de troubles psy* ou se trouvant sur le spectre autistique.

Neuroatypie :
La neuroatypie désigne un fonctionnement neurologique ou psychologique qui s’écarte de la norme. Ce terme a d’abord été inventé par et pour la communauté autistique pour souligner le caractère profondément différent de leur fonctionnement cognitif.  Il a ensuite servi à désigner toute personne s’écartant du fonctionnement neurologique ou psychologique majoritaire. Certaines neuroatypies sont au contraire perçues de façon favorable par la société. C’est le cas du haut potentiel intellectuel (HPI). Mais il y a là aussi un écart entre les représentations sociales du HPI et la réalité du vécu des personnes qui ont cette atypie. Il faut souligner également que ces perceptions sociales sont mouvantes. Ainsi l’autisme par exemple était considéré (et l’est toujours, par certains psychanalystes) comme une « psychose ». Il est davantage vu aujourd’hui comme un handicap. La grande majorité des neuroatypiques ont comme plus petit dénominateur commun d’avoir été perçues comme différentes et d’avoir fait face à des réactions de rejet ou d’exclusion. Ou du moins d’avoir du mettre en place une quantité considérable d’efforts et de stratégies pour masquer leur différence.Cet élargissement reste cependant controversé, certain-e-s autistes considérant cet élargissement comme étant une façon de les rendre invisible, une fois de plus. Certaines neuroatypies peuvent être perçues de façon favorable par la société. C’est le cas du haut potentiel intellectuel (HPI). Mais il y a là aussi un écart entre les représentations sociales du HPI et la réalité du vécu des personnes qui ont cette atypie. Il faut souligner également que ces perceptions sociales sont mouvantes. Ainsi l’autisme par exemple était considéré (et l’est toujours, par certains psychanalystes) comme une « psychose ». Il est davantage vu aujourd’hui comme un handicap. La grande majorité des neuroatypiques ont comme plus petit dénominateur commun d’avoir été perçues comme différentes et d’avoir fait face à des réactions de rejet ou d’exclusion. Ou du moins d’avoir du mettre en place une quantité considérable d’efforts et de stratégies pour masquer leur différence.

Grossophobie
et sa corollaire, le fatshaming :
Il s'agit des stigmatisations et des discriminations envers les personnes dites « en surpoids » selon les normes établies par la société dans laquelle les individus vivent. Là où la grossophobie est une norme sociale, le fatshaming (blâme des gros-se) s'acharne à infantiliser et à rendre les individus responsables, pour ne pas dire coupables, de leur prétendu surpoids, souvent en prenant leur santé comme prétexte.

Spécisme
Le spécisme est l'idéologie qui justifie et impose l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines. Le spécisme est l'idéologie qui s'appuie sur une hiérarchisations des espèces en terme de supériorité et d'infériorité : l'humain au-dessus de toutes les autres espèces, puis vient une catégorie d'animaux séléctionnés selon des critères tels que la beauté / "mignonitude" par exemple. Ces individus seront protégées voire aimées, abritées, parquées dans des zoos ou autre réserve naturelle ou autre. Enfin, en bas de l'échelle, les espèces utilisées comme cobayes, comme outils, comme nourriture en faisant peu cas de leurs souffrances et plus largement de leur existence. La lutte contre ces pratiques et contre l'idéologie qui les soutient est la tâche que se donne le mouvement de libération animale. Le concept de spécisme a été forgé à partir du début des années 1970 par analogie avec les notions de racisme et de sexisme, dans le but de dénoncer une idéologie dominante, de la même manière que la notion de patriarcat a été reprise par le féminisme radical pour définir ce qui était jugé comme une idéologie omniprésente, invisible et à l'origine de diverses injustices. Le concept de spécisme est ainsi fondamentalement lié à celui d'antispécisme

Sinon sur le genre, dyadic, cisgenre, essntialisme, cissexisme, genderquur, intersexué-e-s, transgenre, non-binaire, neutrois, genre fluide, lgbt, mogai et mogii, a-romantique, asexualité, demisexualité, greysexualité...

On a défini des cases pour chacun...

LGBT+ :
Sigle qui souligne l’ouverture vers une pluralité de possibilités au-delà des identités et orientations conventionnelles. Le + est proposé pour éviter de beaucoup rallonger le sigle LGBTQQIA(& co !) mais est parfois vécu comme une façon de laisser dans l'ombre des identités déjà invisibles. LGBTQQIAP : Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, en Questionnement, Intersexué-e-s, Assexuel-le/Agenre/Aromantique , Pansexuel-le, ou LGBTQIAGnC : Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexué-e-s, Assexuel-le/Agenre/Aromantique, Genres Non-Conformes

Le terme MOGAI a été créé pour palier au problèmes d'invisibilisations et pour éviter d'allonger encore le sigle LGBTQQIAP qui semble déjà beaucoup trop long pour un certain nombre de personnes.

MOGAI / MOGII
:

MOGAI (Marginalized Orientations, Gender Alignements and Intersex) : Orientations romantico-sexuelles marginalisées, Genres Non-Conformes et Intersexes.
MOGII (Marginalized Orientations Gender Identities and Intersex) : Identités de genres et orientations romantico-sexuelles marginalisés et Intersexes

Être agenre ou neutrois signifie qu'on ne s'identifie à aucun genre. Ce genre ou plus exactement cette absence de genre fait partie des transidentités non-binaires (ni 100 % féminin, ni 100 % masculin).

Non-binaire :
Les termes non-binaire et genderqueer désignent les personnes dont l'identité de genre ne s'inscrit pas dans la norme binaire, c'est-à-dire qu'elles ne sont ni hommes ni femmes, sont entre les deux ou un « mélange » des deux. Les personnes non-binaires s'opposent à la binarité de genre et à la hiérarchie des genres qui peut l'accompagner (le patriarcat). Elle remettent aussi en cause l'assignation sexuelle à un genre donné. L'identité de genre non-binaire concerne la façon dont la personne se ressent, alors que l'androgynie fait référence à l'apparence (comment les autres personnes la voient) et l'intersexuation concerne les caractéristiques sexuelles (anatomiques, chromosomiques, etc.) : ce sont donc trois choses entièrement différentes. De plus, l'identité de genre est indépendante de l'orientation sexuelle : toutes les personnes, y compris celles qui se considèrent non-binaires, peuvent être hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuelles, pansexuelles, etc.




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Toni Morrison

Aujourd'hui je suis un lapin éclectique, mi-perroquet éclectus mi-nain bélier, alors je n'ai pas encore vu de case pour cet effet. J'ai des amis mi-insectes et mi-livres, de la terre et de l'eau dans le corps, du feu dans ma bouche que je crache au premier merdeux qui m'embête, ou à la première merdeuse... qui suis-je ?

Le lendemain de la publication de cet article, j'apprends à la une de tous les journaux internationaux que Toni Morrison est décédée. Choc. Écrivaine dont j'avais juste intégré une photo ci-dessous, et un hyperlien sur son nom, sur une émission radio pour les français. Lundi matin j'écris mon article et le publie. Dans la nuit, Toni Morrison n'est plus sur terre. Avec Agnès Varda, j'avais eu la même sensation, secondant un article sur un de ses films, cléo de 4 à 7, elle disparaissait les lendemains. Mon ami, premier lecteur assidu, m'avait même dit qu'il ne connaissait pas cette auteure américaine (pas Varda, quoique peu référencée dans les écoles d'art, également en France). Je tentais de lui remémorer d'une lecture sur les noms et filiations des esclaves que nous avions écouté ensemble, distraitement, sans doute. On peut ne pas connaître, tout en travaillant avec une communauté noire, être le seul blanc. La connaissance d'auteur, aussi mal connus en France, peut être une mine d'or, de mots et de voyages dans l'histoire.

J'ai enseigné à de jeunes filles et garçons, durant plusieurs années, quasiment seule blanche face à ces jeunes. Pas un, pas une n'avait d'auteur en tête, qui pouvait les éclairer, mais j'étais là, à les accompagner, afin qu'ils et elles croient en eux. Nous étions de belles bandes de petits artistes, puisque nous réalisions des dessins ensemble, et j'ai beaucoup appris de l'enseignement avec eux. Dix ans plus tard, j'ai rencontré une Shéhérazade, devenue jeune femme, dans le bus, elle m'a interpellée, et m'avait reconnue. Elle était si heureuse, aînée d'une ribambelle de garçons, elle se posait des questions très tôt, sur l'impossibilité pour elle de faire des études, elle devait avoir 8 ans en paraissait 12 et me parlait sans cesse de comment faire sa vie. Voilà, je fus si étonnée de la voir. Avec Bell Hooks, Toni Morrison, sont des intellectuelles passeuses de culture et d'histoires construites. Elle m'ont beaucoup appris. Je n'ai jamais eu de professeur-es dans des écoles supérieures qui m'ont parlé d'elles, ni même, dans celles qui professent le féminisme en France. Alors on peut dire que les livres sont importants, évidemment en anglais, mais récemment il y a eu des traductions. J'étais amusée par le dialogue entre Nadgélika et Coumbis, de leur pratique des réseaux sociaux, de leur lutte (car Combis a reçu beaucoup de messages d'insultes, misogyne après la publication de cette vidéo toute récente, c'est assez hallucinant ce qu'il se passe en France, les mentalités sont assez attardées et leurs messages discriminants sur les réseaux sont très populaires et très violents, sans aucune modération) et aussi heureuse qu'elles avaient nommé Toni Morrison dans leur bagage, ce qui ne peut pas être celui des internautes cachés et haineux (ou très jaloux) Parfois, lorsqu'une personnalité meurt, femme artiste, on en fait tout un foin dans les médias, et rétrospectives, comme jamais ce n'était le cas de leur vivant. Et c'est ainsi que de jeunes habitants ou plus vieux d'un pays les découvrent pour la première fois, mortes. J'ai toujours été étonnée d'observer que l'on préférait les artistes femmes mortes à vivantes. je me suis longtemps demandé pourquoi. Parce qu'elles ne pouvaient plus parler, ni écrire, ni faire ce qu'elles aimaient faire. Enfin, alors les autres pouvaient parler sur elles et à leur place, enfin. Et parfois, je l'ai vu, ce sont des nuées de femmes qui se ruent sur la mort d'une femme qui a produit des choses intéressantes et peu reconnue (textes, œuvres d'art, danse, gestes, conférences... manifestes inconnues, échanges épistolaires géniaux et en avance) afin de briller à la place, parler à la place, apparaître à la place, afin de prendre une place, usurper... Il y a de l'ennui chez ces femmes, de l'envie, et de la bêtise, il faut bien l'écrire. Ce n'est pas seulement un rapport homme/femme inégalitaire, mais aussi un rapport femme/femme inégalitaire. Ces temps-ci, j'ai beaucoup appris, en France de ce dernier rapport inégalitaire qui fait des dégâts dans la pensée. L'incapacité de penser et d'énoncer des idées sont des sources de jalousies fortes, dans ce pays. Les femmes nommées par le patriarcat à des places de théoriciennes ou artistes, ou dites "hautes fonctionnaires", ne supportent pas que d'autres femmes plus indépendantes élaborent un travail fécond sur des sujets, sur lesquels, elles n'avancent pas. Elles préfèrent alors brider leur place acquise mais sans le pouvoir, car elle est acquise. Je décris là, ce qui est de l'ordre de l'invisible, ce qui peut différencier les dignitaires des dignes, dans l'expérience de la vie.





Internet Par kiwaïda at 10:28

30/07/2019

ḯL ρʊʟḉїη☺ ♭i@η¢☺

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J'ai vu ce documentaire qui passe sur Arte, visible en ligne, Tanzanie, l'enfance volée des albinos, réalisé en 2018 par Catherine Monfajon. Les images sont délicates, quelques unes sont en visuel de cet article. Mes derniers enseignements portaient sur un sujet que je nommais "Il pulcino nero". Cette histoire du poussin noir illustrée sous différents angles, de la fable au dessin animé, aux animations, aux films était un prétexte pour l'analyse des discriminations, un prétexte à dessiner. La vie réelle m'a rattrapée puisque j'ai été ostracisée des écoles nationales, du moins de deux, liées, par des rumeurs, dont j'ignore la portée, la couleur, mais certainement nauséabondes et fausses. Sujet tabou, sujet incompris, dessins trop noirs, trop beaux, trop parfait, trop et trop, tout en retrait et dans une ligne minimale, un trait, une idée. En toute inconscience, car il n'y a pas de lecture, on se sait plus regarder des images et les analyser, ni lire un texte, alors on coupe, sabre, raye, biffure, on rejette, on fantasme, on inverse, on perverti les faits. Cela reste, de mon côté, l'un des plus fort sujet que j'ai pu donner aux étudiants. C'est pour cela que l'on m'a pris mon salaire, afin de supprimer ce sel de la vie d'une intellectuelle, une artiste, une femme. "On" c'est une institution, c'est ce qui nous gouverne, ce qui devrait être un modèle, et nous protéger. Et qui plus est, cela s'est passé dans des écoles. Il y avait une sorte d'anticipation, de ma part, à vouloir apprendre, enseigner. Mais il est très difficile d'enseigner lorsque les institutions ont elles-mêmes abandonné d'apprendre.

Et puis je tombe sur ce documentaire et cette histoire que je connaissais des albinos rejetés, méprisés. Ils vivent enfants solidaires, parfois orphelins, ou très loin de leurs parents, en tous cas dans un lieu, une sorte de prison, mais il faut dire "école", institution où ils seraient protégés des leurs et c'est le gouvernement qui insiste sur le fait qu'ainsi, ces enfants sont protégés. Protégés ou abandonnés ? Oui, l'abandon a été, non pas autorisé, mais rendu obligatoire. Des parents disent que s'ils n'avaient pas été obligés d'abandonner ces enfants pour qu'ils soient enfermés dans ce lieu, cette "école", jamais ils n'auraient laissé leurs enfants loin de chez eux. Dans ce contexte terrorisant, puisqu'il s'agit bien de terreur instiguée, oui ils préfèrent imaginer que leurs enfants sont en sécurité dans cette "école", bien plus que chez eux, même s'ils admettent que la sécurité est revenue. Ces enfants souffrent de cet abandon familial en plus de leur ostracisme, mais cela va plus loin, c'est une ségrégation. Leur communauté, parce qu'ils sont nés albinos, les rejette, et les tue. Et plus pervers, c'est-à-dire que l'on a quasiment inversé les choses, ils sont recherchés et coupés en morceaux, car, selon une rumeur, "ils rendraient riches", ils sont devenus des objets, des marchandises. En pensant à ces poussins blancs, dans le cadre de mes enseignements du poussin noir, en pratiques artistiques à dessein, j'accédais à la connaissance de ce que les croyances d'un groupe peuvent avoir de mortel et stigmatisant. Est-ce seulement la couleur de la peau ? Non. Il y a une fragilité apparente chez ces enfants, même en grandissant, ils sont en quête d'amour, attachant, et déjà petits, leur regard peut avoir une maturité, et pourtant, ils ne savent rien faire (entendons, ni compter, ni lire, ni écrire) pour les institutions. D'ailleurs, le centre qui les enferme a cette ambiguïté, il ne faut pas dire que c'est un centre, mais bien une école qui "devrait" les protéger, justement de leur propre communauté qui les tue. Pourtant dans ce lieu clos aux barbelés de guerre, ils sont voués à eux mêmes, pacifistes, se solidarisent, s'entraident, voués aux tâches ménagères, esclaves enfants, sans aucun regard d'adultes, ils vivent en toute transparence, l'adulte ne les voie pas, mais les ignore. On peut dire, que les adultes sont ignorants. Ces enfants mangent la même chose, chaque jour, une monotonie, la diversité ce n'est pas pour eux, ils sont définis "semblables" et non autorisés au mélange, ni aux mets variés. Ils sont considérés invariables. Il fut un temps, où il n'y avait pas assez à manger pour tous. Ils pouvaient dormir à 3 dans un lit, enfants. Drôle d'école. Un pays peut faire cela, au nom de la protection : exclure. Cet ostracisme montre de petits êtres doués d'amour et entourés de mépris et de haine. Ce sont des insularités, de mon point de vue, ces terres humaines, sont des continents qui recèlent évidemment des trésors, des qualités que l'on ne peut trouver chez celles et ceux qui méprisent. La peur parcourt ces êtres, ils sont traqués, menacés, leur vie est une menace, leurs parents, certains, n'en veulent pas, ou plus. D'un point de vue d'artiste, ils sont très beaux et je pense à cette peinture de Marlène Dumas, que je dispose en visuel dans cet article. Dans le documentaire, je suis frappée par la manière qu'ils ont, ces jeunes, de se toucher, s’agripper, se grouper, comme se rassurer, comme s'ils avaient réussi à créer du lien, à former une fratrie par leurs sens et leur empathie, alors même que l'on a déployé une féroce manie, en œuvre du mal, de les démembrer et les séparer, de défaire leurs liens, leurs familles, de les désunir de la vie. C'est une capacité, "réunir", créer des liens, que l'on peut difficilement développer dans note société, par exemple, ou bien elle se trouve rejetée, ou convoitée. On valorise le guerrier qui désuni pas l'art de créer du lien, du sens. On peut mesurer les climats délétères, dans cette visée. Faculté aussi d'apprendre à apprendre, lorsque, tous débutants. Le pardon est tout proche, lorsque l'on reconnait les erreurs. Cette amabilité, rare, chez ces enfants qui se pardonnent en s'aidant à s'habiller, est nouée dans ces gestes simples et tendre, quelque chose de maternant alors qu'ils sont en âge d'être materné, protégés par leurs parents, par l'école, l'institution.

On le sait, il existe des ravages dans le faux maternage de nos institutions, c'est de faire pour les personnes, sans les personnes. La critique du fonctionnement de la plupart de nos institutions, de soins, de formations, d’accueils, politiques, se trouvent dans la gratuité, l'infantilisation, le sur-handicape, c'est-à-dire chosifier l'autre. Il existe des écoles où l'on n'apprend plus rien, les enseignants ont déserté leur condition civique et sont rivés dans leurs intérêts personnels, les jeunes sont quasiment voués à eux-mêmes et à l'entretien des murs, du patrimoine. Ils sont surprotégés, c'est-à-dire, enfermés. Ils évoluent entre eux durant quelques années, de même milieu social, parfois de même famille, à l'abri du monde extérieur, et on les décrit "en liberté", libres de s'exprimer. Évidemment que c'est faux. On peut même rajouter "ils ont tout gratuit", accès aux salles, aux matériaux, ils sont véritablement libres. Libre de quoi exactement ? Si les enseignants ne pensent qu'à se servir de ces établissements, pour leurs propres intérêts, en laissant les petits prisonniers se débrouiller, ceux-ci, en sortant, ne savent pas grand chose pour faire société, prendre des décisions, mais ils peuvent devenir de véritables soldats d'idées nauséabondes, tant ils ne savent pas discerner, ils n'ont rien appris et seront les plus aptes à être dociles d'idées extrêmes, sans le savoir. Dans ces écoles, dans notre pays, les critères de sélection sont toujours racistes, sexistes, sinon nous ne nous retrouverions pas dans cette situation de se demander pourquoi la reproduction de ces critères sociaux fonctionne aussi bien. Devenues des machines de tri sélectif, comment s'étonner encore, sans jamais interroger les critères de sélection par les enseignants, les institutions, que l'ascenseur social est en panne depuis longtemps.

En France, on a cette triste et fâcheuse tendance à penser à des pédagogies alternatives, où l'enfant serait libre et découvrirait la vie, qu'il serait même adulte plus tôt en se frottant aux autres adultes, plutôt que les adultes restent dans leur rôle d'enseignant un savoir. Le résultat est toujours le même : ce sont les adultes enseignants qui se frottent aux enfants, les dérives s'accumulent, les déviances cachées, se trouvent donc être protégées par l'institution même, qui a abandonné son rôle de contrôle, ou plutôt, l'institution ne sait plus, elle n'apprend plus. C'est justement dans cette défaillance que s'installent des confusions entre liberté et apprentissage. Non le viol n'est pas un rite de passage obligatoire pour atteindre cette liberté (de penser souvent aboyée à gauche), mais ce sont bien les enseignements et les savoirs sur ces questions qui doivent être r-enseignés. Il y a un retard considérable, car sont cachés et inavoués des pratiques condamnables, et l'institution ne sait pas regarder, avoir un regard instruit, sur les violences à l'école. On le voit surtout, partout où ces écoles déviantes, accusent à tort des enseignants qui font juste leur travail : enseigner. Pour cacher la forêt, on lynche, en groupe, l'arbre innocent. Car cela prend du temps de lyncher, juger, et cela en fait perdre aux bonnes actions, cela masque une profonde désertion de la pensée, avec la force d'un groupe ignare, dans le costume de l'école, l'institution, vénérable donc. Tout semble respectable, mais on a laissé des enseignants avec de lourdes pathologies exercer, des directions, des chercheurs, tout ce qui encadre. D'ailleurs, lorsque l'on enseigne, on doit souvent s’accommoder avec des collègues aux pathologies remarquables, les élèves en font les frais, en premier lieu.

Pour protéger un des leurs, qui déconne, un petit nombre va s'organiser pour faire sortir d'un corps enseignant la personne morale, puisque l'immoralité doit perdurer et les pratiques rester secrètes. L'école en bateau créée en 1969, est un exemple de structure pédagogique pédophile mais pas si exceptionnel, puisque cela a donné plusieurs autres écoles alternatives. L'objectif masqué est toujours le même, soumettre des jeunes à la déviance d'adultes. Pour que cela fonctionne, il faut en faire bonne publicité. La communication devient le fer de lance de ces lieux clos. Liberté, création, joie même et pourquoi pas le bonheur absolu, tout est possible en matière de communication. On peut même inventer des chartes qui décrivent la bonne tenue morale de ces lieux : pas de racismes, pas de sexisme, pas de violence et de discrimination. Bientôt, à force de révélations, il faudra écrire sur ces chartes : pas de pédophilie, même si...

J'ai lu récemment un petit paragraphe de syndicat d'école d'art qui m'a fait réfléchir :

Au titre de ses forces, se trouve la neutralité des fonctionnaires qui préserve tout citoyen de la corruption, du favoritisme, du népotisme, du fait du prince. Certes, il arrive que des fonctionnaires trahissent leur devoir de neutralité, mais il s’agit de cas isolés et relevant de pratiques déviantes, d’individus eux même déviants, qui, quel que soit le cadre juridique de leur action, aurait agit de façon identique. Hormis ces cas anecdotiques et regrettables, la fonction publique est globalement exemplaire du point de vue de sa neutralité et de sa probité.

Il y a une peur, dans ce paragraphe, car insister sur la neutralité semble effectivement, de mon point de vue et de mon expérience, manquer de lucidité ou mentir car l'institution ne se réforme pas, a du mal, avec toutes ces anecdotes accumulées qui finissent par donner une mauvaise forme globale. Mentir afin que les mêmes gardent leurs privilèges et leurs déviances, protégés. Les problèmes sont posés depuis longtemps, seuls les syndicats craignent de perdre leurs avantage dans une réforme, pas les victimes d'un système caduque. Qu'est-ce qui est exemplaire lorsque les déviants sont aux manettes ? Probité ou opprobre ? Neutralité ou coups de canifs dans la déontologie ?

Albino (1986) Artist: Marlene Dumas
South African, born 1953
About this artwork :
Since the early 1980s, Marlene Dumas has created figurative paintings and ink-wash drawings that raise provocative questions about gender, beauty, sexuality, race, and the resultant conditions of oppression and violence. The artist takes her images from the mass media, particularly newspapers and television, and she manipulates them to achieve her desired effect. Characterized by spontaneous brushwork and a subjective use of color, her works merge art-historical and popular-culture references with private, autobiographical allusions. As a white woman who was raised under Apartheid rule in South Africa, some of her strongest works tackle the complicated themes of racial politics. This representation of a black African albino exposes race as a social construct that fails to correspond to identity. By choosing a subject whose very existence complicates the notion of racial categorization, and by rendering his skin tone and hair color in a sickly green hue, Dumas insisted on destabilizing the division between black and white. This work ultimately questions the ability of both skin color and paint to carry meaning.

Évidemment, j'étudie ces croyances, comment elles arrivent à obtenir l'adhésion de plusieurs. Ils semblerait que pendant les élections, les massacres des albinos décuplent, car, une des croyances serait que l'on peut gagner des élections, plus on obtient de morceaux d'humains, d'albinos. Nombre d'enfants sont mutilés, et se retrouvent sans un membre, sans bras, car des hommes sont rentrés dans leur maison pour leur prendre un bras, ou un autre membre. Évidemment, c'est extrapoler que d'écrire que me couper une partie de mon salaire, par derrière, par surprise, relèverait d'une même ignominie. Pourtant je vis depuis avec une prothèse invisible, psychique et elle est assez efficace : l'écriture. Il faut le penser. Couper le salaire, couper un bras. Car de toutes les formes de rejets, nombre d'illustrations et actions s'avèrent possibles, selon la communauté, le pays, les croyances et les outils mis à disposition. Manière de faire des mondes. Dans des administrations, ce sera le papier administratif, la forme la plus usitée, et inodore, ou presque, par décrets, on signe votre arrêt, votre mort psychique, jusqu'au rejet social, vous devenez un déchet, même on vous l'écrit, au cas où, comme vous savez lire, on ne vous le dit plus, on vous le fait parvenir, par la poste. Cinglés, piqués, sonnés, toqués, des courriers timbrés, qui sonnent faux, le mensonge et la mauvaise foi, alambiqués à souhait.

Les formes de rejets de harcèlements, en France sont inscrites dans la gouvernance du pays. Une société étatique comme France Telecom (vers Orange), les télécoms, un service industriel de l'État français, dont le procès n'est arrivé que cette année, a laissé des suicides en série (35 en une année, et certain par immolation, période 2009), un nombre infini d'employés cassés, on peut dire démembrés, sans ressources, ni soutiens, et cela touche d'autres membres de leurs familles, leurs amis, leurs conjoints, bref, cela revient à exterminer, par le seul mouvement étatique. C'est une forme de gouvernance maltraitante de notre pays, à l’organisation kafkaïenne. Il faut comprendre là, que nombre d'autres entreprises, administrations, que ce soit du service public ou privé, sont du même modèle. Un modèle en sourdine, avec la complicité, de tous les employés, à tous niveaux. C'est une société entière qui ne sait pas, elle tue, mais elle ne le sait pas, et pire, ne sait pas faire autrement.

On peut décrire qu'est-ce qu'un esprit faible pour être embobiné dans des croyances qui créent le mal, sans le savoir ? Faible parce que manipulable et manipulateur, les deux coexistent. Il est là le rôle de l'école, qu'on se le dise, le rôle d'apprendre, le rôle du savoir transmettre. S'il n'y a plus de savoir, comment peut-on apprendre aux plus jeunes, à discerner, à penser, à acquérir une critique nécessaire pour plus de clairvoyance. Étudier, les études c'est très important. Pourquoi sacrifier le fruit de nos savoirs vieillissants au profit d'exclusions de nos savoirs débutants ? Ce serait penser instruire sans l'autre, sans les personnes même qui demandent à être instruites.
Penser faire le bien en accusant une personne, parce que d'autres personnes se plaignent, par jalousie, par haine, par ignorance, par lâcheté, et penser devenir grand dans cette obsession de l'accusation, du procès, jusqu'à devenir un modèle avancé dans le procédé criminel. Qui a décrété que ces enfants albinos avaient un pouvoir ? Il devient convoité ce pouvoir. Ce serait des sorciers qui commencèrent ces rumeurs. Des sorciers sont déjà ceux qui se sont élus, sans électeurs. Ces représentants, très peu, deviennent des guerriers, ou mieux, désignent les guerriers qui vont aller chercher les albinos. Les sorciers ces syndicalistes qui manipulent les gouverneurs grâce à leurs rumeurs. Je reprécise : ces syndicalistes, petits sorciers déviants et méprisants, notre pays a fabriqué ces âmes en peine, petit scribouillards sans esprit. Par laxisme et raccourcis, on dira juste : esprits brouillons. Par affection ou histoires communes, on donne bien des médailles à des nazillons. Allez une récompense, et qu'on n'en parle plus. Allez, on enlève la récompense d'un bien moindre mal pour en faire un modèle de rigueur et protéger les plus mauvais, chut.

Le lynchage est devenu un outil bien rodé, dans notre pays, il trouve adhésions et d'ailleurs bien plus que dans des bonnes idées (qui n'attirent pas foule ici) C'est une force centrifuge, au moindre virage, tout le monde est emporté, peu importe les arguments, ils peuvent être discordants, c'est même mieux, incohérents, la lâcheté de désigner un coupable, au hasard, ou au gré des opinions affadies et psychorigides, car le chaos doit l'emporter, plus besoin de démocratie. Nous pouvons observer le tourniquet politique, toujours en mouvement et les passagers immanquablement attirés vers l'extérieur, force centrifuge encore. Mais dans un vrai tourniquet, il y a des barrières de protections, dans la politique, seuls les plus hauts placés s'accrochent à une barrière, sinon tout est emporté, dans un même mouvement centrifuge, vers l'extérieur. On connait le programme essorage d'une machine à laver. Chaque virage politique et contradictoire entraîne un essorage définitif, on lave les cerveaux. Les procès sont basés sur du flou, de la fumée, des cendres, et une rumeur en remplace une autre comme si la fin d'un ou d'une des nôtres ne nous touchait plus, comme enjamber des corps sans domicile fixe afin d'acheter sa baguette de pain et revenir en marchant sur ces mêmes corps gisants, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ces corps sont des proches, des membres de notre famille. Non, il faut bien nommer une différence, celui-ci est blanc, moi je suis noir, par exemple.

Je me suis concentrée sur des mouvements rectilignes afin d'économiser mes forces. Il n'y a pas de raison d'essorer ou pressuriser un employé, une femme, un homme. Dans un mouvement rectiligne, tout doit pouvoir se déplier et se replier, selon son rythme. Les problèmes doivent pouvoir être posés, ouverts et étudiés. Le repos est mérité, de la durée qu'il convient pour replier les énergies, après les avoir transmises, le temps que chacun chacune les étudie. Je préfère la glisse, parce que je n'ai pas d'autre moyen, je vais parfois trop vite. Mais enseigner le dessin et la ligne claire, c'est visualiser des desseins sur lesquels on peut glisser ensuite, penser avec aisance et maîtriser des outils, ses gestes et ses logiciels, ou petits outils pratiques, il n'y a pas de sacré dans la technique, il y a sa propre technique, son adaptation entre la manipulation et son confort des gestes, c'est ce qui fait l'unique possibilité d'être en phase avec ses outils, sa pensée, selon mon expérience, dans la création et la capacité d'être en possession de ses moyens, et d'en être fier. L'erreur que j'ai commise, c'est de croire, que l'on pouvait aller aussi vite, penser aussi rapidement, et donc, d'imaginer qu'il serait possible à un plus grand nombre d'être égal à ce rythme. Sauf qu'un nombre très infime de la population à des fulgurances de pensées. J'ai dénié nombre de jalousies et de frustrations, dans des écoles qui peinent encore et ont un passé lourd de cachoteries inutiles et peu glorieuses. Je suis passée trop vite, là où des institutions demandent plus de temps, voire s'enlisent en attendant doucement la fermeture. Parce que l'on pense possible que cela reste ouvert, on oublie, avec lucidité de mesurer les forces en présence, et beaucoup sont dans l'incapacité de penser l'avenir d'une école et de l'orienter à bien. C'est pour cela, qu'il y a des mouvements où toute idée d'ouverture ne peut qu'être clôturée, parce que la majorité des participants au mouvement institutionnel ont déjà décidé de mettre fin à leur parcours, (et donc par mauvais ricochet aux parcours des autres, même des plus jeunes) puisque la majorité part à la retraite et décide de l'avenir, toujours élus et décisionnaires, ils n'ont pas su passer la main, transmettre et ne peuvent que réduire les effectifs. On inaugure plus facilement des édifices architecturaux énormes, que l'on souhaite lumineux et transparents et vastes, on s'amuse à couper tant de rubans, mais jamais on a pensé aux êtres qui allaient travailler dedans, en effectif bien réduit, aux pressions inhumaines à venir. C'est pour la photo, un futur patrimoine classé, une signature, mais lorsque l'on regarde qui va travailler dans ces lieux, et comment, on comprend qu'il y a là des manques, les forces en présence ont toutes été exclues par les tourniquets politiques. Peu importe, car la photo sera toujours la même, l'édifice magnifié encore des années, la complexité des relations humaines qui s'y trame, jamais montrée ni valorisée, puisqu'il faut pour cela un dessein clairvoyant, du vivant avec le minéral, et non plus minéraliser les matériaux, seuls. On trouve toujours un benêt pour couper le ruban et une cohorte de benêtes pour pousser l'autre et rester dans le petit cadre d'une petite photo. Ils suivent de bonne foi toute machination et force centrifuge, c'est pour cela qu'ils semblent si bien incarner, à ce moment seulement, le geste de l'inauguration afin d'enterrer la politique passée et nous permettre de croire que tout sera bien mieux, c'est promis.

Que fabrique-t-on, des écoles ? Vraiment ? Ou des centres de rétentions (d'idées) ? Des Musées ou des écoles ? Des cimetières d’œuvres climatisés au milieu de villes étouffantes habitées par des migrants, nous tous ? Des lieux sacrés de culture pour qui, pourquoi, quand leur accès sont interdits, quand les objets enfermés ne représentent qu'une famille ou un groupement de benêts. Des études pour qui, pourquoi ? Pour décorer ces Musées interdits et nettoyer les traces des pas, les toilettes ? Et insulter à loisir tout employé, le traiter de saleté parce qu'il n'aurait pas assez bien nettoyer la merde des autres ? Bel édifice, écrin de bêtises et de niaiseries.

Une question plus large comme notre vaste monde, pour revenir à ce documentaire : pourquoi ne faisons-nous rien pour ces enfants albinos ? Mais nous pouvons faire des images, ce qui sous-entend que nous pouvons (pas moi, hein) être payés pour ces images capturées. Mais pas ces enfants. Jamais ces enfants. Est-ce que ces images, ces films iront dans ces Musées interdits ? Est-ce que des enfants albinos deviendront les employés de ces Musées, afin d'en nettoyer les toilettes ? Si j'intègre des images de ces enfants (c'est moi, hein), je suis dans ce même rapport au monde et aux images, ce sont des images mais elles viennent de ces conflits, elles sont conflictuelles, hors, elles n'ont aucune apparence d'un conflit. Il y a des personnes malintentionnées qui veulent à tous prix mettre du conflit, là où il n'y en a pas, à priori. Des personnes qui passent leur temps à décréter un conflit là où le pacifisme règne. Envenimer une situation, pour passer le temps. Ces personnes s'ennuient assurément.

Comme la première image, un enfant albinos qui porte une casquette, où il est écrit : Angry birds... Nous ne pouvons qu'être des oiseaux en colère, nous aussi, très en colère. Je suis en colère. Mes pensées filent à toute allure et posent des questions à l'épreuve de mon vécu, arborescence, petites feuilles qui poussent, déjà un jardin en une nuit, le matin, est arrivé.

Ce qui emmerde les gens, celles et ceux témoins, ou auteurs des méfaits, ou complices, c'est de voir ces enfants albinos, devenus forts, en faire une vie, un parcours de ces attaques, de ces questions du rejet et de les porter fièrement à un niveau politique, beaucoup rêvent d'être avocats, des femmes, elles ont des idées, elles savent. Ce qui emmerde les gens, c'est de voir ces oiseaux en colère, de toujours les voir, c'est ce miroir constant tendu, consternant, une femme avec un bras en moins qui écrit ou s'habille en toute beauté. Ce n'est pas seulement physique c'est aussi entendre ces idées. Ce qui emmerde les gens, c'est que constamment ils sont face à ce que produit leur haine, et cela leurs est insupportable. Comme l'épée Damoclès, tant que les choses ne changeront pas, ils seront toujours face à des oiseaux en colère, qui leurs rappelleront leurs manquements à la question "être humain".

Et qu'on puisse y réfléchir sans cesse, cela emmerde profondément celles et ceux qui n'ont rien fait, qui n'ont pas avancé d'un iota. Que l'on puisse se hisser sur les traces des crimes et raconter notre histoire, depuis ce que l'on a victimisé, peut être insupportable et les gens préfèrent être sourds et aveugles et illettrés, ne pas savoir, pour pouvoir continuer à faire semblant, semblant de vivre. Vivre c'est reconnaître la colère d'où l'on vient. Et des visages d'anges naissent les colères et la rage de vivre.

À l'ombre du soleil...

Dans les villages reculés de Tanzanie, toutes sortes de conseillers, guérisseurs, sorciers ou devins, appelés waganga en swahili, sont consultés pour des problèmes allant de la vache tarie à l’épouse abstinente. Les prescriptions peuvent inclure des racines pulvérisées, des infusions d’herbes ou encore du sang d’animal. Mais aussi des restes humains de personnes atteintes d’albinisme.
Certains waganga pensent que les cheveux, les os, les organes génitaux ou les pouces de personnes albinos auraient des pouvoirs spécifiques. Séchés, pilés et empaquetés, ou répandus en mer, ces morceaux d’êtres nés avec un déficit de production de mélanine dans un pays ou la majorité des habitants ont la peau noire sont réputés gonfler un filet de pêche, révéler la présence d’or dans un terrain ou faire gagner des voix à un politicien.
Comment ces parties corporelles ont-elles acquis leur réputation magique ? Nul ne le sait précisément, mais des chercheurs en situent l’usage comme marchandise vers le début du XXe siècle, quand les petits agriculteurs ont pensé que la pêche ou l’extraction de l’or offraient davantage d’opportunités, mais comportaient plus de risques.

https://www.nationalgeographic.fr/photographie/tanzanie-pourquoi-les-albinos-sont-ils-persecutes

Enseignement Par kiwaïda at 00:24

25/07/2019

ḺṲИÅℜ

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Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 21:39

24/07/2019

ß℮αʊ m@ü♥ε

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barbylurique.jpg

que de drôles de sensations, de drôles de situations, que de drôles d'oiseaux…
je vis dans le pli d'un éventail fermé
qu'il est beau ce murano, ce geste sensuel, comme une goutte d'eau, un bec
et cet œil qui nous regarde
son corps n'est que le prolongement de ce geste premier artisanal

transparence
froid
eau

ce bleu si mauve, cette allure si babylurique
il me donne envie d'inventer un mot
babylurique
parce que c'est encore un bébé perroquet
je le sais je connais
parce qu'il fait confiance en son regard en la personne qui le regarde et accompagne ses interrogations
comme ce blog, mon écriture se fait témoin de la personne qui le lit, elle la regarde
et seulement cette écriture la regarde
"vois-tu comme je te vois me lire"

un verre d'eau
s'il te plait

un verre de mauve
il me plait

cet éventail peut s'ouvrir
mais il reste fermé même lorsqu'il fait assez chaud
il ne reste plus beaucoup d'air, d'espace pour respirer
dans ce pli

nous avons appris à demeurer pliés
nous avons connu les dépliés

nous ne pouvons plus nous déplier
nous sommes repliés

babylurique
mon bébé qui parle dans ce repli
ventriloque ermite

nous ne connaissons pas les sédatifs
ni l'anesthésie des sens

nous ne connaissons pas les barbituriques
nous vivons dans l'intensité des recoins de nos potentiels
oui nous pouvons

bébé clin d’œil
ailes repliées
grands éventails

nos œuvres s'ombrent
laissant les malmoches parader
cela nous protège

encore un mot inventé
malmoches

nos œuvres s'ombrent
à la lecture des robots

mots transparents
mots froids
m'eaux

être loin
être petit
dans l'immensité d'un tableau bleu
horizon bleu
mon mauve
mon beau

nous attendons cette humilité
dignement nous sommes pliés
de rire
repliés d'espoir
de vivre


Philosophie Par kiwaïda at 17:28

18/07/2019

ℒℰ ḠѺÛ† ℯт łℯ ṧα♥◎ḯя

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D'après une photo de George Barris de Marylin Monroe sur la plage de Santa Monica le 13 juillet 1962. Elle a 36 ans.

C'était dans ce pays où les lumières avaient éclairé une bonne partie des inventions, les sciences, la littérature et les beaux-arts, durant des années, peut-être 2 siècles...

Que restait-il de ces étoiles ? Il n'était pas bon avoir du goût, il n'était pas bon savoir, en ces temps de lynchage. Alors à quoi servaient ces études, si longues et complètes, si épanouissantes, si elles se trouvaient lapidées par des bricoles pour appâter le maire alcoolique du coin, nommé le "trouduc" ? Il fallait remonter un peu plus loin dans l'histoire, les habitants avaient perdu le goût mais aussi, ne savaient plus rien, si bien qu'ils se penchaient, depuis des années vers les idées présentées toutes cuites, ou parfois recuites, des idées très simples que l'on peut répéter. Une des idées reçues, est celle la plus adulée comme on adulait des images. Ce sont des sortes d'iconodules de la pensée toute faite, à l'aide de drapeaux et d'oripeaux, ils ont assombri une partie du ciel, ne gardant que celle où les étoiles ne sont plus. Donc une de ces idées faciles à assimiler, par n'importe quel icono cono, c'est que l'argent est volé. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'argent est volé ou s'envole ? Non, l'argent d'où qu'il vienne, transformé en mets coûteux ou vins, ou vêtements de luxe ou propriétés, enfin de ce que les habitants peuvent encore voir, là où il est encore visible et montré en image, dans les magazines, sur Internet, cet argent n'est jamais gagné, mais volé.

C'est la première idée, et elle, cette idée, gagne du terrain, remporte toute les adhésions. Il suffit d'alimenter l'hystérie des eaux troubles dans laquelle ce pays des lumières éteintes se trouve béni, par les icono cono, et l'adhésion populaire est quasiment définitive et peut tuer n'importe quel icono cono ! Cette idée simple qu'on "nous vole notre argent" s'illustre depuis des années à différents niveaux et elle fonctionne comme un rouage nanofacturé, imprimé en 3D, parce que l'idée ne coûte pas cher à fabriquer, et s'étend comme feu aux poudres en un éclair de temps : elle est très rapide à diffuser, ça marche de suite, et de plus en plus vite.

Donc sur cette thèse, nombre de docteurs (celles et ceux qui écrivent des thèses, pas celles et ceux qui auscultent des corps nus, voire plus) se complaisent à la nourrir et à s'inviter experts en commentaires, de tous poils donc. Aujourd'hui, une thèse s'achète par imprimante 3D, pas besoin d'étudier, il faut copier l'idée la plus répandue. Elle se décline ainsi : un homme pauvre ne peut pas devenir riche, une femme belle ne peut pas être intelligente, une femme savante n'a pas de goût, un homme de goût est un homme riche, les riches sont celles et ceux qui ont volé aux pauvres, les pauvres n'ont ni goût ni savoir, le savoir et le goût ne vont jamais ensemble, mieux vaut vivre sans goût et sans savoir pour rester vivant et sans être lynché...

Le pays se laissait ainsi mordre de tous côtés par l'irrésistible envie de tuer ce qui semblait beau, ce qui semblait intelligent, mais de toutes ces semblances, les habitants icono cono ne tuaient que des images, en bons iconodules. C'est que l'icono trash faisait, justement fortune. Et pour les habitants d'un pays où l'idée première la plus entendue était que l'argent s'envole, il fallait le rattraper et le dépenser très vite, avant qu'il ne se perde...

Pour ce qui n'était plus matériel, c'est-à-dire l'argent lui-même, point de problème, les habitants ne s'en occupaient pas, car ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient.

La deuxième idée quelle était-elle ? Oui, le savoir. On imagine qu'il est plus difficile d'émettre une idée simpliste sur le savoir, et bien non. Il faut garder souvenir, que ces habitants sont quasiment dans l'ombre et qu'ils ne voient plus les étoiles. Ils ont conçu des statistiques et des questionnaires afin de mesurer le quotient intellectuel des habitants. Évidemment ceux-ci sont complètement caduques et bien désuets, ne serait-ce que pour mesurer le niveau de culture générale, ils se sont basés sur d'anciens modèles masculins de bande-dessinées misogynes ou sur des femmes écrivains féministes, dont le mot féministe ne pouvait même pas exister étant donné que le féminisme n'existait pas lorsqu'elles ont été publiées par des hommes. Il y a plusieurs points très discutables, mais revenons à cette deuxième idée, pourquoi mesurer l'intelligence des habitants ? Afin de créer une cloche, d'un côté en bas de la cloche, les débiles, au milieu la population en majeure partie, celle qui paye les impôts et peut travailler dans la société des lumières éteintes et de l'autre côté, toujours en bas de la cloche mais à l'opposé, les précoces, celles et ceux qui ont un haut potentiel, définis, par les icono cono comme les débiles, celles et ceux dont on ne peut rien faire et qui emmerdent le bon fonctionnement de l'extinction générale des lumières !

En gros, après avoir effectué ces mesures, il faut éliminer, de la société tout élément, en bas de la cloche dingdong. On peut aller chercher des écrivains, des femmes renommées, déjà publiées depuis des lustres avec l'aide de leur mari bien placé, jalouse d'une précocité, d'un enfant même disposé à l'analyse de ses faits et gestes quotidiens, l'enfant en sait bien plus que l'écrivain. Et pousser ces femmes sans talent à écrire sur leur proie : un enfant surdoué. Ce sera une arme afin de combattre tous les enfants qui espèrent grandir dans cette société et qui imaginent pouvoir rallumer les lumières. Il n'est point question là des enfants avec un porte-voix tendu par des adultes manipulateurs pour passionner les foules coupables à la découverte écologique de ce sur quoi ils marchent depuis leur naissance : la terre. Non, il est question des enfants non manipulables, ils savent en avance mais ne peuvent être désignés comme savants, car les savants se désignent entre eux, entre adultes plutôt débiles, et votent à qui sera le génie d'un siècle ou d'un quart d'heure américain.

La troisième idée, c'est celle, encore plus complexe que l'on croit, mais en fait toujours aussi simpliste, c'est que le spirituel devienne un sujet de guerre. Les icono cono nés aveugles de cœur, mais dans l'impossibilité de comprendre l'invisible, ils ont beaucoup perdu de leur sensibilité, ont décidé que des religions différentes devaient s'affronter et s'entretuer, afin d'atteindre l'invisible, puisqu'ils ne le voyaient pas. Ils pensent que seule l'identité, l'appartenance à une religion, une communauté, une secte, un club de golf même, pouvait résumer le parcours social et professionnel d'une personne. Donc tout ce qui n'était pas visible, et la sensibilité en fait partie, et le goût, parce qu'avoir du goût c'est aussi savoir goûter, sentir, devait être en guerre et les icono cono devaient militer, s'associer, afin de faire la guerre à tout individu qui ne déclinerait pas son identité.

De ces 3 idées illustrées à tous niveaux et dans toute la presse, gouvernait de plus en plus un pouvoir simplifié, qui attribuait des droits aux icono cono, simplifiés. Dans le domaine de la simplification, on trouve des simplets, mais aussi plusieurs autres petites unités, ou parties réduites de façon différentes et c'est là où la simplification, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est-à-dire, en se baissant un peu, en rapetissant, après avoir bu la potion magique "buvez-moi", peut devenir complexe. Oui, la simplification, quand on change d'échelle de valeur, de crédit, peut devenir complexe. Pour cela il faut savoir lire "buvez-moi", et on sait à présent, que les habitants ne savent plus rien, ni même lire la notice d'une boisson. Les dégâts dans ce pays, sont innombrables, et les maires trouduc ont dépassé la dose prescrite. Un mode de gouvernance simplifié se décline en plusieurs élus sur des terres, non écologiques, définitivement non écologiques. Les votes sont simplifiés, contre avantages et crédits, ajoutés puis enlevés après élections, et se réalisent avec des boutons incrustés au creux des poignets. c'est rapide et non anonyme. Ainsi l'ostracisation peut également s’effectuer en temps réel. On peut un peu mieux observer que la jalousie, l'envie, la haine, toutes ces qualités, devenaient les meilleurs outils pour adhérer à un pouvoir, dit vertueux, un pouvoir simplifié, au service de l'extinction des lumières, mais pas des feux. Seul le savoir pouvait donner des clés de lectures, afin de comprendre et non pas seulement voir (ça voir), que sous ces vertus affichées sans goût de luxe, ou ces slogans syndicaux qui défendent la veuve et l'orphelin, officiaient les idées simplistes les plus viles et vulgaires, détruisant à petits feux les savoirs et savoirs faire de ce pays. L'argent ayant perdu le monopole et le socle divin des échanges et procédures par intérêt, les repères et les pères s’effondraient sous ces jours de plus en plus incertains, ces genres indéfinis et ces transformations rapides, sans aucun savoir, dans la semi-obscurité.

Les éclipses peuvent générer des moments, quelques secondes seulement, de lumière. C'est pour cela que les habitants se précipitent tous à regarder le ciel, dans des points névralgiques différents des plateaux et sommets, ou même aux fenêtres, afin de tendre vers cet espoir que la sagacité toucherait la fêlure d'un de leur cerveau, et que le plus fêlé d'entre eux parviendrait à avoir, ou recevoir, une idée, cette lumière non prosaïque, dénuée de prose, d'une force poétique inouïe comme le bouleversement d'un mode de penser terne et fonctionnaire, servile et sans transparence. Mais cette limpidité, ce fluide sensuel et intellectuel n'arrivait jamais. Et même s'il arrivait, le fêlé d'un coup devenu un génie ne délivrerait jamais son idée, il serait lapidé sur le champ ou torturé. Il finirait ses jours dans l'obscurité la plus totale, ce qui, finalement ne l'atteindrait pas, puisque la lumière, il la trouverait dans son cœur, les yeux fermés, l'insularité incassable du diamantaire et non du lapidaire.

Si les lumières s'éteignaient et qu'étaient tués dans l'oeuf les enfants et les animaux doués d'une intelligence sensible, les seuls pour sauver les icono cono, ces derniers ne pouvaient même plus comprendre que l'argent ne leur était jamais volé, mais que les efforts payent, et pas ceux visibles, mais ceux éprouvés de l'intérieur, en interrogeant même leur sensibilité. Alors les icono cono perdaient leur beauté première, celle qui demeure à l'intérieur, celle qui sait, qui a du goût, qui travaille parce qu'elle aime et qui se repose en paix. La beauté première rongée par l'idée que toute beauté n'a aucune spiritualité, serait même illusoire, une image à détruire, avait beaucoup de mal à perdurer, elle devenait jetable, utilisable mais jamais regardée pour ce qu'elle était. Pourtant la beauté qui siège dans les cœurs est celle encore qui allume les lumières. Tout le ciel n'est pas obscur puisque ce sont les étoiles qui font la nuit. L'obscurité totale advient lorsque la prison des idées simples prend trop de place.

Si sont montrés des lingots d'or aux icono cono, par jalousie, ils chercheront sans fin à savoir qui les a. Le lynchage, leur seule passion, devient alors leur seule recherche. Mais un lingot d'or, même l'image d'un lingot d'or, n'est pas une étoile (inaccessible) dans le ciel de la nuit, il n'éclaire pas grand chose, et n'a pas trop de goût. Ce serait même un mauvais goût. De même savoir que son voisin vit sur un tas de lingots d'or, ce n'est pas savoir grand chose. De même si ce voisin s'est identifié à une religion et la placarde un peu partout où il passe, ne fait pas de lui un gage de spiritualité et de sagesse accomplie et il n'est pas non plus utile, quoique l'utilitaire ici est coquin, de le vilipender, d'inciter à la haine de ce que l'on ne sait pas.

Sur le sable, les beautés drapées dans des serviettes usées par le temps, les cheveux lumineux et sans pigments, dessinent des étoiles, des grains de sable, sur lesquels nous marchons en oubliant ce temps qui passe.


Philosophie Par kiwaïda at 16:02

16/07/2019

ϴℝÅℝ∃

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Statue de l'intendant Ebih-Il, les mains jointent, en position d'orant. Époque des dynasties archaïques, vers 2400 av. J.-C. Mari, temple d'Ishtar Gypse, lapis-lazuli, coquille H. : 52,50 cm. ; L. : 20,60 cm. ; Pr. : 30 cm

Et nous devrions lui en savoir gré car son sujet qui porte sur la guerre et sur un siège et, par conséquent, sur un problème de virilité supérieure, se passerait avantageusement de cette déliquescence qu’est la prière, laquelle représente la situation de soumission la plus extrême puisque l’orant s’y abandonne sans lutte, s’étant livré à Dieu une bonne fois pour toutes

— (José Saramago, Histoire du siège de Lisbonne, 1989 ; traduit du portugais par Geneviève Leibrich, 1992, p. 20)

orant

\ɔ.ʁɑ̃\ masculin (Religion) (du latin ōrāre, prier)
Qui est en prière ; qui prie.

Toute la vie de l'ermite est contenue dans cette tension vers Dieu, cette attention de l'âme orante pour la fidélité de laquelle les anciens moines d’Égypte avaient inventé l'oraison jaculatoire.

— (Nathalie Nabert, Les larmes, la nourriture, le silence, Éditions Beauchesne, 2001, page 110)



 

Statue d’Ebih-Il

(alabaster, seashell, bitumen, lapiz lazuli)

Hauteur: 52.5 cm Largeur : 20.6 cm
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/statue-d-ebih-il-nu-banda


De nombreux fidèles ont déposé des statues à leur effigie dans les temples de Mari, perpétuant ainsi leur présence devant la divinité. Ces statues d'orants et d'orantes les représentent, la plupart du temps, les mains jointes et vêtus d'un vêtement appelé kaunakès. La statue d’Ebih-Il est, sans conteste, un chef-d'oeuvre par la qualité de son exécution, par son état de conservation et par le caractère expressif de son style.

Le chef-d'oeuvre de la sculpture de Mari
 

Les fouilles menées dès 1933 par André Parrot sur le site de Mari, en Syrie ont permis de mettre au jour des temples consacrés à différentes divinités (Ishtar, Ishtarat, Ninni.ZAZA..), datant des environs de 2340 av. J.-C. La statue d’Ebih-Il a été découverte dans le temple de la déesse Ishtar virile, premier sanctuaire fouillé à Mari. De ce dernier provient une autre statue de la même période représentant le roi Ishqi-Mari, dont l'inscription permit d'identifier Tell Hariri comme étant le site de l'ancienne Mari.
Ebih-Il est assis sur un tabouret en vannerie. Il est torse nu et porte une jupe longue de kaunakès, vêtement fait d'une peau de mouton ou de chèvre ou encore d'un tissu imitant par ses longues mèches la toison de l'animal. Le kaunakès était aussi bien porté par les hommes que par les femmes. La manière dont sont traitées les mèches laineuses du kaunakès d'Ebih-Il, ainsi que la présence d'une queue à l'arrière de ce vêtement, confirment bien qu'il s'agit d'un vêtement en peau d'animal, rendu ici avec un réalisme rare. Le personnage a le crâne rasé et arbore une longue barbe qui devait être incrustée d’un autre matériau. Seuls les yeux ont conservé leurs incrustations de coquille et de lapis-lazuli enchâssés dans une monture de bitume. Le lapis-lazuli, provenant d'Afghanistan, témoigne des relations établies sur de longues distances, dès cette époque ancienne au Proche-Orient. L'albâtre translucide, dans lequel cette oeuvre est façonnée, donne beaucoup de subtilité au modelé du buste comme au léger sourire qu’esquisse le personnage. Au dos de la statue se trouve une inscription qui identifie l'oeuvre : « Ebih-Il, nu-banda, a offert sa statue pour Ishtar Virile ». Autrefois traduit par le terme d’intendant, le titre d’Ebih-Il a récemment été compris comme celui de nu-banda. Les fonctions d’un nu-banda pouvaient inclure des responsabilités importantes, notamment reliées à l’armée. Avec cette nouvelle distinction, il est désormais acquis qu’Ebih-Il appartenait aux plus hautes élites du royaume, ce qui rentre en cohérence avec la qualité de sa statue. Celle-ci fut l’objet de soins importants, restaurée dans l’antiquité à la suite d’un accident. De récentes études ont montré le lien qu’il convient de dresser entre la présence de ce nu-banda dans le temple de la déesse de la guerre et du pouvoir et celle du roi Ishqi-Mari.
 

Les statues d'orants
 

Les statuettes d'orants étaient destinées à être déposées dans les temples, vouées à leurs divinités tutélaires. L'attitude des mains jointes, la plus fréquente, est interprétée comme celle de la prière et visait sans doute à perpétuer l'acte de dévotion dans le temple. Le personnage peut également tenir dans ses mains un gobelet, comme sur les reliefs perforés figurant une scène de banquet, également déposés dans les temples. Ce type de statuaire, inauguré à l'époque des dynasties archaïques (essentiellement aux phases II et III, soit vers 2800-2340 av. J.-C.), perdurera aux époques postérieures et les nombreuses statues représentant le prince Gudea de Tello (musée du Louvre) illustrent ce phénomène. Malgré des variantes, les représentations d'orants répondent à un même schéma. Elles figurent le fidèle, homme ou femme. La plupart sont en pierre, mais il existe aussi des exemplaires en métal. Leur hauteur varie de quelques centimètres à plus d'un mètre ; la statue d'Ebih-Il mesure 52 cm. Les personnages peuvent être représentés debout ou assis. Certaines statues portent des inscriptions qui permettent d'identifier les personnages représentés et de les faire revivre dans leur fonction. A Mari, ces inscriptions ne concernent que les hommes, les femmes restant toutes anonymes. Ces hommes et ces femmes appartenaient aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale : ils possédaient de hautes fonctions dans l'administration de l'état ou de la cour (rois, frères du roi, nu-banda, grand chantre, intendants, officiers, chefs du cadastre, scribes, échansons...), ou bien pouvaient faire partie du clergé (telles les prêtresses représentées par la statuaire féminine de Mari), ou bien encore appartenir à des couches aisées de la société (marchands).






Découverte de la tête de la statue de l'intendant Ebih-Il le 22 janvier 1934. La statue est aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Département des Antiquités orientales.


Cela me fait penser à une de mes réalisations artistiques, un conte, un livre qui se nomme Les picolores.
Il existe plusieurs statues (comme les gisants) d'orants, dans cet acte de prier, que je trouve très beau.
Par exemple, dans la prière chrétienne, l'acte de communication, la prière, invoque un interlocuteur invisible et convoque une communauté virtuelle. Toute sa rhétorique habilite l'orant à recevoir un don qui lui est proposé ; par son aspect pragmatique, elle ouvre une béance dans l'orant et accroît sa capacité à recevoir le don. Parole sauvée, elle demande le salut qui lui est déjà donné.
(dans "Quand la réponse précède la demande, la dialectique paradoxale de la parole chrétienne d'Olivier Boulnois)
Dans ce blog d'écriture, sont comme des prières mes articles, il s'adresse à l'invisible et convoque une communauté virtuelle. Ses paroles sont sauvées et demandent le salut qui leurs est déjà donné. Je deviens ce que je dis, ce que j'écris, ce sont mes prières...
Je devine.

Rhétorique de la prière :

 La place de l'énonciation La prière suppose-t-elle des paroles ou constitue-t-elle une simple attitude de l'être humain ? Le sommet de la prière, est-ce parler ? se taire ? penser ? sentir ? agir ? désirer ? voir ? La prière s'inscrit dans un corps : elle implique des postures, des pestes, une imitation corporelle du Christ. Elle agit sur celui qui prie : elle réoriente ses sentiments intérieurs sur ce qu'il signifie. Ainsi, ce ne sont pas les paroles qui se règlent sur l'intériorité, mais la pensée qui peu à peu s'accorde avec la parole ruminée par l'orant. La prière n'est pas seulement la traduction des états subjectifs de l'orant en leur donnant forme objective, elle les ordonne, les décante, les pacifie. Le locuteur s'efface devant ce qu'il énonce, il devient ce qu'il dit.

Il devient ce qu'il dit


Enseignement Par kiwaïda at 23:48

14/07/2019

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Fraîcheur de vivre
Photographies © Sonia Marques

Animal Par kiwaïda at 23:51

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La maman montre à ses petits comment se baigner

Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 23:36

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Photographies © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 14:07

04/07/2019

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Ange (dessin © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 23:52

30/06/2019

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Mes copines font un tour du monde et un nouvel album ! J'ai beau venir du Sud, je suis complètement d'un mental musical, délicieusement suédoise, énergisante, gnagnagna ! Glace en plein feu ! Le métissage fait des miracles et donne des théories redbull !


Musique Par kiwaïda at 13:05

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Photographie (© Sonia Marques)

Fêtes des ponts à Limoges !

J'aime beaucoup les fêtes populaires, et celle-ci rameute toute la ville, la mairie estampillée à droite n'est jamais très heureuse que cette tradition perdure. Il fut un temps où la mairie de Limoges a souhaité raser tout ce quartier, les habitants se sont battus pour sauver leurs habitations, leurs coutumes.

Cette fête a débuté durant l'été 1906 , organisée dans le but d’animer ce quartier très populaire de la ville de Limoges.
Fondée par les habitants du quartier appelés familièrement les Ponticauds.
Après une interruption pendant la guerre, la Fête a été relancée dans les années 50. A l'époque l’association support s’appellait les Marins du Clos. Après la dissolution de cette association, une nouvelle a été créée en 1976 pour reprendre le flambeau : les Amis des Ponts.
En 1986, le comité des fêtes du Pont St Etienne, regroupant toutes les associations du quartier, a voulu recréer cet événement qui depuis n’a pas connu d’interruption.
Cette fête de quartier est devenue un événement incontournable de la vie Limougeaude et sa notoriété a largement dépassé les frontières de ce quartier et même de la ville de Limoges. Les habitants des ponts sont très attachés à cette manifestation qui célèbre un esprit particulier de la ville.
Cette fête rassemble plus de 30 000 personnes durant les trois jours avec un pic d’affluence le samedi.

La Fête des Ponts se déroule sur 3 jours.


Pendant cette canicule, 45 degrés ressentis sur Limoges, pour les personnes qui n'ont pas la clim... Les nuits seules sont viables.


Photographie (© Sonia Marques)

Moment de grâce, une licorne, et cette femme avec son petit, heureuse qui me souriait.


Photographie (© Les ponticauds)

Et là des ponticauds qui nous ont pris en photo, sur notre siège coquille, reine et roi d'un soir dans leur ville <3

Historiquement, et jusqu'aux années 1970, le quartier s'étalait également sur la rive droite de la rivière, en amont du pont Saint-Étienne, dans une zone qui s'appelait Port du Naveix et dont les habitations anciennes furent rasées1 pour accueillir de nouveaux équipements municipaux (notamment la patinoire olympique). Le petit quartier de l'Abbessaille est le seul témoignage persistant de cet habitat sur la rive droite.
Le quartier des Ponts est l'une des plus anciennes zones habitées de Limoges et possédait un mode de vie, une activité et une économie tournés vers la rivière, avec notamment la réception du bois flottant descendu des forêts en amont pour l'alimentation des fours à porcelaine, mais aussi le dragage du sable dans le lit de la Vienne, ainsi que la pêche et autres activités nautiques diverses et variées.
Le quartier était également au centre d'une véritable « pépinière » d'entreprises qui utilisaient alors l'eau de la rivière pour leurs activités (fabriques de porcelaine, brasseries, salaisons, usines électriques, usines de chaussures etc.)2.
Le quartier possédait donc, jusqu'aux années 1950, une sociologie particulière : très majoritairement ouvrier, on y votait très à gauche et on y a parlé l'occitan limousin jusque très tard, avec un accent reconnaissable entre tous, « l'accent des Ponts » que tout Limougeaud sait reconnaître3.
La dénomination de quartier des Ponts revêt donc dans le plan urbain, l'histoire de la ville et l'esprit des Limougeauds, une dimension sociale particulière, très liée à la culture occitane et ouvrière de la ville. Louis Goujaud, personnalité socialiste locale, candidat à la mairie en 1908, opposé au maire socialiste Léon Betoulle en 1912, est un des Ponticauds symboliques du début du XXe siècle.


Malgré notre télévision, notre frigo, notre salle de bain, sommes nous plus heureux aujourd'hui ?

(http://ponticauds.com/les-ponticauds.htm)

Moi limougeaude sur ma coquille telle une lavandière d'Antan !



Balance ton quoi !


Alors ce tube que je viens de découvrir, qui passe dans les boutiques (climatisées !)
J'aime beaucoup ! Une guimauve, très populaire !

Mais oui que serait une vie matriarcale ? Des employés hommes soumis comme de petits enfants qui doivent porter des seins et répondre bien au questionnaire des institutions pour lutter contre le sexisme (des hommes envers les femmes, parce que l'inverse est un impensé total !)
C'est déjà le cas, mais on n'en parle pas. Une femme sexiste à une direction, c'est le licenciement des femmes employées, par tous les moyens et l'embauche d'hommes soumis prêts à être maltraités, et petits jouets de la matrone ;.)
Car, le sexisme cela n'existe pas envers les hommes hein... (Jacky au royaume des filles de Satouf, un film où qui met en scène la frustration de femmes sexistes au pouvoir, et leurs rivalités)
C'est quoi un homme qui dit non ? 

Ha la divers-citée ! Qu'est-ce qu'on est loin tout de même dans nos représentants élus et dirigeants de la diversité slogan ! Ils s'ennuient et deviennent pervers.
"Tu fais quoi de tes journées ? Comment tu vis, sans voir les expositions que les institutions nous demandent d'aller voir, les leurs avec leurs crédits ? Et dont il faut parler seulement et dire que c'est cela être cultivé"

Vivre, tout un programme, la culture, cela ne s'impose pas, tout est là, rien n'est caché.

On ne sait toujours pas comment vivent les gens, sans voiture, sans propriété, sans frigo... sans électricité, sans eau !

Ils vivaient, ils vivent, ils sont artistes et cultivés, ils s'aiment, ils font des enfants, ils font la fête, ils travaillent, ils ont plein de métier, ils connaissent un tas de choses, ils cultivent la terre, ils transmettent, ils vendent, ils ouvrent des épiceries, des magasins, ils font du textile, brodent des mouchoirs fabriquent des bijoux pour leurs enfants, fabriquent leurs outils, construisent leur maison, leurs meubles, fabriquent des pixels, arrosent leurs plantes, enseignent partout, ils sont partout, ils soignent, cicatrisent, guérissent, accompagnent leurs ainés, ils voyagent au péril de leurs vie pour retrouver leurs racines, ils savent d'où ils viennent, seuls les cultivés les voient. Pour les autres, ils n'existent pas, ne méritent même aucune attention, aucun salaire. Tant pis pour eux. Et oui, ils viennent de tous pays, depuis des générations, avec leurs cultures, en épousant d'autres cultures. Il y a quelque chose de semblable, dans ces cultures populaires, ce goût de la fête. Et pour comprendre la fête, ce moment solidaire et joyeux, il faut reconnaître les efforts pour y parvenir, dans chacun de nos travaux, nos savoirs faire, nos apprentissages. c'est cela le goût de la fête et des réjouissances

Mais aujourd'hui, les femmes ne lavent plus les mouchoirs de leurs maris paysans, c'est tout de même une évolution !

Ces gens vivent leurs malheurs et brisent leurs chaînes chaque jour. C'est nous ! Nous récoltons parfois les fruits de nos méditations positives.

Art Par kiwaïda at 11:45

27/06/2019

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42 degrés à l'ombre à Limoges (Photographies © Sonia Marques)


Paysage Par kiwaïda at 01:00

24/06/2019

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Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Voici mon nouveau projet artistique, il se nomme "faire des vagues".
Il est destiné à un 1% artistique pour lutter contre les discriminations.

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FAIRE DES VAGUES

Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Son inspiration provient de faits réels, on ne peut jamais tout expliquer, mais il m'est arrivé ces temps-ci de ne plus pouvoir payer mon loyer. Cela m'est déjà arrivé, et ici, c'est que mon salaire (qui a été impacté plusieurs fois par la direction de l'école nationale de Limoges, par abus de pouvoir) a été de nouveau impacté, par surprise. L'institution qui gère ce salaire, c'est le ministère de la culture. Comme à chaque fois, en essayant de joindre les ressources humaines, point de réponse. Mais, dans le même temps, un fait divers passé totalement inaperçu m'apprenait que les ressources humaines étaient elles-mêmes très impactées en ce moment, et ce, depuis des années, aucune fuite pourtant. Alors j'ai commencé à faire des vagues, des petites, des vaguelettes, à dessiner des vagues. Je suis artiste, pas autre chose, donc je dessine et je pense. Le sel de la vie, le salaire est quelque chose que j'étudie depuis un certain temps, puisqu'il est constamment utilisé, le mien, à mes dépends, par d'autres. Il est retenu parfois, sans que je ne le sache. On s'amuse peut-être, on retient puis on relâche, c'est toute une organisation. On le saisi (cela se nomme ainsi) au gré des envies. On enlève une petite partie, afin que cela se voit moins, et puis une plus énorme, afin que j'ai tout de même des difficultés dans mon quotidien. Il faut bien s'amuser. Parfois je trouve le temps de créer malgré ces soubresauts institutionnels. Alors je trouve que ma vague est intéressante, de ce point de vue. Non pas qu'elle résiste mais elle témoigne d'un mouvement. Elle témoigne des agissements, elle exprime une forme, une ligne, elle aspire à mieux ! Elle s'adapte mais peut devenir l'origine d'un tsunami. Il faut faire très attention, ce qui déferle n'est pas sans cause. Et comme il n'y a aucun 1% artistique de vraiment engagé, qui décrit des situations complexes de nos organisations sociales et artistiques devenues, elle témoigne d'un soutien indéfectible à toutes les femmes et les hommes exclus du monde du travail, par discriminations.

RETENIR

En effet, si les déferlantes vidéos et autres affichages du gouvernement sur ces inégalités de traitement, avec la belle parole qu'ils illustrent la priorité première du président pour son quinquennat, n'ont aucun impact dans notre quotidien, c'est qu'il y a un sadisme bien prononcé à en faire une priorité.
Ces communications ne parlent jamais des problèmes, donc cela ne résout rien. La distance c'est ne pas traiter les sujets. Lorsqu'un problème survient, la règle c'est : regarder le problème, de loin. Prendre sa bouée de sauvetage en cas de turbulences.
La première priorité c'est : se retenir.
Le résultat c'est : déferler, ou se soulager, après s'être trop retenu.

Les agents du ministère ont l'obligation de SE RETENIR. Lorsque se présentent des situations de discriminations et qu'elles ne font aucun débat, que c'est une évidence, le mot d'ordre reste le même : SE RETENIR
Les femmes, en particulier, engagées expressément dans ces questions de prévention ou d'actions (de lutte contre les inégalités de traitement) ont d'autant plus de mal à SE RETENIR.
Et ce sont des hommes qui les regardent faire. Ils ont donné pour mission à des femmes de lutter contre les discriminations. Sadisme.
Lorsqu'elles en viennent à décrire, raconter ce qu'il se passe, c'est souvent en déferlant, en se soulageant. Les observateurs et observatrices, complices de ce mode pervers bureaucrate, se délectent de tels encombrements. Plus ils retiennent les victimes, plus ils et elles leurs injectent du poison, pour voir les effets dévastateurs.
Le poison : leur demander de se soulager n'importe où et devant n'importe qui, pourvu que ces hommes puissent regarder, être en copie de toutes ces histoires sordides dans leurs institutions. L'emploi est le premier touché.

Une femme qui déferle est une femme que l'on retient encore plus. In fine, c'est une femme dont on bloque la carrière. C'est une femme qui ne sait pas. C'est une femme non initiée, non complice, maltraitée.

Lorsque l'on évoque le fait que les femmes ont une carrière en dents de scie, ou qu'elles gagnent moins que les hommes aux mêmes postes, aussitôt la question de la maternité arrive comme la cause sine qua none de ces inégalités de carrière.
D'où la phrase pittoresque "Mais qui va garder les gosses à la maison" lorsque Ségolène Royale se présentait à la présidence, par un homme se son parti politique socialiste. Mais lorsqu'une autre femme d'extrême droite arrive au pouvoir et gagne les élections européennes pour représenter la France, il y a quelques semaines, elle ne sera jamais retenue davantage.
C'est que l'une ne savait pas et fut retenue, l'autre savait et ne se retenait pas.

Savez-vous vous retenir, et combien de temps ?

C'est une question fondamentale pour l'obtention d'un poste au ministère de la culture.
Un responsable haut fonctionnaire, avec complicité (tout le monde savait) recevait les candidates en les empoisonnant. Il leurs proposait un café où était mixé un diurétique si puissant, qu'elles étaient dans l'obligation de SE RETENIR. Mais certaines ne le pouvaient. Ce pervers bien placé et dont l'intégration fut pérenne, il a certainement donné des leçons de morale et bien plus autours de lui, le premier a se décerner son propre salaire (ressources humaines) et à mesurer le mérite dans ses fonctions, avait tout le temps pour travailler son sujet. Il notait les candidates selon leur physique et leur capacité à SE RETENIR ou bien SE SOULAGER. Il y a dans ce modèle institué un principe sadique qui trouve son plein emploi. En effet, s'il faut 10 années pour révoquer un haut fonctionnaire, dont la fonction première est celle d'évaluer des candidates à l'emploi, combien faudra-t-il pour révoquer tous les complices ? Femmes et hommes ? Combien de temps faudra-t-il pour s'apercevoir que ce détail présenté dans de petites lignes de journaux, comme une belle plaisanterie ou un divertissement pour grand public, est loin d'être un détail. Aucune femme employée dans des hautes fonctions pour lutter contre les fléaux des discriminations ne s'est prononcée sur ce fait, classé, fait divers, en été.
C'est qu'elles se retiennent. Des centaines de victimes. Dans ces mêmes sphères, on peut supprimer des outils de travail, un ordinateur à des femmes, ou les envoyer aux tribunaux parce qu'elles auraient souillé ceux-ci et se délecter des exclusions opérées par d'autres femmes. Et on peut aussi utiliser les outils à bon escient, afin de mesurer la rétention des femmes candidates. Les déferlantes, dehors. Pas de vagues.
Les femmes aux missions de prévention de lutte contre les discriminations sont d'autant plus destinées à SE RETENIR. Au risque de perdre leur emploi.
Ou bien destinées à être complices et demander à d'autres femmes "de modérer leurs propos" si il leurs venait l'idée de dénoncer des pratiques de harcèlement, de toutes formes.
Et l'inventivité, lorsque l'on s'ennuie et qu'il n'y a plus de sens à son travail, est là déployée.

Si la folie gouverne, qu'attend-t-on des gouvernés ? Faisons des dessins à dessein.

Comment dévier la trajectoire d'une carrière ? De déviations en déviances sexuelles, aux pratiques sues et tues, au point Godwin de l'emploi et des inégalités salariales...

Mon projet "faire des vagues" consiste à l'expression de signes bleus, des vagues dessinées, elles peuvent siéger devant une institution pour les droits des femmes et des hommes, en volume, sur un rond point.
Tourner autours de ces vagues c'est réfléchir sur ce sujet de la RETENTION et du DEFERLEMENT.
Ces vagues, petites, sont des mouvements favorables à une évolution des mœurs, mais aussi à la fierté de l'expression des situations d'oppression. Je travaille le juste milieu, la voix la plus juste pour mon expression artistique, selon des phénomènes observés, parfois éprouvés, c'est scientifique.

C'est mon projet, il s'inscrit dans toute une recherche et une lutte, de ma part, artiste engagée pacifiste, pour de meilleures conditions de travail dans notre pays. On est loin d'un logo de force ouvrière, parce que je suis une surfeuse, mais je questionne les signes qui nous entourent. Il y a des formules complexes, créer ou inventer, c'est pour moi comme faire des mathématiques, cela passe par l'abstraction, une vision cartographique, phénoménologique, mais aussi de sensations internes, d'ondes.
C'est ce matin que c'est arrivé, une fulgurance. Avec retenue et maîtrise de mon sujet et de mes outils de création, j'ai déployé mes ailes (mes nageoires)
Pourquoi devrait-on le plus souvent rendre admissible qu'un seul mode de pensée, et d'expression artistique ?
Il faut bien que je me serve de mes nageoires quelques fois.
Ce n'est pas comme tout le monde, c'est un mouvement différent, une façon de voir le monde différemment, et de l'exprimer singulièrement, avec humour.
Je fais souvent des gammes, je m'entraine, faire des croquis c'est aussi me perfectionner dans une langue graphique que j'invente. Le goût de la ligne claire, celui de délier des nœuds, comme les marins ou de relier des notions très différentes comme un philosophe. Confinée dans de petits espaces, en attendant le grand soir, réaliser une tarte aux courgettes zéphyr, car cette sublime œuvre fera 2 repas, pour 2 et un peu pour les animaux, la canicule au plus haut niveau, cette petite chienne Canicula, rechercher la beauté dans tous les terriers, le lotus tendu si fier, ouvert le jour et se ferme en soirée. Il n'y a pas un jour de vacances pour nos fringales. Il ne faut pas devenir indigent ou misérable, ni méprisant envers les excès. On ne peut savoir à l'avance ce que le temps joue, alors je dois méditer chaque jour pour vivre ce temps pleinement. Ne jamais se retenir d'aimer la vie.


Le déferlement des vagues est la déformation rapide du profil de l'onde, associé à la production de turbulence. L'onde qui déferle perd ainsi son énergie. On parle ainsi de déferlement pour des ondes de gravité de surface, comme les vagues, mais aussi pour les ondes internes.

Art Par kiwaïda at 15:47

21/06/2019

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Lascaux Vézère, vallée de l'Homme

Rêves et prémonitions

On a éliminé de la Cité les savants.
Leurs vies erratiques ostracisées sont vouées à l'invention d'espaces étanches avec la Cité.
Ces espaces plus ou moins clos, avec une porosité diplomatique, ou courtoise, sont confinés à l'intérieur du derme. La peau, en surface, s'exprime sensiblement en poils et boutons.
Sous le derme, des espaces agglomèrent des idées.
Il ne faut pas croire que les esprits sont séparés du corps. Dans chaque cellule, des idées se développent, ou peuvent aussi devenir anarchiques, être un terrain nocif pour le corps.
Si les savants avec leurs espaces sous leur derme, riche d'idées et d'histoires, ne sont pas admis à converser ni participer de la Cité, il doivent quotidiennement veiller à ce que l'anarchie ne surviennent dans leur corps. Donc, chaque jour, une éthique de vie et de l'entretien du corps, profile les heures, les matinées et les soirées, en dehors de tout calendrier de la Cité.

Nous sommes néanmoins dubitatifs sur le devenir de la Cité telle qu'elle se conçoit. Les règles d'organisations ont été érigées sur un modèle militaire et les savants sont regardés comme des solitudes, que l'on veut bien tolérer prisonnières.
Pourtant nombre de manifestants marchent dans la Cité, avec des slogans, les mêmes que l'on trouve sur les paquets des aliments du petit-déjeuner, ou du déjeuner, ou du dîner.

Tout est à vendre, les bêtes et les pierres, leurs gênes et leurs enfants. L'intelligence artificielle milite en silence vers l'accroissement de gênes modifiés dont la surface du derme est lisse et impénétrable. Ces enveloppes ne contiennent aucune cellule. Le cerveau est plat. Ce qu'elles racontent ? Elles vendent n'importe quel paquet de petit-déjeuner, du déjeuner, ou du dîner. En dehors de ces militantes affirmations, convaincantes, il n'y a plus une once d'intelligence sensible.

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Le pot de terre cuite déterré, présentant un motif en forme d’auroch et une série de trous. La pièce date d’il y a 38 000 ans. (Musée National de la Préhistoire)
Grottes, gouffres, châteaux forts, forteresses médiévales, parcs et jardins, parcs préhistoriques, aquariums, parcs à thèmes, cités troglodytiques et gabares, au profit du tourisme des 1,5 millions de visiteurs, dans la vallée de la Dordogne ; un chien a fait une découverte en 1940 et il a touché l'intelligence humaine pour en faire de véritables lieux de pèlerinages, à la recherche, tel ce chien, de fossiles et d'histoires. Dans un récent article j'écrivais sur les qualités du chien, celui conspué dans la Cité d'Athène, au temps des ostrakas, icône du traître. Quatre garçons en 1940 (nous sommes bien dans un moment de l'histoire française très sombre, avec l'eugénisme, cette idée mortelle et criminelle, une des bases d'une politique officielle du Troisième Reich dès 1933), explorent le terrier dans lequel leur chien vient de s’engouffrer. Ils ne s’attendent pas à une découverte d’une telle ampleur : une grotte. Elle révèle des salles aux peintures exceptionnelles réalisées il y a 18 000 ans par l’Homme de Cro-Magnon. Que fera l'humain de cette découverte ? Du tourisme. Un public nombreux viendra admirer ce chef-d’œuvre de l’art pariétal avant que le ministre de la Culture de l’époque André Malraux décide, par souci de préservation, de sanctuariser la grotte. Lascaux est alors inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO et en 1983 une première réplique de la grotte est réalisée. Mais plusieurs autres découvertes se succèdent dans cette région.

Un pot de terre cuite découvert dans l’une des grottes de la vallée de la Vézère en Dordogne approfondit la connaissance d’un peuple européen mal connu, de la culture de l’Aurignacien. Ce peuple aurait vécu dans des cavernes il y a plus de 40 000 ans en raison de la période critique des températures polaires. Le travail réalisé sur la pierre calcaire contient le motif d’un auroch, un bovidé préhistorique disparu, avec une douzaine de trous décoratifs alignés. Cette découverte a été faite lors d’excavations réalisées dans la grotte de l’abri Castanet et l’analyse de cette poterie montre qu’elle a été réalisée il y a 38 000 ans. L’étude qui a été publiée dans la revue Quaternary International le 24 janvier propose la création d’un nouveau terme pour qualifier ces habitants, les Aurignaciens. Les auteurs principaux, la spécialiste en archéologie culturelle Raphaëlle Bourrillon de l’université de Toulouse et l’anthropologue Randal White du Center for the Study of Human Origins de New York, ont utilisé le laboratoire de l’université d’Oxford pour mesurer les résultats. Ils ont commencé les excavations en 2011 dans l’espoir de trouver quelque chose en plus sur les ancêtres de l’homme moderne s’étant répandu principalement vers le centre Nord de l’Europe. Les auteurs ont expliqué avoir choisi les grottes de la vallée de la Vézère en raison de rapports datant d’avant la Première Guerre mondiale qui indiquent avoir observé de nombreuses pièces archéologiques. Les chercheurs ont également souligné le fait qu’ils avaient déjà découvert de nombreux ustensiles, des pièces d’art et des instruments de musique qui auraient été produits par les Aurignaciens. D’autres ont également été retrouvés dans la grotte de Chauvet en Ardèche, aussi bien que dans des grottes en Allemagne et en Roumanie. L’analyse comparative des pièces retrouvées dans les grottes du Vézère en comparaison de celles d’autres sites européens a montré des similarités remarquables aussi bien dans les techniques que dans les thèmes exprimés. La nouvelle étude conclut cependant que chaque population a marqué sa propre identité régionale. Dans une fouille précédente, le professeur Toma Higham de l’université d’Oxford avait suggéré que les Aurignaciens avaient vécu en Europe depuis au moins 42 à 43 000 ans. Selon une publication de l’académie du 19 juin 2012, le Dr. Higham en est arrivé à ces conclusions après avoir découvert en Allemagne des instruments de musique creusés dans des os d’animaux et dans l’ivoire, qui ont été reliés aux animaux datant de ce temps. Différents artefacts de la culture de l’Aurignacien semblables à ceux retrouvés à l’abri Castanet. Dans la même étude, le professeur Nick Conard de l’université de Tübingen a ajouté que les Aurignaciens avaient probablement utilisé le Danube comme un couloir pour se déplacer il y a 40 à 45 000 ans, depuis qu’ont été retrouvés de nombreux ornements, des figures d’art ainsi que des œuvres à la signification mystique. « Les humains modernes sont entrés dans la région du Danube avant l’arrivée du froid extrême d’il y a 39 à 40 000 ans, lorsqu’un énorme iceberg s’est rompu dans l’Atlantique Nord et que les températures ont chuté », a déclaré le professeur Higham, en notant que cela devait signifier une période de grande crise pour les aurignaciens. Les chercheurs Bourrillon et White et les collègues pensent que ces premiers colons de l’Europe ont survécu jusqu’à 33 000 ans avant aujourd’hui. À la pièce artistique de l’auroch avec les trous à l’arrière s’ajoutent de nombreux ustensiles trouvés dans les grottes. Selon un rapport précédent de l’université de New York en octobre 2016, il a aussi été retrouvé des dents perforées d’animaux, des coquilles perforées ainsi que de nombreuses gravures et peintures témoignant de la vie prolifique des ancêtres, malgré des conditions climatiques adverses.

Le souci de découvertes archéologiques est toujours suivi d'un appât du "public", d'un gain, du tourisme. Savoir qu'il y a plus vieux que soi, n'est pas un signe majeur de découverte. Savoir que des chemins ont été foulés par plus vieux que soi et que l'on traverse les mêmes lieux, n'est pas non plus une révélation. Nos anciens, nos proches nous ont déjà beaucoup appris de leurs chemins à travers leurs propres routes. Non, la seule invention autorisée, c'est la mise en scène, de ces vestiges, qui occupe des régiments entiers d'experts nommés et chercheurs qui transmettent cet art nouveau du spectacle, de ces écrins préhistoriques. Ce sont d'immenses Musées, à ciel ouvert, que l'on ferme partiellement ou que l'on construit sur les lieux mêmes, dont les entrées sont payantes et dont la publicité est déployée comme des flèches d'un arc bien tendu. Cela fait des vacances en famille, on peut, preuves à l’appui, expliquer que l'on vient bien de la préhistoire, on savait déjà peindre, faire du feu, marcher loin et fonder des familles entières, ce que l'on continue de faire, finalement. Il faut se persuader tout de même, les étiquettes sous les petites terres sous verre, indiquent quelques détails numérotés. Nous sommes bien des savants, n'est-ce pas ?

Les peintres étaient-il autant exclus qu'aujourd'hui ? La question n'est pas posée. Pourquoi passe-t-on de Lascaux à l'interdiction de peindre sur les murs ?

Le parcours n'est pas assez fléché, les chercheurs n'ont pas pensé... le parcours de la pensée depuis Lascaux.

Dans les écoles d'art, justement, on ne forme pas à la création, on indique un chemin fléché, celui de cet art de la mise en scène : construire des écrins pour les Musées et le Patrimoine, afin que le tourisme rapporte un peu plus, et que rayonne la publicité des plus anciens, les terres les plus vielles du monde, les terres de la terre, celle où nous marchons encore. La tendance est plutôt à l'interdiction de peindre, conserver les murs... Alors oui, c'était beau Lascaux. Les jeunes étudiants diplômés apprennent à mettre en scène leurs productions, déjà, dans l'école, selon les goûts de leurs professeurs, et apprennent à éditer des dépliants, des parcours fléchés pour faire venir d'autres pèlerins,  il faut aller voir ceci d'abord, puis cela ensuite, dormir chez untel, manger chez truc, se déplacer avec l'engin, le pétrole, bref plus tard ce seront hôtels, restaurants, avions, trains, avec des déchets par milliers abandonnés aux quatre coins du monde, afin de trouver de nouveaux slogans "Oh la pollution !". Mais sortis de l'école, ils seront stagiaires longtemps à compter les entrées des Musées ou réciter les étiquettes et publicités des dépliants. Avec un peu d'obstination, ils pourront un jour assister des conservateurs, afin d'installer de petites terres ou peintures, avec des gants blancs afin de ne pas abîmer les surfaces, ou bien dépoussiérer quotidiennement ces œuvres anciennes, dont ils ne connaissent ni les auteurs, ni le contexte de création, apprenant bien leurs leçons, ils et elles répèteront, on pourra parfois faire une distinction : ceux-là sont cultivés ! Ils auront déjà eu le temps de fonder familles et ils et elles feront partie de la culture autorisée. Pourtant, ils et elles garderont secrets leurs cultures, leurs parcours singuliers, leurs expériences, leurs chemins de pensée, ce n'est pas de la sociologie, ni des statistiques, cela dépasse l'entendement. Aujourd'hui pour tenter de comprendre un jeune, on lui envoie un questionnaire sur écran, avec des grosses icônes de réseaux sociaux en lui posant des questions simples, il aime, il n'aime pas ? Combien de fois visite-t-il-elle le site ? La fréquence ? Cela présage des parcours et affluences touristiques, le nombre de clics et de "likes" sont des mots d'ordre, nous ne sommes plus dans la finesse, l'art pariétal, est très loin. On l'attend le jeune, on l'attend de pied ferme à l'entrée des sites. Beaucoup d'évènements payants dépendent de ces jeunes. On nous dit bien "La culture pour tous", ce fameux accès pour tous aux Musées que nous rabâchent les ministres successifs à la culture. Hélas, la culture ne s'impose pas, ni n'est payante. Ce chemin personnel comporte déjà des bagages transmis, transportés, transformés, il est cultivé ce chemin, déjà. Il est très difficile d'enseigner à reconnaître la culture, car il faut apprendre à connaître l'autre, et cela ne s'impose pas. Cette recherche, en soi à destination, peut se partager si les conditions sont réunies, et la réception acceptée. Le bombardement d'informations nuit considérablement à la recherche et la concentration, au vagabondage même de trouvailles fortuites.

Peut-être parmi ceux-ci, celles-ci, des savants continueront leurs vies, à penser ces multitudes de découvertes, dans leurs abris clos, étanche à la vie de la Cité.

La découverte c'est un écart des sentiers battus, il faut la taire et l'enterrer. Un chien saura trouver trésor.

Avoir du chien !

Pour qu'une femme ait « du chien », il ne suffit pas qu'elle soit belle ; il lui faut ce petit « truc en plus », ce charme indescriptible qui la rend totalement irrésistible aux yeux des autres. N'est-ce pas ce flair, celui qui présage la découverte d'une grotte, n'est-ce pas à discrétion que les savants font de véritables découvertes et que d'autres s'emparent de celles-ci pour marchander une merveille. Il faut certes, un peu de flair, il faut connaître l'ostracisme, il faut tout simplement être une véritable bête, pour découvrir et creuser loin, déterrer.

Philosophie Par kiwaïda at 11:50

20/06/2019

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2019 !

Car avant, les hommes nous ont dit :

« La femme est l'avenir de l'homme », en commençant par Aragon, le poète en 1963 (Le Fou d'Elsa) qui écrivait : « L'avenir de l'homme est la femme ».
Jean Ferrat, le chanteur, inversa l'ordre des mots et en a fait le titre de son album en 1975 : « La femme est l'avenir de l'homme »
Et le cinéaste franco-coréen de Hong Sang-soo a titré son film en 2004 « La femme est l'avenir de l'homme »
En 2015, le chanteur Julien Doré en remet une couche, en hommage à Aragon avec son interprétation de « La femme est l'avenir de l'homme »

Pourtant, en 2019, des femmes écrivent sur une pancarte :
« Dorénavant, la femme n''est plus l'avenir de l'homme, qu'il se démmerde ! »

Et même pour corriger les fautes d'orthographe...

DÉMERDER (un seul M, mais deux MM c'est vrai que c'est plus fort)

Vers 1900, Se démerder, c’est littéralement enlever soi-même les salissures provoquées par la merde
(du latin "merda" : excréments)

Aragon, démerde-toi !
Plus vite : démmerde-toi !

Avis à ceux qui nous traitent de saletés et nous demandent de faire le grand ménage à leur place !


Littérature Par kiwaïda at 22:28

ϴϟ✝ℜѦḲÅ

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Les graffitis sur les ostraka athéniens
Certains tessons de poterie qui furent utilisés dans le cadre de la procédure athénienne de l’ostracisme sont gravés d’un dessin, de facture médiocre, qui représente un animal et/ou une figure humaine. La présence de ces dessins surprend dans la mesure où la procédure n’exigeait rien de plus que d’apposer le nom du citoyen à ostraciser. Ces images étaient pourtant loin d’être ornementales : leur analyse montre qu’elles servaient à rendre compte des vices de caractère, des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible. En somme, donc, elles dispensaient un discours qui visait à justifier, du moins à expliquer, le vote.
(Studying Ostracism in Drawings, Graffitis on Athenian Ostraka : Jean-Noël Allard)

Aujourd'hui j'ai étudié un mot, comme chaque jour, j'étudie les mots.
Chaque puzzle de cette langue écrite, en signe, entre en résonance avec ce chemin de vie.
Alors voici celui-ci :

OSTRACISME

Définition : À Athènes, décision de bannissement d'un citoyen votée par l'assemblée du peuple (Ecclesia) pour une durée de dix ans. La procédure est la suivante : chaque année, l'assemblée vote sur la question de savoir s'il y a lieu de recourir à l'ostracisme (ostracophorie) : le vote intervient lors d'une autre assemblée plénière. Si d'autres cités ont connu cette procédure, elle demeure dans notre esprit comme une disposition plus particulièrement liée au fonctionnement des institutions athéniennes pendant une durée d'environ soixante-dix ans. Le premier ostracisé fut un parent de Pisistrate (488/487) (Aristote, Constitution d'Athènes), le dernier un certain Hyperbolos (417) dont nous reparlerons (Thucydide, La guerre du Péloponnèse).

Origine du mot : ostrakismos, dérivé d'ostrakon; qui désigne un morceau de poterie, sur lequel on inscrivait le nom de celui qu'on voulait bannir (Plutarque, Vie d'Aristide). Le mot peut désigner la peine de l'ostracisme comme la sentence d'ostracisme.

Quelques exemples célèbres : Aristide en 483, Thémistocle en 471, Cimon en 461, le gendre de Cimon, Thucydide fils de Mélésias, en 443.

Ce que nous savons de la vie de ces personnages, nous permet de comprendre comment les choses se passaient : - La cause de l'ostracisme et les conditions dans lesquelles un homme politique était frappé sont variables mais toujours sa présence dans la cité était devenue insupportable au dèmos (Plutarque, Vie de Thémistocle). Il peut y avoir une raison précise : Cimon fut tenu pour responsable d'un affront que les Spartiates avaient infligé aux Athéniens (renvoi par ceux-ci d'un contingent venu les aider à combattre les hilotes) (Plutarque, Vie de Cimon). D'autres fois, un citoyen est condamné pour sa conduite ou pour les arrière-pensées ou les ambitions qu'on lui prête : la défiance du peuple est attisée par un rival politique : Thémistocle se débarrassa ainsi d'Aristide (Plutarque, Vie d'Aristide).

- Il découle de ce qui précède que ce sont les hommes politiques jouant un rôle important qui sont exposés à cette sanction (Plutarque, Vie de Nicias,). La popularité dont ils jouissent pour services rendus les rend suspects : l'ostracisme est en quelque sorte une mesure préventive. Il n'est pas une peine infamante Le banni conserve ses biens Il peut être rappelé ou autorisé à rentrer avant le terme (Plutarque, Vie d'Aristide). Il retrouve alors la plénitude de ses droits. Aristide et Cimon furent rappelés mais non Thémistocle. De ce point de vue, l'ostracisme qui frappa Hyperbolos, personnage de peu d'envergure, surprend : il avait surpris les Anciens (Plutarque, Vie d'Alcibiade).

"Rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient"

Ostracisme en français : le mot est naturellement employé avec le sens qu'il a en grec. Depuis le XVIIIe siècle il s'applique à l'éviction d'un personnage politique de la fonction qu'il exerce dans l'état ou dans un groupement politique puis, par extension, du rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient.

À l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui. Il sanctionnait un vote des Athéniens contre un citoyen suspect, qui était alors banni pour dix ans. Ce jugement devait atteindre les citoyens trop avides de popularité ou à qui leurs actes avaient valu une popularité jugée excessive. Il s'agissait donc en droit d'une réaction de défense d'une collectivité nationale éprise de justice et redoutant les coups d'État.

Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

Un tel processus supposait l'existence d'un groupe de citoyens se connaissant entre eux, théoriquement aptes à distinguer la vie privée de la vie publique et à porter les uns sur les autres un jugement sans passions inspiré par un idéal civique commun. Il impliquait en fait la possibilité d'exclure un citoyen à cause de son esprit critique (ou pour ce qu'on appelle aujourd'hui, dans les pays totalitaires, le « révisionnisme », dans les démocraties conservatrices, la « subversion »). Il condamnait la remise en cause et la contestation par un individu isolé, pouvant alors être accusé de sacrifier au « culte de la personnalité » ou au star system ; de plus, sous prétexte d'éviter les à-coups politiques, il prêtait des intentions obscures à des citoyens exagérément populaires. La possibilité de bannir pour délit d'opinion avait ainsi pour corollaire celle de bannir pour délit d'intention. Cette critique réciproque des citoyens les uns par les autres, qui se fondait sur une philosophie de la liberté, de la solidarité et de l'idéal civiques, portait donc son principe de destruction, car le passage est étroit qui mène de la critique publique à la justice dite populaire et à la délation, du bannissement à la chambre à gaz, de la suspicion à la jalousie, de la divergence de points de vue à l'accusation de trahison, de la discussion à la haine, de la perception de la différence à l'assassinat. Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

(Encyclopædia Universalis)

Aujourd'hui l'ostracisme, sa définition est celle-ci :

Action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d'ostracisme.

Une étude émanant de la School of Business de l’université de Colombie-Britannique au Canada atteste que l’indifférence à l’égard d’un employé sur son lieu de travail est plus néfaste que le harcèlement moral.
« On nous apprend qu’il est socialement préférable d’ignorer quelqu’un : quand on n’a rien d’agréable à dire, mieux vaut se taire », explique Sandra Robinson de l’université de Colombie-Britannique.
Un point sur le harcèlement tout d’abord. Une enquête du Workplace Bullying Institute estime que plus d’un quart des Américains sont harcelés au travail, et ce, le plus souvent par leurs supérieurs.
Des effets on ne peut plus sérieux tels que : anxiété, dépression, ou encore dans certains cas, stress post-traumatique.

L’indifférence, plus grand des mépris ?


Il serait pire d’être ignoré sur son lieu de travail. Cette affirmation nous vient d’une étude publiée dans la revue Organization Science (article universitaire ICI) par Sandra Robinson qui, avec son équipe, a entrepris l’analyse d’enquêtes mettant face à face harcèlement et ostracisme. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise et de bien-être au travail serait mis à mal dans les deux cas, mais entrainerait un taux de démission plus important en cas d’ostracisme.

L’ostracisme se matérialise par la négligence d’un collègue de travail, son exclusion. Par exemple, les faits d’être mis à l’écart des conversations, l’absence d’échanges, ou encore d’être ignoré dans les couloirs entrent dans le cadre de l’ostracisme. Une forme de maltraitance face à laquelle il devient difficile de réagir. Selon Sandra Robinson, cette forme de discrimination n’a pas besoin d’être intentionnelle pour être nocive. Ainsi, une surcharge de travail générale où la présence de certains employés d’un naturel distant pourrait impacter d’autres employés peut être plus propice aux échanges sociaux.

Voici une définition du mot « ostracisme » disponible sur Larousse.fr : « Action de tenir quelqu’un qui ne plaît pas à l’écart d’un groupe, d’une société, d’une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d’ostracisme. »

Les mots sont durs, cependant Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach à Paris pense qu’il faudrait prendre les résultats de cette étude avec retenue. Il explique (pour atlantico.fr) qu’« Une personne qui souffre aura forcément tendance à penser que la souffrance qu’elle est en train de vivre est la pire que l’on puisse ressentir. Il est profondément humain finalement de penser que l’on souffre du pire des maux», mais il admet volontiers, en plus des relations cordiales et amicales jouant un rôle bienfaiteur que « même quelqu’un ayant confiance en lui aura besoin d’un minimum de reconnaissance, d’une validation de la part de ses supérieurs et de ses collègues sur la qualité de son travail, sur la pertinence de son action. »

De plus, l’ostracisme peut provenir d’un personnel entier au sein d’une entreprise et non seulement des supérieurs qui eux, seraient plus friands d’intimidation. Le harcèlement quant à lui, laisserait entrevoir tout de même une once d’attention envers l’individu concerné, quand bien même négative, alors que l’ostracisme est réellement synonyme d’exclusion par l’indifférence.

Il semble qu’une ambiance positive sans exclusion au sein d’une entreprise permet d’être dans une position de bien-être. Ainsi, toujours selon Benjamin Lubszynski, l’ostracisme rendrait l’individu sujet à la solitude, cette dernière occasionnant un stress qui enfermerait l’employé concerné dans la seule pratique de son travail et à terme, entrainer au moins une dépression, puis une véritable détérioration physiologique médicale dans des cas plus sérieux.

Une question que l’on pourrait peut-être se poser : la concurrence entre employés et la productivité exigée dans bon nombre d’entreprises seraient elles directement sources d’ostracisme ? N’est-ce qu’un « combat » entre extravertis et introvertis ? Ou encore, devrait t’on simplement penser que ce genre de situation relève du cas par cas et qu’une multitude de paramètres peuvent entrer en ligne de compte dans les relations sociales en milieu professionnel ?


Être ostracicée, un chemin, une étude, une meilleure compréhension du monde... Il est bon de savoir, et dans la réalité, dans les usages des vocables, il est très difficile de se faire entendre, lorsque l'on sait. Car, je rencontre peu de savants, même dans le milieu des professeurs et des hautes fonctions. Savoir est une chose, savoir transmettre le savoir en est une autre, mais "pouvoir savoir" est une association de mot volcanique que des artistes comprennent bien. De mon point de vue, on peut savoir mais sans avoir de pouvoir, on peut avoir le pouvoir mais sans savoir, et même sans le savoir (ce qui est très différent)
Un jour, il y a quelques années, je me retrouve à la direction de la création artistique au ministère de la culture, pour traiter des questions de discriminations, car j'avais observé une série assez incroyables et encore d'actualité, d'ostracismes. À l'entrée, une œuvre d'art siégeait, au-dessus d'une très jeune femme d'origine étrangère qui me demanda ma carte d'identité. Ce sera la seule femme d'origine étrangère que je vis ensuite aux étages supérieurs. Cette œuvre "SAVOIR C'EST POUVOIR" de la féministe Brabara Krugguer, et américaine, me signifiait là tout ce que j'allais observer de la compréhension d'une œuvre. C'est-à-dire, que dans ma situation, le pouvoir n'était pas associé au savoir. Ne serait-ce que la signification de cette œuvre à cet endroit, allait me donner la couleur même, de l'ignorance du sens  de cette œuvre. C'était devenu un achat, avec son explication, mais rien, de ce que j'allais observer, n'était en réalité, en actes, au sein même de l'institution qui en avait acquis les droits (CNAP) Ce qui est intéressant de noter, c'est qu'en explicitant un contexte américain, la France s’exonère totalement de sa responsabilité même des droits des citoyens, en matière de discrimination, dans une institution où les droits des femmes ne sont pas respectés, ni les égalités de traitement. En discutant avec cette très jeune femme au guichet, face au gardien de sécurité qui la matait sans arrêt, elle ne savait pas ce que représentait cette impression rouge et l'incidence de cette œuvre. Ainsi ai-je pu comprendre que le pouvoir, pouvait, ne pas savoir. Et le comprendre, c'est avoir accès à la terrifiante histoire de notre pays. Non, savoir ce n'est pas pouvoir, dans notre pays, savoir c'est être ostracisé par le pouvoir. Pas toujours je l'espère, mais, à ce jour, c'est l'état de ma réflexion. La majeure partie des citoyens préfèrent "ne pas savoir" au risque de cette ostracisation. Pire, dans les écoles, sont transmis ces notions à tel point que des élèves choisissent d'être médiocres, de ne pas apprendre, ni savoir, afin d'avoir une vie plus libre. Lorsque l'on observe cela, la notion de liberté, ne peut aller avec celle de la pensée. Je rencontre peu de penseur-es, avec lesquel-les, j'ai la liberté de penser ces notions d'ostracisme aujourd'hui, dans notre pays, et comment prévenir et exposer sa vision, lorsque l'on visionne assez bien ces phénomènes installés, depuis l'histoire ?

Cette œuvre fait partie de la suite “Estampes et Révolution, 200 ans après”, commande du Ministère français de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française.
Pour commémorer le Bicentenaire de la Révolution française, Barbara Kruger a choisi deux modes d'expression complémentaires. Comme dans tous ses photomontages, elle a utilisé une image stéréotypée et un slogan d'une apparente banalité. Le propos initialement formulé par le philosophe empiriste anglais Francis Bacon en 1597, " Nam et ipsa scientia potestas est ", mieux connu sous sa forme proverbiale actuelle " Savoir c'est pouvoir " conduit le spectateur vers une double réflexion. Le portrait d'une beauté sans faille, figé dans une implacable dualité, renvoie à l'expérience de l'artiste elle-même : le parcours intime et professionnel d'une femme américaine dans les milieux essentiellement masculins que sont l'art conceptuel et le monde publicitaire des années 80. Plus largement, l'image de cette Marianne en papier glacé assortie de sa légende péremptoire, met en garde contre les clichés de l'Histoire.

Simultanément, la même image a été utilisée par Barbara Kruger aux Etats-Unis dans le cadre des revendications féministes portant sur le droit à l'avortement. Sous le slogan Your Body is a Battleground elle s'insurge contre les tentatives de réduction du champ d'application de l'arrêt Roe v. Wade qui reconnaissait depuis 1973 l'avortement comme un droit constitutionnel. Une autre version, sous forme d'affiche invite à une manifestation organisée à Washington le 9 avril 1989 en faveur du droit à l'avortement et à la contraception.

Des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible

Sur les tessons de poterie, il est remarquable que ma situation professionnelle ait prit tout son sens dans une école de céramique. Je ne désespère pas de continuer à cheminer du sens dans l'insensé. "Attitude inadmissible" fait partie des mots reçus par courrier administratif, du harcèlement subit, sans aucune autre qualification. J'ai trouvé très intéressant d'apprendre que les animaux qui étaient, dans cette pratique antique de l'ostracisme, médiocrement dessinés sur les tessons de poterie avec le nom de la personne, servaient à mettre en avant des facettes peu amènes du citoyen ciblé par l’ostracisme.
Ex : Associé au renard et au serpent, Mégaclès est ainsi présenté comme vil et sournois. Comparé pour sa part au bœuf, Ménon serait, si l’on s’en tient à Aristote « doux, nonchalant et sans obstination ». Il convient cependant de reconnaître la plasticité de cette grammaire qui confère des caractères singuliers aux espèces animales. En effet, si le bœuf est associé à la nonchalance par Aristote, il semble aussi pouvoir désigner des hommes lourds et incapables. Ce dernier sens pourrait bien convenir à Ménon qui est qualifié, sur une série d’ostraka, d’aphelès, c’est-à-dire de « simple », « sans recherche », « naïf », voire « niais ». L’assimilation d’un individu à un animal peut de surcroît constituer un outrage dans la mesure où les Anciens, à l’instar de très nombreuses civilisations anciennes comme contemporaines, ont pu faire de certains noms d’animaux des insultes en se fondant notamment sur les caractéristiques qui leur étaient attribuées. Si l’on imagine que le dessin accolé à Ménon n’est pas un bœuf, mais un chien, cette dimension injurieuse est probablement essentielle dans la mesure où « chien » (kyon) apparaît déjà dans l’Iliade comme une insulte véhémente. Une telle insulte demeure néanmoins polysémique et le sens de ce dessin s’en trouve difficile à démêler. Le chien est un animal à la « personnalité complexe », qui, loin de n’être que la bête affectueuse et fidèle décrite par Aristote, est encore insubordonné, traître, impudent, perfide et lâche. Appliqué à un homme, un tel qualificatif peut ainsi mettre à l’index ces vices, mais également l’avidité, l’opportunisme ou la vulgarité.

(Voir les études de Jean Noël Allard, Docteur en histoire grecque de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Cela me fait penser au film Chien réalisé par Samuel Benchetrit en 2018 (de son roman) dont l'art de l'observation est traitée avec perfidie... à la perfection.

Hyppokratos et chouette, cela me correspond, finalement. Ne voit-on pas mieux la nuit ?

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Mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie Année 1913 par A.Martin

Philosophie Par kiwaïda at 15:26

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